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Le port d'Arromanches ou l'art du mensonge par omission...

Arromanches est mythique, la visite est incontournable puisque ce serait "un site majeur de la bataille de Normandie"...
Les touristes sont nombreux, les boutiques aussi. Arromanches fait fructifier son passé, mais... on ne vous dit pas tout ! sinon  le mythe s'écroulerait et adieu les touristes !  alors on pratique le mensonge par omission, c'est bien utile.
Source des données RU :  S.H.A.E.F. G-4 Statistics Section   5 November, 1944

Arromanches:  L'art du mensonge par omission

Ou l'on apprend que le Mulberry A ne fonctionne plus et que sans le port d'Arromanches "Le débarquement aurait été un échec" et que ce port 
"fut la clé de la victoire en Europe"
La ville d'Arromanches est fière et déclare :
"Vint se superposer cet incroyable événement qu'a constitué le port artificiel, oeuvre unique dans l'histoire de l'humanité. D'un bond la notoriété du site atteignit le niveau mondial, suscitant aujourd'hui encore, et sans doute pour longtemps, des visites issues de toute la planète. "



Extraits du site web du musée d'Arromanches 

et de plus il  propose un carnet pédagogique où l'élève doit répondre... lisez-bien !
 "Le port d'Omaha n'a jamais servi"

D'ailleurs c'est bien ce que les guides  du musée racontent:
Aôut 2018: un enfant de 10 ans visite ce musée. Qu'as-tu appris avec la visite guidée ?
" A Arromanches le port a servi pour tout décharger pendant la guerre, les soldats, les armes, les chars... c'était le plus grand port. On a gagné grâce au port, heureusement qu'il était là . C'est formidable, en plus c'est comme un légo."


et 
sur Trip Advisor, les touristes, après la visite du musée, récitent ce que les guides  ont raconté, en une phrase :  "le port d'Arromanches a lui seul a permis la réussite de l'opération Overlord !... un rôle majeur"

-Remarquable démonstration d'une organisation magistrale, essentielle au débarquement.
-Surtout ne pas rater la visite guidée très instructive et démontrant les moyens mis en place pour le débarquement de 1944.
-C'est vraiment le musée par excellence pour comprendre comment s'est organisé le débarquement d'un point de vue logistique.
-Musée retraçant l'histoire du débarquement
-Haut lieu de l'Histoire ! Fabuleux succès de cette opération Overlord;
-C'est ainsi que l'on comprend le génie de ces hommes qui ont inventé un port artificiel qui permettra d'apporter le ravitaillement à près de 2 000 000 de combattants
un guide qui explique de façon facile notamment pour les enfants présents comment s est déroulé la création du port artificiel nécessaire au débarquement des troupes et de la logistique(chars matériel...)
-On comprend beaucoup mieux le rôle majeur joué par ce port militaire artificiel pendant la seconde guerre mondiale, et qui reste unique en son genre dans l'histoire de l'humanité.
-...

et  les médias, les ouvrages d'amateurs, les sites web reprennent aussi ces affirmations :

Ouest France  Le formidable défi technique des ports artificiels 22/04/2014

L'internaute 
Le petit futé

Venez apprendre et comprendre l'extraordinaire défi technologique que fut la construction du port artificiel d'Arromanches, clé de la Victoire en Normandie.


Quand la mystification est  dénoncée.
  • déjà... avant la création des ports
L' Amiral John Leslie Hall, Jr., US Navy commandant de la force amphibie d'Omaha Beach, ne croyait pas qu'un port artificiel pourrait survivre aux actions de la mer. Lors d'une discussion avec l'amiral Cunningham, de la Royal Navy, Hall a déclaré:
"I think it’s the biggest waste of manpower and equipment that I have ever seen. I can unload a thousand LSTs at a time over the open beaches. Why give me something that anybody who’s ever seen the sea act upon 150-ton concrete blocks at Casablanca knows the first storm will destroy? What’s the use of building them just to have them destroyed and litter up the beaches.”
"Je pense que c'est le plus grand gaspillage de main-d’œuvre et d'équipement que j'ai jamais vu. Je peux décharger un millier de LST à la fois sur les plages ouvertes ... La puissance de la mer avec ses tempêtes détruira 150 tonnes de blocs de béton. Quelle est l'utilité de les construire juste pour qu'elles soient détruites et encombrent les plages? "

A Beevor indique dans son ouvrage que "les américains n'ont jamais vraiment cru au Mullbery"

  • Sir Athur Monckton , rapport du de fin 1944 :
"Vu la manière dont les évènements ont tourné, il est probable que nous aurions réussi une invasion victorieuse sans les mulberries et cette conclusion est dans une certaine mesure confirmée par l'expérience américaine du mulberry A."

  • La colère du  maire de Cherbourg en juin 1945
En Juin 1945 une exposition à Paris est  (déjà !) consacrée au port d'Arromanches, présenté comme la "clé de la libération de la France" ce qui provoque la colère des cherbourgeois dont le port est devenu capital  à la fin de l'été 1944. Le maire de Cherbourg riposte et le conseil municipal fustige avec virulence : "La publicité surfaite autour du nom d'Arromanches" et  explique que "sa place en 1944 n'est en rien comparable  à celle qu'a tenue Cherbourg qui a bel et bien été et doit rester dans les mémoires le port de la Libération". Un motion est transmise au gouvernement et réclame "des éclaircissements sur la façon brutale dont on veut étouffer le rôle du port de Cherbourg" (Source J Quellien)
  • Jean Quellien  (Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Caen et ancien responsable de l’équipe de recherches sur la Seconde Guerre mondiale, auteur du livre "Le jour J et la Bataille de Normandie") indique qu'il existe beaucoup de mythes et de légendes à propos de cet épisode... Le port artificiel d’Arromanches souvent présenté comme une des clés de la réussite du Débarquement n’a finalement pas eu l’impact que lui prêtent les livres d’histoire. « Le port artificiel d’Arromanches ne représente même pas la moitié du trafic anglais. C’est 15 % du trafic anglais lors du Débarquement. Omaha Beach, privée de son port artificiel, représente deux fois le trafic d’Arromanches. Les Américains, plus pragmatiques que les Anglais, sont revenus à des méthodes moins sophistiquées . Contrairement au port « Mulberry A » de Saint-Laurent-sur-Mer, sur Omaha, le « Mulberry B » édifié devant Arromanches n’a pas été détruit par la tempête du 19 au 22 juin 1944. Alors que les navires LST (landing ship tank) – avec leur fond plat et leur étrave ouvrante – ont permis de débarquer 13 500 tonnes de matériel par jours directement sur les plages lors de la dernière semaine de juin 1944, Arromanches n’a permis de débarquer que 3 500 tonnes de matériel en moyenne durant la même période. »



Statistiques  de J Quellien  : Trafic des ports et Approvisionnements débarqués
on notera la très faible part du port d'Arromanches...



  • O Wiervorka, historien
"Les performances des ports artificiels fut d'emblée limitée. Au demeurant, les américains, qui en furent pourtant privés, débarquèrent plus de matériel (10.000T/jour)  que leurs alliés (6000T/jour)(..) Compte tenu du fait que les travaux avaient mobilisé quelques 20.000 hommes et coûté 20 millions de livres, on peut légitimement estimer que c'était là cher payé. (...) les allemands crurent que les éléments préfabriqués étaient destinés  à remplacer les quais des installations détruites, en aucun cas  à créer  de toutes pièces des ports artificiels. L'apport des Mulberries ne tient pas  à leur valeur logistique, somme toute assez faible, mais  à leur contribution au schéma stratégique d'Overlord"

  • A Beevor, historien
 Dans son ouvrage,  il indique  que "les américains n'ont jamais vraiment cru au Mullbery" et qu'après la tempête "ils en dégagèrent les vestiges comme ils le purent, puis démontrèrent qu'ils étaient capables  de débarquer un tonnage considérable à l'aide de barges à fond plat et en échouant des navires  à marée basse" (une note précise les chiffres)
  • Les modérés...
    • Wikipédia   Extrait intégral du paragraphe sur l'utilité
Utilité réelle du Mulberry

Ce port a souvent été mis en avant comme ayant permis la réussite de la bataille de Normandie et souvent présenté comme l'un des plus beaux exemples de génie et logistique militaire et comme ayant joué un rôle décisif dans les six semaines suivant le débarquement, notamment pour la prise de Caen. Les historiens relativisent désormais un peu son rôle. 35 à 48 % du tonnage britannique transita par le port d'Arromanches entre le 6 juin et le 31 août et beaucoup moins les premières semaines : 12 % au 19 juin et 19,6 % début juillet. Les Américains, bien que privés de port, et bien qu'ils aient utilisé celui d'Arromanches (Mulberry B), débarquèrent 40 % de tonnes de plus que leurs alliés anglo-canadiens (10 000 tonnes par jour contre 6 000)3. Ce qui réduit à 17 % le volume total passé par le port artificiel4.

Une technique d'échouage à grande échelle par marée basse de grandes barges de débarquement, une utilisation possible plus importante que prévu de ports secondaires tels celui de Courseulles car pris en assez bon état permirent ces déchargements. Ce n'est qu'après-guerre que les Alliés estimèrent que d'un point de vue logistique, ils auraient sans doute pu se passer d'un port et surtout que le temps et l'argent consacrés à leur construction aurait pu être mieux utilisés dans l'effort de guerre. Mais l'existence d'une telle structure permettait aux Alliés de ne pas se focaliser immédiatement sur la prise d'un port dans les semaines suivant le débarquement contrairement à ce que pensaient les Allemands. Ces deux ports ont donc joué un rôle important dans la stratégie d'Overlord.
    • Les Ports artificiels : ouvrage: "Arromanches, Omaha" de Rémy Desquesnes
      • extrait de l"ouvrage

La réalité des chiffres
Lorsque que le port artificiel "Mulberry A" est presque terminé et qu'il fonctionne déjà avec plus de 8000 T par jour survient la terrible tempête des 19/22 juin 1944 qui va détruire le port : une centaine de LC sont perdus, presque tous les pontons sont détruits, la plage n'est qu'un amas de 800 embarcations enchevêtrées et mêlées à diverses épaves et structures du port (jetées, navires...).27 phénix sur 35 sont détruits.
Ensuite on écrit que le port ne fonctionne plus, au contraire du port anglais d'Arromanches.
[voir le dossier détaillé du fonctionnement du port d'Omaha après la tempête]

Le port sera débarrassé des structures inutiles et modifié : la digue est renforcée par 12 blockships supplémentaires (10 américains et 2 anglais seront coulés entre le 7 juillet et le 26 août, soit un total de 26 ) et 26 nouveaux Phoenix destinés à l'origine à la rade Mulberry abandonnée (8 en section A, 5 en section B et 13 en section C) ; pour le reste, ce qui sera récupérable sera transféré à Arromanches.
Contrairement à ce que l'on pense, le port d'Omaha n'est surtout pas abandonné, il reprend du service avec une technique différente mais très efficace: des "causeways" (chaussées flottantes) et surtout un système de "pontons rhinoferry", flottants  se déplaçant, qui permettent le déchargement. Très vite les 7 km de la plage d'Omaha vont devenir le port le plus actif alors que les structures portuaires initiales sont détruites!


Ainsi fin juin 1944, après la tempête :
La surprise est énorme: Toutes les plages sans "port artificiel" font mieux que le port anglais d'Arromanches ! les américains sont réconfortés dans leur choix d'une méthode simple mais très, très efficace !





=> Voir le Tableau complet des statistiques du port d'Omaha en 1944

Entre le 6 juin et le 31 Août, seulement 35 à 49% du tonnage britannique transita par Arromanches, mais ce chiffre atteint à peine 12% avant le 19 juin et moins de 20% début Juillet. Alors que sur les plages américaines, 10.000T de matériel sont débarqués chaque jour, dans le port artificiel britannique on en compte seulement ...6000.

Au total, les deux plages américaines ont réussi à débarquer en juin près de 300.000 T et plus de 450.000 Gi's, ce qui demeure en dessous des prévisions (360.000 T et 580.000 Gi's). Seront donc mis en complément d'activités tous les petits ports traditionnels de la côte : Port en Bessin, Isigny et Grandcamp le 23 juin, Carentan et Barfleur le 25 juillet, St Vaast le 9 juillet qui permettront chacun de dépasser les 1000 T par jour. Cherbourg complètement dévasté sera devenu l'équivalent du port artificiel d'Omaha le 20 Août.

Le port d'Omaha va fonctionner durant 6 mois, en demeurant longtemps N°1 des ports


Conclusion :

-Le (célèbre) port  artificiel d'Arromanches a très peu transporté malgré ses fameuses structures,  pour simplifier,  les Américains, bien que privés de port, débarquèrent en moyenne 40 % de tonnes de plus que leurs alliés anglo-canadiens (10 000 tonnes par jour contre 6 000). Selon ce qui est mesuré, on peut atteindre un double de volume pour Omaha par rapport à Arromanches (graphiques de J Quellien)

-le concept original de construction de port artificiel est une lourde erreur  : la preuve, le port d'Arromanches a été peu utile, alors qu'il a eu un coût très élevé (fabrication et transport soit un coût de 20 millions de livres et une mobilisation de 20.000 hommes), la nouvelle technique utilisée par les américains s'est révélée autrement plus efficace et moins coûteuse. Une conception sans avenir, qui ne sera plus jamais faite ! 

-La construction d'un port artificiel est donc un très mauvais choix logistique, inefficace, le seul rôle positif a consisté dans le fait que les alliés n'ont pas débarqué dans un port "classique" là où les allemands les attendaient... en croyant que ces ports seraient efficaces...

-La tempête a donc eu un rôle important et, finalement, positif en permettant aux américains de se débarrasser de structures inutiles et peu efficaces au profit d'un système très performant qui a permis de débarquer quantité de marchandises et d'hommes.

-On peut gloser sur  cette "innovation", sur cette "œuvre unique dans l'histoire de l'humanité ", sur  cette "technologie" mais rappelons qu'elle a été peu utile, qu'elle est ridiculisée par les résultats des autres plages sans port. Cette expérience ne sera jamais renouvelée. Les méthodes les plus simples sont les plus efficaces ! Le Mulberry d'Arromanches est synonyme d'échec.

Arromanches profite des vestiges pour faire venir les touristes en oubliant  de dire la vérité !  
Vraiment dommage que l'on pratique le mensonge, uniquement pour le profit ! 

Pseudos révélations dans la pseudo maison de la libération

Si vous séjournez dans cette maison"historique" le propriétaire vous promet de "découvrir des faits inédits", "des faits inconnus", un "témoignage unique", "une opération spéciale franco-américaine".

L'origine : Le 7 juin 944, un parachutiste a été retrouvé mort dans un champ derrière la rue du Val à Saint Laurent. Personne n'a jamais su qui il était et ce que son corps est devenu.
C'est donc une interprétation qui est proposée via la "maisonde lalibération"...
  • L'histoire d'une plaque souvenir qui revisite l'histoire
Le propriétaire connait donc des faits historiques inédits, aussi fait-il réaliser une plaque souvenir sur... "la 101°st Airborne" qui a sauté  sur Omaha ! car lui seul le sait et l'honore, contrairement aux historiens.
Il fait donc  inaugurer "officiellement" une plaque ...
( Chacun peut effectivement décorer son jardin ou ses murs de "plaque souvenir") 

Suite à des alertes lancées auprès du comité du Débarquement concernant  cette plaque, l'auteur a du faire marche arrière face à cette énorme et stupide bourde qui révèle l'étendue de ses connaissances historiques...

Donc  il a fait rectifier sa plaque...

et ajoute 
"aux quelques parachutistes perduspuis "par erreur"  et "ces égarés auraient du sauter près d'Utah Beach

Ouf! il rectifie ses bêtises. 
Ces égarés inconnus, qui ont le grand honneur d'avoir une plaque doivent bien sourire de voir comment leur mésaventure est narrée.

Ces 2 photos, mises en parallèle, montrent l'incompétence de personnes incultes qui se prennent pour des "historiens" et qui prétendent honorer la "mémoire" (laquelle?)!
La vanité est bien la source du ridicule.

  • La source de cette mystification
Dans le passé, quelques témoins ont  affirmé l'existence d'un commando de paras ayant intervenu à Omaha dans la nuit du 5 au 6 juin 1944:

E Scelles témoigne : (Ferme du Prieuré à Saint laurent)

"et y'avait déjà des parachutistes qui avaient du venir car les fils téléphoniques allemands qu'il y ' avait sous terre étaient coupés, j'en suis formel ! Y ' avait une tranchée qui était faite sur 40 cm et ça avait été coupé derrière la ferme : le gros câble et le petit câble étaient coupés. Y'avait eu des infiltrations d'américains ? Peut -être quelques uns de parachutés auprès de la rivière l'Aure, je crois, je ne sais pas ."

A André précise:
"Derrière la ferme de la famille André de St Laurent sept parachutistes, arrivés dans les 23H30 ont déjà discrètement tué les 11 allemands qui dormaient dans la ferme, ils pourront ainsi mener à bien leur mission : "empêcher toute avance de renfort allemand sur le plateau".

Albert André témoigne dans le livre de Laurent Lefèvre « Ils étaient à Omaha » . Cela est également évoqué par G Bernage dans son livre sur Omaha qui parle d'un commando de 12 paras US qui aurait sauté dans la nuit du 5 juin à 0h sur St Laurent avec pour mission d’entraver tout renfort allemand et neutraliser à la matraque et au couteau des occupants de la ferme André.

Laurent Mari dans « Omaha la sanglante » parle de ces opérations et cite plusieurs témoignages. Des paras sont également signalés du côté de Colleville par Monsieur Féron lui-même témoin et qui cite également l’abbé Prempain de St Laurent, autre témoin.

Tous ces témoignages sont ambigus ("qui avaient du.. peut-être... je crois... je ne sais pas") et, de toute façon, n'ont jamais été corroborés par les américains, ni croisés par des documents d'archives. 
Aucun historien, digne de ce nom, n'évoque de  pseudos commandos qui semblent bien relever du mythe...
Dans tous les cas, il faut préciser qu' aucun plan ou objectif de la 101sst airborne  n'indique une quelconque mission de paras sur Omaha.

Désormais, il a changé d'idée et  révèle que ce paracuitiste est lié à une "mission Driver Ascain" qui n'a aucune existence historique dans la nuit du  5 au 6 juin à Saint Laurent... (mais plus tard et ailleurs !)
  Voir notre dossier




    • Une autre hypothèse,  plus vraisemblable :  un pilote d'avion éjecté ?

 "Le 7 juin, un parachutiste a été retrouvé mort dans un champ derrière la maison de la famille Porée, rue du Val.
Personne ne sait qui c’était, quand il a été parachuté et ce qui a été fait du corps. Vu la configuration des lieux, je pense que mon arrière-grand-mère l’aurait vu le matin du 6 juin s’il avait été parachuté dans la nuit du 5 au 6 juin." explique  Nadine Porée, historienne (petite fille).


Or, à cet endroit, au moins un pilote d'avion  a sauté en parachute après que son avion ait été touché. Deux témoignages le confirment : 

-Témoignage de Georgette Godès qui vivait à la Caserne dans France Dimanche le 10 juin 2014
"Plusieurs fois dans la journée, on a quand même mis la tête dehors : on voyait au loin des soldats courir dans tous les sens. Je me souviens de deux événements précis : à un moment donné, je ne sais plus très bien quand, j’ai vu dans le ciel qu’un avion avait été touché. Il tombait en flammes. J’ai suivi des yeux la chute du pilote, qui a tout de même réussi à s’éjecter de l’habitacle. Mais brusquement, alors qu’un débris de l’appareil heurtait son parachute ouvert, il s’est transformé en torche vivante…"

-Gilbert, enfant de l'assistance, vivant à la caserne (Histoires insolites du Débarquement de Frédéric Veille)




Conclusion : 

Il semble donc véridique  qu'un parachutiste  ait été retrouvé mort à Saint Laurent derrière la maison Porée. Mais on  ne sait rien de plus et il ne sert à rien  d'inventer des histoires !
Il semble  quasi impossible que ce soit un parachutiste "égaré" de la
 101°st Airborne, en raison de la distance  avec le secteur de parachutage même si lors du parachutage, la division a été dispersée sur une zone de 40 km de long derrière Utah Beach, mais toijours  dans le Cotentin.
Les autres témoignages  d'adolescents demeurent légers,  trop flous et imprécis pour être pris en considération.

L'histoire ne s'accomode pas d'approximations et d'interprétations fantaisistes.

La première maison libérée : une mystification.


A Saint Laurent sur Mer, une maison (en fait un gîte à louer) prétend, depuis  2004,  être la "Première maison libérée au matin du 6 Juin à Omaha-Beach, Saint Laurent sur Mer"et... même (« première maison libérée de France sur les plages du débarquement » article Bessin libre 1er juin 2019)

Le contexte

En 2004, à Saint Laurent sur mer, la commune souhaite éditer un ouvrage relatant l'histoire du village. Ainsi deux habitants (non historiens) prennent en charge ce travail et organisent des réunions avec des anciens qui racontent leurs souvenirs. Après la sortie de l'ouvrage, un habitant lit, page 98, ceci :
"D'après les informations recueillies (13 témoignages), nous pensons que les premiers saint laurentais qui ont vu apparaître des libérateurs ont été Mme D Porée et son fils André... Bernard Porée, 10 ans.. raconte... qu' à 9 heures... sa mère a aperçu des soldats sur le plateau derrière la maison...et bientôt, ils étaient entourés de soldats méfiants..."
Aussitôt, le propriétaire de l'ex habitation Porée devenue un gîte à louer, flaire la bonne affaire et décrète que "c'est la première maison libérée de Saint Laurent" et en fait partout la publicité, reprise par la commune, les offices de tourisme. Personne ne se pose de question ! Depuis cette "découverte" est exploitée au maximum (voir cet article)
Sur les hauteurs du village, le 6 juin au matin, c'est la confusion, le chaos, un bruit infernal de bombes et obus, et la panique ; dans la matinée quelques Gi's parviennent à grimper sur le plateau entre l'entrée du village et le Ruquet, puis essentiellement à partir du vallon du Ruquet qui devient la première sortie. Donc un peu partout des Gi's s'infiltrent tant bien que mal à la recherche d'allemands et d'informations, ils approchent de toutes les maisons.


Inévitablement, ils commencent par visiter les maisons les plus proches de la plage, situées sur les hauteurs au milieu du plateau (niveau village) et en sortie du Ruquet, or la maison la plus proche de la plage est "La caserne ou maison des douaniers" qui était habitée par une famille, ensuite ils explorent toutes les maisons de la rue principale, dont la maison Porée.
Aujourd'hui, il ne reste plus aucun témoin, et donc voici comment on exploite une phrase maladroite rédigée trop rapidement, et pourtant les deux auteurs ont bien précisé en introduction "D'après les informations recueillies".




Il est strictement impossible de pouvoir affirmer que telle maison ou telle personne a été le premier à rencontrer des Gi's le matin du 6 juin ; même s'il y avait eu des témoins, chacun aurait vu le sien avant l'autre... Aucun témoignage (qu'il faut de toute évidence croiser) de qui que ce soit ne peut rien prouver. De plus, on essaie de tromper davantage en indiquant d'abord "à Omaha Beach" puis  à Saint Laurent !

Un autre témoignage indique bien la présence d'américains...dans la matinée, jusqu" à la route D 514, et divers documents indiquent comme autre direction la "Route de la mer"  ou D 517 , ce qui prouve qu'ils étaient bien éparpillés un peu partout... 
Edmond Scelles vivait à St-Laurent, dans la ferme du  Prieuré, située beaucoup plus loin de la maison des douaniers et de la ferme Porée,  il avait 16 ans en 1944. Il raconte : "Quand on est sorti, vers 10h00, il y avait 2 prisonniers américains. Ils étaient justes à l’entrée de la ferme du Prieuré. Sur le coup, on ne savait pas ce que c’était, après on a su. Ils étaient assis sur leurs casques. Ils avaient la figure barbouillée de noir, et ils attendaient. Ils ont disparu, ils ont été emmenés. On a été se mettre à l’abri dans un abri allemand. On est resté un moment là. Il y a eu une petite accalmie, on pris la route de Formigny. On a rencontré un officier allemand, il nous a dit " Vous faites bien de partir, mais ça durera que quelques heures seulement ". Il croyait bien les remettre à l’eau. Il était environ 10h00. Les Allemands avaient l’impression qu’ils allaient les remettre à l’eau, ils attendaient certainement des renforts qui venaient de Trévières."



Carte IGN 1950 et localisation des maisons du village
dans la rue du val  à Saint Laurent sur mer
La "maison des douaniers" est la plus proche de la falaise et du Ruquet.


La "maison des douaniers" ou "caserne" le 6 juin: probablement, la première maison libérée !



La "caserne", sur la "campagne" juste après la guerre vers 1960, 

ancienne caserne de douaniers, avec 3 petits logements.

Dans la "caserne" vivaient les grands parents de Georgette Godes, née à Saint Laurent en 1937. Elle a passé toute son enfance chez ses grands parents avec d'autres enfants (6 ou 7) de la DDASS que sa grand mère gardait. Elle se  souvient: " C'était une période difficile, nous étions rationnés, mais comme n'avions jamais connu de douceurs, nous n'en souffrions pas trop".
Le 6 juin 1944, son grand père l'a réveillée brusquement dès 6 heures : " Les yeux encore ensommeillés, j'ai été emmenée dans la cave. Je ne comprenais pas encore. Ce fut le déluge de feu et de sang. C'était un feu d'artifice géant et continu".
Puis les uniformes changent : "Ce n'était plus vert de gris mais kaki ! Notre maison était située en haut du célèbre chemin du Ruquet, là où passaient tous les américains. Alors on a vite appris à réclamer du chewing-gum et du chocolat. Les camps américains se sont installés tout autour de la maison, Grand mère lavait le linge des soldats de la military police."


C'est là qu'un fameux cliché a fait le tour du monde pour illustrer officiellement le 50° anniversaire du débarquement, pris devant la "caserne"


Georgette et Gilbert, un enfant de la DDASS dans les bras de deux soldats.
Donald Scheneman avec Georgette et Lt Johnson  qui tient Gilbert


La scène se situe devant la porte dela "la Caserne" ancienne caserne des Douanes, aussi appelée la "Maison des douaniers", devenue auourd'hui une résidence secondaire, première maison isolée en haut de la route du Ruquet.
Le militaire sans casque est un officier de l'US Navy, le Lt Donald K. Johnson, resté longtemps en poste à Omaha car il était occupé à la circulation maritime et à l'accueil des unités débarquant sur la plage. Le petit garçon qu'il tient dans ses bras s'appelle Gilbert Desclos, 7 ans, orphelin chez sa nourrice Mme Godes. Donald trouvant ce petit garçon chétif se mit à le nourrir au mess et à le considérer comme son fils. Durant 2 mois, il le traîna, partout (en jeep, sur les Dukw, sur les bateaux, etc..), à tel point que quand il fallut partir, sachant que c'était un orphelin, il entreprit des démarches par la voie hiérarchique en vue d'une adoption. Ces démarches bien évidemment n'aboutirent pas, il essaya même vainement de l'embarquer clandestinement.
Le soldat avec un casque est Donald Sheneman (19 ans en 44) de la 302nd Military Police Escort Guard Company, il tient Georgette Godes, 8 ans, refugiée chez sa grand-mère.

Grâce aux cérémonies du 50ème anniversaire les retrouvailles ont eu lieu :
-Pour Johnson (hélas décédé), sa fille retrouva Gilbert, habitant Colombelles, le 22 juillet 1994. Et sa veuve avec sa famille vint à Colombelles le 9 juin 1996.
-Pour Sheneman qui vivait en Floride ce fut le 3 juin 1995 à Ouistreham où vit Georgette, il s'écria "My baby, my baby!"




Par sa situation géographique, et d'après ce témoignage, la "caserne", pourrait être considérée comme la première maison libérée de Saint Laurent d'autant que:
-seule maison visible dès que l'on est sur le plateau
-première maison  située exactement sur le passage des Gi's remontant par le Ruquet
Inévitablement les Gi's ne pouvaient rater cette maison.


Mais tout cela est-il important ? NON, cela n'a strictement aucun intérêt...

L'exploitation, sans autorisation, de la vie de la famille "Porée"
L'histoire et les documents de la famille Porée qui résidait dans cette maison, sont exploités en détournant la réalité des faits, ce qui est inacceptable.

Nadine Porée, historienne, explique :
"En effet, que s’est-il passé le 6 juin ? Mon arrière-grand-mère, mes grands-parents, mes oncles, ma tante, mon père n’ont rien fait de particulier.
Vers 9h, mon arrière-grand-mère voulait aller traire sa vache qui était dans le champ derrière la maison. Elle a aperçu des soldats qui se cachaient derrière les pommiers. Elle est venue prévenir mon grand-père qui était dans la cour et qui, vu l’agitation, avait renoncé à aller chercher le courrier au bureau de poste de Saint-Laurent pour aller faire sa tournée de facteur à Colleville.
A ce moment-là, les Américains sont arrivés dans la cour et ont pris mon arrière-grand-mère et mon grand-père pour des Allemands. Ils les ont emmenés derrière la maison. Ils ont été sauvés, certainement de la fusillade, parce que mon arrière-grand-mère lui a conseillé de sortir sa carté d’identité et qu’un soldat, qui parlait un peu français, les a compris. A ce moment-là, un obus est tombé sur la maison de mon arrière-grand-mère et tout le monde s’est mis à l’abri sous un appentis. Ils ont ensuite traversé la cour pour se réfugier dans la maison de mes grands-parents qui vivaient-là avec leurs quatre jeunes enfants.
Plus tard, un Allemand, posté dans le champ, en face de la maison, s’est mis à tirer. Une balle a traversé la cuisine, frôlant la tête d’un de mes oncles et s’est logée dans le mur.
Un Américain a aussi posé son fusil mitrailleur sur la barrière de la maison et s’est mis à tirer des rafales vers la maison de mon arrière-grand-mère, touchée par l’obus.
Ils sont restés là toute la matinée et c’est seulement en début d’après-midi que les Américains les ont évacués vers la ferme Demaine, rue Quincangrogne.
Ils ont donc rencontré les Américains, le matin du 6 juin 1944 dans certaines circonstances mais rien ne permet d'affirmer qu’ils ont été les premiers libérés. D'ailleurs une question de terminologie se pose : que signifie "libérer" ? L'arrivée des alliés ou le départ des allemands ?
Le 7 juin, un parachutiste a été retrouvé mort dans le champ derrière la maison. Il était en train de se raser sous le noyer. Son parachute était sur la volière à proximité. Personne ne sait qui c’était, quand il a été parachuté et ce qui a été fait du corps. Vu la configuration des lieux, je pense que mon arrière-grand-mère l’aurait vu le matin du 6 juin s’il avait été parachuté dans la nuit du 5 au 6 juin.
Le 8 ou le 9 juin, un soldat allemand a été retrouvé par mon arrière-grand-mère dans son jardin, dans une rangée d’artichauts.
S’ils avaient vraiment été libérés le 6 juin, pourquoi, par sécurité, les Américains les ont fait dormir dans la ferme de Charlotte Deshayes, située plus haut dans la rue, près de la Caserne, pendant trois ou quatre nuits ? C’est oublier la présence des snipers allemands (preuve à l’appui les photos prises par les Américains chez mon arrière-grand-mère maternelle Lucie Dujardin – actuellement où habite M. Hamelin) que les Américains ont passé plusieurs jours à  traquer dans le village."
Appeler cette maison « maison de la libération » n’a donc aucun sens et si on suivait la démarche historique et intellectuelle de Sébastien Olard, pourrait être créée, tout logiquement, une « maison de la libération » à Colleville, à Vierville, bref dans tous les villages de la côte, où chaque famille de Normands a rencontré les Américains !

Mon père et moi, sommes surpris et gênés, de voir comment est utilisée l’histoire de notre famille. Mes arrière-grands-parents, mes grands-parents étaient des personnes humbles, qui, je pense, n’auraient pas souhaité voir leur vie ainsi exposée et exploitée sur des panneaux d’exposition qui regorgent d’inexactitudes historiques et de … fautes d’orthographe.  D’ailleurs, j’aimerais savoir à quelles fins notre histoire familiale est utilisée ? ".



L'exploitation commerciale

Non seulement, on peut trouver un "gîte" à louer dans "la première maison libérée",mais en plus, le propriétaire vous plonge dans l'histoire...
En effet, dans ce lieu,   on refait l'histoire et l'on vous promet de "découvrir des faits inédits", "des faits inconnus", un "témoignage unique", "une opération spéciale franco-américaine" .

 "Venez passer une semaine dans notre gîte ou découvrir des faits inconnus, dans un cadre chaleureux, des faits inédits du débarquement grâce à une histoire racontée dans un lieu historique, la première maison libérée, la Maison de la libération. Ce lieu historique datant de 200 ans est la première maison libérée au matin du 6 Juin 1944. Dans une partie de la fermette se trouve le gîte meublé remis au goût du jour. A votre demande, son histoire vous sera racontée avec un témoignage unique et des faits peu connus, liés à une opération spéciale franco-américaine."
indique la publicité du site web.

Cette première maison libérée est une pure affabulation, alors que dire des prétendues révélations historiques ! Est-ce utile d'aller si bas pour se faire de la publicité et attirer les gogos ? 





La publicité !

Affligeant et ridicule, d'autant que...voir en complément ce qui est raconté... On revisite l"histoire sans scrupule.

De la responsabilité des élus
Offices de tourisme, mairies, diverses publications s'y associent.  Ils  informent et communiquent  officiellement   sur l'existence d' une "première maison libérée" et donc cautionnent les dérives. Pourquoi ?  probablement plusieurs causes s'imbriquent  :  simple ignorance de la réalité tant le maquillage et le subterfuge sont réussis, aveuglement,  incompétence réelle,  paresse intellectuelle même si des mises en garde ont déjà été faites, mais comme  tout est bon pour le tourisme, pourquoi se poser des questions ?  (lire le dossier "Mensonges par omission")  

Voici des extraits des sites officiels de l'office de tourisme
L'OT d'Omaha présente la première maison libérée "leu de mémoire", "site témoin"
accompagnée de ce texte du propriétaire qui se glorifie d'être "d'une famille de résistants" Sic
voir notre dossier




Cette  invention, exploitée pour une opération commerciale,  piège (presque) tout le monde.


Un vrai mythe, de multiples mystifications : l'art du mensonge

Le débarquement et les combats d'Omaha : une légende, un mythe mais avec trop d'oublis, et trop  de mystifications qui arrangent beaucoup de monde. Pour le grand public, rien n'est vraiment explicité, les erreurs et les tragédies inévitables jamais  dénoncées. 
Par facilité ou par intérêt,  le mensonge  est systématiquement pratiqué sous diverses formes mais c'est bien le mensonge par omission qui l'emporte !


  • Mystifier, c'est tromper !
En faitle faux en histoire donc  la pratique du mensonge englobe  divers aspects qu'il faut nuancer à défaut de pouvoir établir une typologie. 
    • Le mensonge par omission ou inexactitude  qui cache sciemment la vérité : cas du port artificiel d'Arromanches (et donc du musée) qui cache son très faible tonnage par rapport aux  autres plages qui fonctionnent par échouage de petites unités à fond plat or Omaha fait le double de tonnage qu''Arromanches  (J Quellien). Ce type de mensonge est tellement usuel qu'il nécessite qu'on lui consacre, ci-dessous, une partie entière.
    • Le mensonge par mythification, cas des films (américains : le jour le plus long & Il faut sauver le soldat Ryanqui reconstruisent les évènements avec de volontaires erreurs, approximations, exagérations et beaucoup d'anecdotes pour "arranger" le débarquement et l "américaniser".
    • Le prétendu, le pseudo, le supposé : par l'absence de sources historiques (ou autre raison) on donnera sciemment  une explication inventée, supputée  à un évènement. Cette pure invention relève donc de  l'affabulation, cas de l'invention de la "maison de la libération à Saint Laurent".
      Ce qui est  totalement différent de
       l'erroné qui s'explique par une mauvaise interprétation d'un document ou source historique, ce qui est involontaire ou... relève de l'incompétence.

    • La falsification ou contrefaçon ou détournement de la vérité ou manipulation souvent utilisée à des fins de propagande
      • idéologique : on va reconstruire la réalité pour recomposer l’Histoire afin qu'elle soit conforme à la ligne politique. Omniprésent dans le états totalitaires. L'Allemagne nazie l'a systématiquement pratiquée jusqu' à sa chute,  Hitler disait : "La propagande de Goebbels est une de nos armes de guerre les plus efficaces"
      • médiatique : dans les médias, à l'été 1944, les alliés ne peuvent montrer les morts avec toute l'horreur de la guerre, ni les difficultés des combats. La réalité est systématiquement tronquée mais pouvait-il en être autrement ?
    • l'imposture  ou  la construction délibérée d’un faux : cas des nombreux faux Gi's américains, cas du mannequin parachutiste à Sainte Mère (du mauvais côté)


On peut aussi trouver d'autres variantes : 
-le mensonge par oubli (femmesnoirs, amérindiens...) 
-le mensonge par rareté ou imprécision des sources,  (nombre de morts  à Omaha, localisation du WN 67)
-enfin, nous terminerons par le mensonge par... paresse intellectuelle : cas des musées, des auteurs d'ouvrages qui se contentent de répéter et retranscrire sans réfléchir et se questionner, sans chercher  à vérifier ce que d'autres ont écrit dans le passé avec beaucoup d'imprécision, ainsi le nombre de morts à Omaha, le cas du port artificiel d'Arromanches, les pertes civiles, de l'impact de la résistance,  du rôle des USA et de la paternité de la victoire...

Plus compliqué à expliciter sont les motivations et les intentions des auteurs : un but vénal, en vue d'un bénéfice ?  financier pour obtenir un avantage ?  social pour se faire valoriser? ou plus simplement par  bêtise, incompétence, naïveté... Tout est possible et parfois c'est pernicieux !



  • Le mensonge par omission
    • Le mensonge le plus fréquent pour rendre la guerre "acceptable" en ignorant erreurs et horreurs
Le mensonge par omission consiste à diffuser ce qui, parmi le réel, convient aux fins poursuivies, la glorification d'Omaha,  tout en omettant d'énoncer ce qui pourrait y nuire, telles  les erreurs qui ont coûté beaucoup de vies. Elles sont pourtant nombreuses : des bombardements aériens et navals complètement ratés qui sont responsables de l'importance des pertes (4700 hommes) ; l'utilisation de chars DD dans une mer agitée qui se transforme en désastre et qui empêche de protéger sur la plage les Gi's incapables de bouger ; des  hommes surchargés qui se noient en raison d'un manque de clairvoyance des officiers ; des dérives énormes de barges qui pouvaient être anticipées par  une meilleure connaissance du milieu ; des liaisons radios qui dysfonctionnent ; du matériel mal protégé  rempli d'eau de mer et de sable ; un assaut meurtrier à la pointe du Hoc inutile puisque l'Etat Major savait que les canons étaient déplacés ; la présence d'éléments imprévus de la 352° DI allemande...

Que d'erreurs et de maladresses alors que déjà une dizaine de débarquements, et des répétitions,  se sont  déroulés. Pourtant on retrouve toujours les mêmes problèmes,  les mêmes imprécisions,  les mêmes dysfonctionnements.

La dureté des combats et l'héroïsme des GI's, partout affirmés,   sont véridiques, toutefois cette image glorieuse est acceptée dans les croyances sans que l'on se pose de questions. Le problème est que  cette image manque de ce qu'on omet, ce qui transforme les omissions en non-existence, et fortifie l'intensité de croyance en ce qui est accepté. Ainsi, pour le visiteur,  les nombreux morts d'Omaha sont  acceptés car ils sont uniquement la conséquence inévitable de tout combat dans un lieu difficile à conquérir.

Ces omissions se retrouvent lorsque la victoire des alliés est évoquée  pour libérer la France. Si le débarquement était réellement redouté par les alliés, ce n'était pas le cas  pour la libération de la France, or ce fut une épreuve particulièrement douloureuse pour les armées et les civils. La bataille de Normandie se heurta  à une farouche résistance allemande malgré la supériorité des moyens mis en œuvre par les alliés dans tous les domaines: humains, matériel, militaires, logistique, alors qu'ils dominent ciel et mer. Ce qu'on appelle la bataille des haies fut une épreuve pour les GI's, les pertes  le montrent ainsi que les nombreux problèmes psychiatriques, réalités occultées aujourd'hui.

Le mensonge par omission apporte donc un double bénéfice à l'action de communication de ce tourisme de mémoire: une mémorisation de ce qui convient au communicateur, donc ce qui semble acceptable et nécessaire, associée à  la négation de ce qu'il veut qu'on ignore, les faillites et erreurs. On évoque donc toujours l'héroïsme et le courage des Gi's  qui, certes,  étaient réels, mais on le décontextualise.

Un avantage important du mensonge par omission est qu'il n'est pas facile à déceler, en effet le message s'adresse à un public non averti. Ainsi, le "menteur par omission" ne semble pas mentir, surtout si on croit naïvement que "mentir" se limite à affirmer ce qu'on sait faux, et n'inclut pas le refus d'énoncer ce qu'on sait vrai et important. Or ce refus est difficile à prouver, car il ressemble à d'autres omissions de ce qui est vrai.

Toutefois, on peut ignorer une partie du vrai, par incompétence, ce qui semble être le cas par exemple des responsables d'office de Tourisme, d'élus locaux, toutefois une responsabilité implique un minimum de travail, de questionnement,  de recherche, de lectures ou, à  défaut, de s'entourer de compétences. Ainsi, à Omaha, l'office de tourisme, les élus publient et communiquent  officiellement   sur l'existence d' une "première maison libérée !"  pure invention récente  d'un propriétaire afin de mieux louer sa maison !

    • Les omissions à Arromanches: un intérêt lucratif !
On peut ignorer ou sous-estimer consciemment  l'importance d'une partie du vrai, et donc préférer diffuser d'autres pseudos vérités, voire  des inexactitudes, ce qui est le cas pour le port artificiel d'Arromanches où le musée, et ses guides, volontairement, taisent la faiblesse des activités du port et n'évoquent jamais l'importance réelle des tonnages déchargés sur les autres plages sans "port artificiel", en particulier celle d' Omaha. 


Dans ce cas, le mensonge par omission relève  à la fois de  l’imposture, c’est-à-dire la construction délibérée d’un faux et de la manipulation, avec une logique de propagande et de falsification de l’Histoire afin d'établir une contre vérité : exagérer à outrance l'importance du port artificiel d'Arromanches afin de maintenir une activité touristique lucrative.


Extrait du site web du musée d'Arromanches où l'on apprend  que
sans le port d'Arromanches, le débarquement aurait été un échec !



Extrait du site web du musée d'Arromanches où l'on apprend aux enfants
 que
"Le port d'Omaha n'a jamais servi" 
et

ci-dessous  les données officielles du SHAEF




Ainsi, le mensonge par omission peut être accompli impunément : on ne pourra pas prouver que le communicateur savait ce qu'il n'a pas dit, ni surtout prouver qu'il savait important ce qu'il n'a pas dit ou ce qu'il a empêché de dire. Le mensonge par omission peut être aussi  un mode de communication de manipulateurs du public, cas du tourisme pour accrocher les visiteurs afin de faire  davantage de visites et donc de  profit, cas bien connu des politiques avec leur fameuse  langue de bois.

Ces omissions s'accumulent sur le long terme: on arrive, peu à peu, à une situation  où, évoquer le débarquement, par les médias lors des commémorations, devient d'un simplisme consternant puisque les thèmes évoqués omettent tant de sujets qu'ils se limitent à montrer des extraits de cinéma comme illustration de faits historiques qui se résument à des clichés. Désormais, on propose une version édulcorée du débarquement remplie d'anecdotes inventées.



Parfois les médias essaient de publier des aspects peu connus ou  peu glorieux du débarquement, mais cela demeure avant tout des articles accrocheurs (mais pas  racoleurs....) qui demeurent superficiels, toutefois, ils ont le mérite d'exister.
Les historiens désormais n'hésitent plus  à dénoncer toutes ces erreurs, tous ces mensonges, tel Jean Quellien. Seulement, ils ne sont invités  à parler que le 6 juin à l'occasiondes  commémorations décennales, et, leurs ouvrages sont délaissés au profit de guides superficiels ou d'ouvrages grand public sans intérêt...

La vérité doit-elle restée dans le cercle des historiens ?



Compléments
http://www.ac-grenoble.fr/histoire/didactique/general/fauxetfiction/lpj.htm
Mensonges historiques de J Bourdier  Ed Dualpha