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Olivier Wievorka

 Biographie 
Historien, professeur à l’Ecole normale supérieure de Cachan, Olivier Wieviorka est un spécialiste reconnu de la Résistance et de la Seconde Guerre mondiale, auxquelles il a consacré plusieurs livres, dont une Histoire du Débarquement en Normandie qui fait autorité et une Histoire de la résistance acclamée par la critique, primée par l’Académie française et plébiscitée par le public. Il a également codirigé, avec Jean Lopez, Les Mythes de la Seconde Guerre mondiale (2 volumes).
Son dernier livre : Histoire de la Résistance en Europe occidentale.






Histoire du débarquement en normandie. 
Des origines à la libération de Paris, 1941-1944
Seuil, 2007, 442 pv



Présentation éditeur

Du débarquement en 1944 des troupes alliées en France, on semble tout connaître. Si nombre d'analyses ont été consacrées au Jour J, aucune n'avait encore envisagé le problème dans sa globalité, des origines à la libération de Paris, en intégrant l'ensemble des points de vue, en envisageant la pluralité des aspects - économiques, militaires, diplomatiques, mais également politiques et sociaux.
S'appuyant sur des sources inédites, pour l'essentiel américaines et anglaises, Olivier Wieviorka retrace cette longue épopée, des tout premiers projets à l'assaut final. Une histoire moins mythique que la légende complaisamment forgée par les dirigeants alliés : dissensions au sein du Haut Commandement, pénurie des bateaux, erreurs tactiques, effondrement psychique des combattants... Autant de réalités parfois tues qui pourtant pesèrent sur la préparation et le bon déroulement du D-Day. Loin d'adopter un regard strictement français, Olivier Wieviorka replace le débarquement dans le contexte d'une guerre mondiale. Au risque d'affronter des constats désenchantés : l'enthousiasme des Alliés à libérer la France fut pour le moins modéré, et, par-delà l'indéniable geste héroïque, émergeait un nouvel ordre mondial que les États-Unis et l'Union soviétique s'apprêtaient à régir.

En coédition avec le ministère de la Défense.

Analyse sciences humaines N Journet

Jour J, cet événement sur lequel on pense tout savoir et auquel le cinéma semble avoir définitivement forgé une légende, fait l’objet d’un examen particulièrement critique de la part d’Olivier Wieviorka. « Critique » veut dire ici « refus d’anachronisme », le plus courant d’entre eux consistant, en histoire militaire, à supposer qu’une victoire était acquise avant de l’être.

Or ce ne fut pas le cas de l’opération Overlord dans son ensemble qui, malgré son degré de préparation, eut à connaître retards, incertitudes et ratés notoires, le tout dans un climat de diplomatie alliée plutôt tendu et disharmonieux – Staline ne cessait de presser les alliés qu’il soupçonnait de vouloir sacrifier les combattants russes.

L’histoire proprement militaire que reprend O. Wieviorka diffère de sa version cinématographique : au jour J, plutôt réussi et pas si meurtrier que cela, succède une épuisante campagne dans le bocage contre une armée allemande bien accrochée. Du 6 juin au 31 juillet, en effet, les armées alliées piétinant sur leurs objectifs eurent à subir des pertes considérables dans des combats rapprochés et brutaux.

Pour la première fois, O. Wieviorka relève l’incidence élevée des pertes par dépression, automutilations, abandons de poste (25 à 33 % des pertes non fatales) et évoque la manière dont les services de santé improvisèrent une prise en charge de ces cas. L’issue viendra de la reprise des succès militaires, mais entretemps le sentiment que ces soldats anglais, canadiens ou américains, même expérimentés, n’allaient pas si souvent combattre la fleur au canon pour la démocratie et contre le nazisme, mais désespéraient souvent de revoir leur pays, s’est imposé au lecteur. C’est une réalité que les historiens des guerres ne cherchent plus à minimiser aujourd’hui, et on doit leur en savoir gré, même si ces insistances-là ont une fâcheuse tendance à transformer les héros en victimes

Analyses

http://www.lacauselitteraire.fr/histoire-du-debarquement-en-normandie-des-origines-a-la-liberation-de-paris-1941-1944-olivier-wieviorka

https://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/05/olivier-wieviorka-le-debarquement-est-aujourd-hui-presente-sous-un-jour-moins-triomphaliste_1201547_3224.html

https://clio-cr.clionautes.org/histoire-du-debarquement-de-normandie-des-origines-a-la-liberation-de-paris-1914-1944.html

Jean Quellien


Biographie
Historien et un écrivain, Jean Quellien, né à Coutances en 1946, a fait ses études au lycée de Coutances, puis à l'université de Caen (Calvados). Il est docteur en histoire et agrégé d'histoire. Sa thèse est consacrée quant à elle aux élections dans le Calvados. À l'occasion de la création du Mémorial de Caen, il se consacre essentiellement à la période de la Seconde Guerre mondiale en Normandie, et publie de nombreux ouvrages sur l'Occupation, la Résistance, la Libération, les victimes civiles du conflit et le mouvement ouvrier dans la région.

Il est membre associé au Centre de recherche d'histoire quantitative (Université de Caen/CNRS) - axe Seconde Guerre mondiale - et professeur d'histoire contemporaine émérite à l'Université de Caen dont il a dirigé l'UFR d'histoire. Il est membre du Conseil scientifique du Mémorial de Caen. Il a publié de très nombreux ouvrages

Il est reconnu comme l'un des spécialistes de la seconde guerre mondiale et en particulier du Débarquement en Normandie.


Le Jour J et la bataille de Normandie
Editeur : OREP Editions (2015) 400 pages




Présentation de l'éditeur
Encore un livre sur le Débarquement et la bataille de Normandie penseront certains. Il est vrai que la production en la matière est impressionnante, mêlant les récits de la libération des plus humbles communes aux synthèses les plus ambitieuses. Est-on sûr cependant de tout savoir sur cet événement capital de la seconde guerre mondiale ? S appuyant sur les acquis récents de la recherche historique, Le Jour J et la Bataille de Normandie remet en cause bien des idées reçues et des légendes tenaces sur un sujet qu on aurait tort de croire épuisé. Sait-on, par exemple, que le système de décryptage « Ultra » a permis aux Alliés de lire à livre ouvert dans les intentions des Allemands pendant toute la durée de la bataille et d en tirer parti ? Sait-on que les Américains n ont jamais eu, contrairement aux affirmations gaullistes, l intention d instaurer un gouvernement militaire en France, l AMGOT ? Sait-on que le rôle des chasseurs-bombardiers alliés, présentés comme de redoutables « tueurs de chars », est largement surfait ? Sait-on, pêlemêle, que les pertes alliées le Jour J ont été sous-évaluées ; qu il n y a pas eu de Stalingrad en Normandie ; que deux parachutistes sont tombés sur l église de Sainte-Mère-Église... et non un seul ; que le commando Kieffer n a pas véritablement enlevé le casino de Ouistreham, comme on le voit dans une scène fameuse du Jour le plus long, film truffé d inexactitudes gênantes pour la mémoire. Bien des innovations techniques, montées en épingle pour la plus grande gloire des Alliés, n ont pas joué le rôle qu on leur prête ordinairement. Les fameux « coupe-haies » du sergent Culin n ont été que médiocrement utiles au succès de l opération Cobra. Le pipe-line sous-marin PLUTO entre l Angleterre et Cherbourg a été un fiasco total. Le port artificiel d Arromanches, incontestable merveille technologique, n a cependant tenu qu une place assez modeste dans le ravitaillement des Alliés. Oui, il était nécessaire de proposer une nouvelle lecture, dépoussiérée, du Débarquement et de la bataille de Normandie.

Vidéo


Antony Beevor


Biographie



Né à Londres en 1946, l'historien britannique Antony Beevor, ancien élève du Winchester College et de l'académie militaire de Sandhurst, se fait connaître en Grande-Bretagne en 1982 par la publication d'une histoire de la guerre d'Espagne, qui paraîtra en France en 2006. Il se spécialise ensuite dans l'étude de la Seconde Guerre mondiale, à propos de laquelle il écrit un certain nombre d'ouvrages comme "Stalingrad" (publié en France en 1999) ou "La Chute de Berlin" (2002). Sa dénonciation des atrocités commises par l'Armée rouge lors de son entrée en territoire allemand en 1945, lui vaut alors de violentes réactions de la part de ses 

homologues russes
Il est  un expert incontesté de la Seconde Guerre mondiale. Ses livres les plus récents sont D-Day et la bataille de Normandie, La Seconde Guerre mondiale, et Ardennes 1944, tous trois chez Calmann-Lévy. Il a reçu de nombreux prix et a vendu plus de six millions d’exemplaires de ses oeuvres en trente langues.






D-Day et la bataille de Normandie
Editeur : Calmann-Lévy 2009,   638 pages




Présentation de l'éditeur
Le Débarquement allié en Normandie, le 6 juin 1944, passe à juste titre pour un des grands tournants de la Seconde Guerre mondiale – à tel point que dans l’esprit de beaucoup de Français le reste de la guerre ne fut qu’une formalité. Or, il n’en est rien. Si le Débarquement fut un de ces moments où se forgent les légendes, la bataille qui s’ensuivit, connue sous le nom de bataille de Normandie, fut autrement plus longue, difficile, émaillée d’atrocités – et décisive. En effet, une défaite alliée aurait eu des conséquences géopolitiques majeures pour l’Europe, car rien alors n’aurait pu empêcher l’Armée rouge de pousser jusqu’à l’Atlantique. Or, Antony Beevor révèle, pour la première fois, à quel point le désordre, l’improvisation, les erreurs stratégiques et tactiques, l’impréparation de leurs troupes faillirent coûter leur victoire aux Alliés. Seule leur écrasante supériorité aérienne leur permit de l’emporter – mais à quel prix, notamment en vies civiles françaises et en morts accidentelles dans leurs propres rangs !


D-Day et la bataille de Normandie est le premier livre d’« historical narrative » à l’anglo-saxonne sur ces trois mois de guerre totale publié en France depuis Le Jour le plus long, de Cornelius Ryan, qui date de 1959. Antony Beevor a pu consulter des archives rendues publiques aux États-Unis et en Angleterre en vertu des délais de prescription, mais aussi des documents inédits allemands, français et canadiens, et retrouver nombre d’enregistrements originaux, dont les « débriefings » des soldats américains enregistrés à chaud par le service d’information des armées, ce qui lui a permis de croiser les témoignages et d’approcher au plus près le vécu des combattants sur le terrain. C’est à une reconstitution entièrement nouvelle et à rebours des mythes dominants qu’il nous convie, en maniant comme lui seul sait le faire le « zoom » : tantôt au plus près de l’action sur le terrain pour montrer, tantôt avec du recul pour expliquer.

Revue de presse
"D-Day et la Bataille de Normandie est le premier livre d'« historical narrative » à l'anglo-saxonne sur ces trois mois de guerre totale [...]. C'est donc à une reconstitution entièrement nouvelle et à rebours des mythes dominants qu'il [Antony Beevor] convie le lecteur, en maniant comme personne le zoom, tantôt au plus près de l'action sur le terrain pour montrer, tantôt en altitude pour expliquer."
39/45 magazine

"Oui, un grand récit épique et humain."

M. F. M., La Croix

"Un panzer éditorial qui enfonce tout sur son passage. Une histoire-bataille à l'anglo-saxonne, terriblement efficace, une fresque haletante, monumentale."
Grégoire Kauffmann, Figaro magazine

"Un ouvrage magistral sur le Débarquement et la bataille de Normandie par l'un des meilleurs spécialistes de la Seconde Guerre mondiale."
Eric Roussel, Figaro littéraire

"Le livre tire sa force du principe narratif retenu par l'auteur. Alternant considérations générales et anecdotes, Antony Beevor plonge le lecteur dans la fumée des combats ou dans la boue humide des pâturages normands."
L'Histoire


Analyses
https://clio-cr.clionautes.org/d-day-et-la-bataille-de-normandie.html


Interview
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/anthony-beevor-la-seconde-guerre-mondiale-nous-hante-encore_763772.html

https://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20090604.BIB3536/d-day-le-martyre-de-la-normandie.html

Jean Luc Leleu


Titulaire d'une maîtrise en 1994 de l'université d'Artois, et d'un DEA en cette discipline l'année suivante de l'Université de Lille III, il est lauréat du Concours Nationale de la Résistance et de la Déportation présidé par Lucie Aubrac pour la ville d'Arras. Auteur d'une thèse de doctorat soutenue en 2005 "Soldats politiques en guerre : Sociologie, organisation, rôles et comportements des formations de la Waffen-SS en considération particulière de leur présence en Europe de l'Ouest, 1940-1944."
Docteur en histoire, Jean-Luc Leleu est ingénieur de recherche au CNRS (Centre de recherche d’histoire quantitative, université de Caen/Basse-Normandie).



Le Débarquement
De l’événement à l’épopée

Presses universitaires de Rennes, 2018, Histoire, 312 pages




Présentation de l'éditeur:

Qu’on l’appelle « D-Day », « Jour J », « 6 Juin » ou « Débarquement », nulle autre précision n’est nécessaire pour évoquer l’offensive alliée en Normandie en 1944, alors même que de nombreuses opérations militaires de ce type ont été menées au cours de la Seconde Guerre mondiale et que le sort de l’Allemagne nazie s’est joué sur le front de l’Est. Quelles sont les raisons qui expliquent que cette bataille – une parmi tant d’autres – qui ont émaillé les conflits du XXe siècle – a d’emblée revêtu une dimension historique pour les contemporains ? Pourquoi précisément cette opération militaire est-elle désormais régulièrement commémorée par autant de chefs d’État sous le regard des télévisions du monde entier ? Comment expliquer le statut si particulier acquis par cet événement au fil des décennies, jusqu’au projet d’inscription des plages du Débarquement au patrimoine de l’Unesco ?

En revenant à la dramatisation des enjeux d’une bataille annoncée près de quatre années à l’avance, mais aussi aux ressorts politiques, idéologiques, économiques et culturels qui ont contribué à transcender l’événement en épopée, cet ouvrage s’interroge sur la quête d’identité de chacun des acteurs nationaux à travers l’évolution de leur mémoire. Ainsi peut-on mieux comprendre la surprenante transformation, de l’épisode guerrier en symbole universel de paix et de liberté.


Avec le soutien de la région Normandie, du CRHQ, du Mémorial de Caen, de l’Institut historique allemand, de l’université de Caen Normandie et du CNRS.

Sommaire
Dans l’attente de l’événement : les propagandes à l’œuvre
Au-delà des mythes : retrouver le 6 juin
L’événement transcendé : art et médias dans la construction de l’épopée
Image(s) de soi dans le miroir de l’histoire
Faire (re)vivre l’épopée : enjeu du tourisme de mémoire

Compléments



Analyse

http://www.benoitrondeau.com/recension-le-debarquement-de-levenement-a-lepopee-sous-la-direction-de-jean-luc-leleu/

Interview Ouest Francehttps://www.ouest-france.fr/normandie/bayeux-14400/74e-d-day-le-debarquement-est-devenu-une-epopee-5797570

C-Rendu table ronde : "
Le 6 juin 1944 : de l’événement au mythe." 
Les Rendez-vous de l’histoire de Blois réunissent autour d’une table ronde trois historiens pour en discuter : Olivier Wieviorka (professeur à l’ENS Cachan, rédacteur en chef de la revue Vingtième siècle), Jean-Luc Leleu (ingénieur de recherche CNRS au CRHQ) et Emmanuel Thiébot (historien au Mémorial de Caen).https://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p2_860924/le-6-juin-1944-de-l-evenement-au-mythe-o-wieviorka-j-l-leleu-e-thiebot


De gauche à droite : Emmanuel Thiébot, Jean-Luc Leleu et Olivier Wieviorka



Antonin Dehays

Antonin Dehays
Docteur en histoire contemporaine (Caen) il consacre ses recherches au débarquement. Il a soutenu sa thèse en 2015, cet ouvrage en est la synthèse

Il est chercheur indépendant aux USA




Combattre et mourir en Normandie 
Les GI's et l'expérience au feu 
De la mort à la mémoire  Normandie 1944
Orep. 500 pages 
 




Présentation éditeur

Qui n'a jamais tenté de se glisser dans la tête des GI's plongés dans l'enfer de la bataille de Normandie au cours de l'été 1944 ? Pour la première fois, un ouvrage  issu d'une thèse de doctorat  met enfin en lumière les attitudes au feu des combattants de l'armée américaine, sujet trop souvent délaissé par le passé au profit d'une histoire purement militaire. Sont traités dans ces pages le combat, celui vécu au ras du sol, ainsi que la violence de guerre dans toute son horreur et sa complexité. Avec un regard neuf et singulier, cet opus revient sur le sort des quelque 33 463 soldats, marins, garde-côtes et aviateurs américains qui ont péri sur les plages et dans les vergers normands. Il s'attarde notamment sur les mille et une façons de mourir sur le champ de bataille et sur la création des cimetières militaires provisoires qui ont laissé place ensuite à deux nécropoles nationales américaines implantées en Normandie.

Dans l'ère des commémorations, les victimes de l'armée américaine ont été  et demeurent  les sujets d'un culte et d'un hommage collectif inconditionnel à leur égard. Mais force est de constater que ces morts pas comme les autres ont fait l'objet d'une instrumentalisation dont les contours sont ici minutieusement analysés.


Compléments


https://actu.fr/normandie/lisieux_14366/combatt5re-et-mourir-en-normandie-le-vrai-devoir-de-memoire-dantonin-dehays_2139800.html

http://www.theses.fr/2015CAEN1015

Joseph Balkoski

Joseph Balkoski, né en 1954, est un historien militaire et concepteur de jeux de guerre. Il est l'auteur de huit livres sur l'implication américaine dans le théâtre européen pendant la Seconde Guerre mondiale , y compris une série de cinq volumes sur l'histoire de la 29e division d'infanterie dans le monde. Il a également conçu 35 wargames sur plateau, dont plusieurs primés.


Carrière
Joseph Michael Balkoski a obtenu une maîtrise en histoire de l'Université de New York en 1976.
Lorsqu'il s'est installé dans le Maryland en 1981, il a rencontré par hasard de nombreux anciens combattants  membres de la 29e division d'infanterie.
J Balkoski a été pendant de nombreuses années l'historien du commandement de la Garde nationale du Maryland. Il gère les archives de la 29e division d'infanterie et le musée d'histoire militaire du Maryland, à Baltimore.

Publications



-Son premier livre, Beyond the Beachhead: La 29e division d'infanterie en Normandie, paraît en 1988 et reste imprimé trente ans plus tard. Charles M. Schulz , le créateur de Peanuts, le définit comme "un livre étonnant ... Si je veux savoir comment étaient le jour J et la Normandie, du particulier au général, du fusil au char, du début à la fin, ce livre est fait pour vous. "





-La série très détaillée de Balkoski sur l'histoire de la 29e division de la Seconde Guerre mondiale s'est achevée en 2015 avec la publication du cinquième volume, The Last Roll Call, qui relate la fin de la guerre en Europe et le retour à la vie civile des GI. la vie. L'auteur Rick Atkinson  décrit la série comme "Un exploit magnifique. L'armée américaine et la 29e division ont la chance d'avoir un historien de la stature de Joe Balkoski qui a l' habileté de raconter l'histoire du combat en Europe 
occidentale du point de vue du GI ordinaire et de ses dirigeants. " 




-En 2004, Balkoski a publié Omaha Beach, documentant méticuleusement l’invasion américaine du 6 juin 1944. Deux ans plus tard, il publie Utah Beach. Le recueil en deux volumes a été bien accueilli: le Wall Street Journal a décrit Balkoski comme "un véritable maître de l'histoire originale du jour J", tandis que USA Today l'a classé comme "le plus grand historien vivant du jour J".

Les deux autres ouvrages en français





Omaha Beach
Editeur : Histoire et Collections (2014) 383 pages


Présentation de l'éditeur

Jamais auparavant les premières heures du débarquement en Normandie n'avaient fait l'objet d'une description aussi détaillée. Nous suivons heure par heure les troupes américaines de la 1re et de la 29e divisions lancées à l'assaut de la " Forteresse Europe " au matin du 6 juin 1944. Anéanties par le mal de mer, elles se heurtent aux défenses allemandes, à peine égratignées par l'aviation et les canons de marine. Mais grâce à l'initiative de quelques officiers et sous-officiers, les GI's reprennent le dessus et, après le traumatisme du massacre sur la plage, parviennent à accomplir leur difficile mission: l'établissement d'une tête de pont en France.
Sommaire
LA FIN DU COMMENCEMENT
LE REALISME, PLUTOT QUE LE PESSIMISME
FESTUNG EUROPA
LA CHANCE FAVORISE LES AUDACIEUX
LE PLUS GRAND SPECTACLE SUR TERRE
C'ETAIT PEINE PERDUE
MAINTENANT OU JAMAIS
FAITES PLACE!
UNE PLUIE DE BALLES
AVANCER OU MOURIR


Un ouvrage incontournable : la référence sur Omaha

Commentaires sur Amazon .fr:

Enfin un nouvel ouvrage consacré à Omaha, et pour une fois, ce n'est pas une compilation d'autres livres. C'est le travail d'un historien américain qui a consacré 25 ans pour une analyse critique des archives : il va à l'essentiel en choisissant uniquement des témoignages fiables enregistrés aussitôt après 44 et en éliminant les déclarations incomplètes et erronées. Une rigueur et une méthodologie que jamais personne n'avait encore réalisées.
L'ouvrage passionnant narre l'histoire complète de l'assaut (sans complaisance) avec moult citations croisées et cartes à l'appui, ainsi que quelques photos commentées.
On regrettera le choix du NetB pour la cartographie et, surtout, que l'auteur s'en tienne au seul 6 juin, en effet, on aurait aimé avoir son analyse des jours suivants avec son point de vue sur le rôle du port artificiel d'Omaha (qui a ridiculisé celui d'Arromanches), sur les cimetières, la logistique en juin...
Un ouvrage remarquable, clair, agréable à lire, qui est devenu la nouvelle référence sur Omaha. Désormais incontournable.

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Cet ouvrage est complètement consacré à la seule journée du 6 juin 1944 sur cette longue plage normande entre Vierville et Coleville qu’on n’allait plus appeler désormais que par son nom de code américain: Omaha, « Omaha la sanglante ».
Ce fut une longue journée de près de 18 heures de clarté qui fut bien , pour l’ensemble des combattants survivants, le « Jour le plus long ».

C’est donc là, sur l’une des cinq plages du D-Day, qu’allait se jouer l’établissement de la tête de pont des forces alliées en Europe de l’Ouest.

L’ouvrage de Joseph Balkoski est réellement impressionnant: en 390 pages, il embrasse toute la réalité du jour J vécue tant par les combattants que par les officiers supérieurs en charge de l’opération, de l’arrivée sur la plage jusqu’à la tombée de la nuit. L’ouvrage fait vraiment la part belle aux témoignages directs. Dans la mesure du possible, l’auteur a repris ces témoignages au plus près des faits vécus dans l’espace mais aussi dans le temps. En conséquence, les dits-témoignages occupent finalement près de la moitié de l’ouvrage global. J’avoue en avoir été parfois gêné dans la lecture mais cela n’enlève rien à l’intérêt du travail de Joseph Balkoski.

L’ouvrage s’ouvre évidemment par le contexte de l’opération Overlord, par la préparation alliée et par les mesures prises par les Allemands pour se défendre et repousser l’invasion attendue.

En fait, Overlord fut une opération sacrément bien préparée à tous points de vue. Ce qui est impressionnant, c’est que finalement, rien ne se déroula comme prévu: ratage des bombardements aériens et navals préalables, dérive des navires de débarquement, mauvais renseignements sur les unités allemandes opposées, échec des blindés amphibies. Bref, le débarquement se réalisa dans des conditions terribles très bien rapportées par Joseph Balkoski. Avec les GI’s, vous allez vraiment vivre sous les tirs directs et indirects allemands, vous comprendrez l’agglutinement mortifère et statique des soldats à l’abri des jetées, le mélange dangereux des unités combattantes, l’impact de la montée rapide de la marée et l’importance des quatre valleuses d’accès hors de la plage.

On a beau connaître l’histoire, il y a un moment où l’on sent vraiment le découragement gagner. Et c’est là qu’on découvre qu’il s’agit finalement d’un combat d’infanterie où les personnalités se révèlent: des sous-officiers, officiers subalternes et supérieurs vont se lever pour mener des combattants apeurés, séparés de leur hiérarchie directe, en dehors des plages tant pour éviter d’être tués que pour permettre à d’autres unités constituées de débarquer.

Au final, on sort de l’ouvrage avec une impression de confusion extrême, de coups du sort, de pertes importantes, d’héroïsme ordinaire et extraordinaire. 18 heures de clarté, ce fut sûrement le Jour le plus long de leur vie pour ceux qui survécurent…

Le texte de Joseph Balkoski est, qui plus est, soutenu par une iconographie nombreuse en n/b dans le texte, 27 cartes bien utiles, des annexes, une bibliographie et un index.

Bref, un superbe ouvrage proposé par les éditions Histoire & Collections indispensable à toute bibliothèque consacrée à la seconde guerre mondiale.
Liens externes
Joseph Balkoski Site web
Page Facebook des archives de la 29e division d'infanterie
Site Web du Musée d'histoire militaire du Maryland

Contextualiser

Pour comprendre et analyser  cette mythification, il faut la contextualiser  vue :
- par les américains, les français, les anglais...
- selon les divers fronts de la deuxième guerre mondiale
- selon les époques : avant et après la guerre froide, avant et après De Gaulle... De plus chaque amateur d'histoire, selon ses connaissances, sa culture, ses opinions et tendances politiques cherche à y trouver ce qu'il attend, lui faire dire ce qu'il veut, quitte à passer sous silence certains aspects : ce que pratiquent les politiques lorsqu"ils s'emparent de l'histoire.

Ainsi De Gaulle minimise le rôle des alliés, nie l’État français de Vichy, exalte la résistance assimilée au gaullisme ; Pompidou s'exclame après la grâce du milicien Touvier "Allons-nous éternellement entretenir les plaies de nos désaccords nationaux ?" ; Giscard d'Estaing supprime en 1975 la commémoration du 8 mai au nom de la "réconciliation franco-allemande"  ; Mitterrand en 1984 commémore avec faste le débarquement mais H Kohl refuse d'exalter une bataille "au cours de laquelle des dizaines de milliers d'allemands ont péri" alors qu'en 2004 G Schröder dit "La victoire des alliés n'était pas une victoire sur l'Allemagne, mais pour l'Allemagne" ; J Chirac en 1995 déclare que "la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des français, par l’État français". En une phrase, il répudie une partie de l'héritage gaulliste, l’État français -illégitime- ayant bien existé et aidé à la déportation de juifs français. 
O Wiervorka explique  que la lutte entre chaque groupe, selon son vécu de la guerre "enflamme les passions, divisent l'opinion, oblige l’État à intervenir" .


Dans tous les mythes existe une part d'ombre, ce que l'on ne doit pas énoncer et donc passer sous silence : un tabou qui souvent perdure. L'historien Marc Ferro cite volontiers cet exemple : contrairement à ce que l'on pense, les français se sont bien battus en mai-juin 1940, plus de 100.000 ont été tués, autant chez les allemands. Pourquoi ne parle t-on pas d'un combat héroïque ? Pétain ne peut dire que l'armée issue du Front populaire s'est bien battue, De Gaulle n'aime pas les vaincus de 1940. Bilan, on en parle pas. Dans d'autres cas, il peut être difficile de mesure l'impact réel de faits historiques, c'est le cas du rôle de la résistance française en 1944, pour certains c'est un rôle mineur, voire folklorique, pour d'autres, la résistance a été efficace : impossible de se mettre d'accord !


  • Les publications d historiens


    Les historiens apportent chacun  à leur manière et en fonction de leurs objectifs,  un intérêt plus ou moins important au débarquement dans l'histoire de la seconde guerre mondiale : en fait le poids du débarquement se révèle souvent faible 1 à 2% des pages des ouvrages, donc, à leurs yeux,  le débarquement ne représente pas l’élément majeur de cette guerre. C'est également le cas dans les ouvrages scolaires où le débarquement est seulement évoqué en une seule phrase.

    Dans les ouvrages consacrés au D-Day  ou Jour J, les historiens consacrent relativement peu de pages  (4 à 17%) au débarquement en lui même, ils s'attardent davantage aux préparatifs et  à  toute la bataille en Normandie. Quand il s'agit d'évoquer les plages de débarquement, seul A Beevor met le poids sur Omaha (1/3), les autres historiens  ne donnent pas à  cette plage un relief particulier puisqu'ils n'y consacrent que 16 à 21% de leurs pages. Par contre, Jean Quellien, historien normand, insiste  sur la Pointe du Hoc.
    (voir en complément l'article "le coeur du mythe")

    La mythification du débarquement et d'Omaha n'est donc pas l’œuvre des historiens ! au contraire. Olivier Wievorka est pessimiste,  à ses yeux, le mythe empêche les historiens de faire connaître toute la complexité de cet évènement, en effet le cinéma, les musées qui biaisent la réalité ont une trop grande influence en forgeant des représentations qui nuisent à l'histoire réelle.


  • Le débarquement dans la deuxième  guerre  mondiale : quel impact ? 
Le débarquement est considéré comme un évènement majeur, mais pour quelles raisons ? Ce débarquement, même s'il est gigantesque,  n'est pas unique, de plus d'autres suivront ; c'est une bataille de courte durée qui ne fait pas partie des plus meurtrières ; les bombardements sont à oublier ;  pas de bataille de chars,  ni bataille navale, ni bataille aérienne ; très peu de prisonniers ; même si le résultat est une réussite, il demeure assez loin des objectifs ; les forces engagées ne sont pas exceptionnelles (Barbarossa avec 4 M d'allemands face à 3M de russes (?), Koursk avec 2 M de russes face à 1 M d'allemands, Débarquement du 6/6/44 voit 133.000  alliés débarquer  face à 30 à 50.000 allemands,  Bataille de Normandie : 1 M d'alliés (11/06) puis 2 M (21/08) face à 400.000 allemands).

Ce débarquement doit sa renommée  à son ampleur :  la plus grande opération amphibie et aéroportée de toute l’Histoire qui réunit diverses armées avec un potentiel militaire exceptionnel, sans oublier l'impact de l'opération Fortitude ... c'est un fait militaire très spécifique, original, unique et donc  incomparable, devenu mythe, mais cela en fait-il  l'évènement majeur, le tournant ? 



 Quels sont les moments clés de la deuxième guerre mondiale ?


Traditionnellement, on attribue au débarquement un rôle fondamental de "tournant décisif pour la victoire" mais ... tout comme pour la bataille de "Stalingrad" (Juillet 42-Février 1943).  Mais chacun a son idée... Ainsi Churchill à propos de la victoire de Montgomery à la seconde bataille d'El Alamein:

Il faudrait aussi tenir compte du   Pacifique, ainsi Midway qui se déroule le 3 Juin 1942 met un terme à l'avancée japonaise dans le Pacifique (encore un tournant...pour...?) confirmée par Guadalcanal (Février 1943) qui marque la reconquête offensive américaine dans le Pacifique. Dés fin 1942, l'attaché militaire allemand à Tokyo ne croit plus en une victoire possible. Et, pour le Pacifique, des historiens (C Weinberg) pensent que c'est l'occupation de Madagascar par les alliés en 1942 qui, en régnant sur l'Océan Indien, scelle le destin du Reich et du Japon en les empêchant définitivement de faire une jonction. 
Pour le front Est, s'il existe un tournantreconnu, Stalingrad, en fait c'est avant tout un tournant psychologique, car le tournant (basculement) définitif est représenté par la bataille de Koursk, dernière grande offensive nazie à l'est.



Pour l'Afrique, en 1942, les défaites des germano-italiens à Al Alamein couplée au débarquement américain au Maroc et en Algérie (Novembre 1942) suivi en mai 1943 de la capitulation des allemands à Tunis représentent aussi un "tournant" avec la maîtrise de la Méditerannée qui permet de faire le pont vers l'Italie et multiplie les fronts.

Pour l'Europe, d'autres historiens pensent que la défaite des U-Boote ("Black may" 1943) a une importance stratégique majeure pour la bataille de l'Atlantique puisque désormais rien ne peut empêcher un débarquement naval.

Par ailleurs, est-ce qu'une bataille gagnée brillamment (victoires allemandes en France, à Minsk, Kiev) fait la décision, et à l 'inverse, une défaite (Pearl Harbor). Non, isolée du contexte, une bataille n'est rien.
De plus les "tournants" ne sont pas toujours associés à des "batailles", ils peuvent être aussi des décisions qui orientent la guerre vers de nouveaux horizons imprévus, pour l'ennemi :
-en 1940 : Churchill ne dépose pas les armes et Roosevelt le soutient
-1941: Barbarossa surprend mais échoue aux portes de Moscou
-Pearl Harbor fait rentrer activement les USA dans la guerre mais avec cet objectif  imprévu: "Germany first"
-La conférence de Téhéran du 1°décembre 1943 qui scelle un accord militaire et politique "Est-Ouest"


En conclusion, quel rôle attribuer à ce débarquement ? Une réponse difficile à fournir...Tout dépend du contexte de la question et des conséquences que l'on veut en tirer. Si l'on globalise sur l'ensemble des fronts, le débarquement n'a fait qu'accélérer la chute de l'Allemagne nazie qui, en juin 44, a déjà perdu la guerre face à l'avancée irrésistible des forces soviétiques à l'Est, mais va permettre d'apporter rapidement  démocratie et  liberté sur l'Europe de l'ouest, ce qui est loin d'être négligeable !



  • Aux Etat Unis, un D-Day adoré, sacré, mythifié.
National D-Day Memorial  Virginie


Voici quelques explications, certaines reprises de l'historien BM Gordon qui expliquent pourquoi les américains adorent et mythifient le D-Day.

-D'abord, un débarquement réussi, du moins par rapport à tous les autres (Afrique du Nord, Sicile, Salerne, Anzio, Pacifique...) avec un engagement américain très efficace (plus que les anglais ...)

-Le plus grand débarquement de l'histoire avec une opération maritime de très vaste ampleur (156.000 hommes débarquent le jour J) qui atteindra 2 millions de soldats impliqués dans la bataille de Normandie, avec une mobilisation économique importante pour la production d'armes, en utilisant une technologie novatrice dans plusieurs domaines (armes, santé...) ce qui a nécessité un effort de guerre considérable qui a partout mobilisé toutes les populations, y compris des femmes. Aussi, ce débarquement est-il l'affaire de tous, d'un peuple entier fier de sa réussite.

-Un débarquement avec des risques réels malgré la supériorité alliée, en effet tous les débarquement précédents ont montré la difficulté de le réussir, que ce soit dans le débarquement lui même face aux contraintes naturelles, dans l'implantation d'une tête de pont solide, dans la difficulté de repousser les contre attaques et gagner en profondeur avant l'arrivée des blindés. En face, le mur de l'atlantique est une difficulté à affronter d'autant que l'on connaît la pugnacité des soldats allemands. Il faudra cette fois réussir à bien coordonner cette opération complexe qui associe marine, aviation, infanterie. L'inquiétude est réelle.

-Une stratégie exceptionnelle est mise en place. Elle fascine, en particulier le génie de l'opération Fortitude, une grande réussite, l'organisation et la planification des phases de débarquement, la logistique implacable d'approvisionnement indispensable à la réussite. L'idée (ratée) de créer deux ports artificiels se révèle un exploit technologique même si l'inefficacité fut réelle.


-Une décision et une victoire américaines : Les américains ont "gagné" la guerre grâce à ce débarquement en Normandie qu'ils ont toujours voulu et qu'ils ont imposé à Churchill. Roosevelt a toujours clairement annoncé qu'il voulait avant tout combattre l'Allemagne nazie "Germany first" et contenir le Japon malgré l'attaque sur Pearl Harbor. Il faut donc frapper l'adversaire là ou il est le plus fort, donc attaquer l'Allemagne avec un débarquement conséquent, donc faire l'opposé de ce que préconise Churchill: une guerre d'usure.

-Une guerre avec des héros que tout le monde connaît : Roosevelt, Churchill, Eisenhower, Patton, Cotta, Montgommery, De Gaulle, mais aussi Hitler, Rommel.... sans oublier les héros du jour J avec leur "medal of honor"

-Une guerre avec des rebondissements et beaucoup de  tragédies, les ratés de l'aviation et de la marine le matin du 6 juin, l'interminable guerre des haies dans le bocage qui traumatisent les soldats, l'impossible conquête de Caen par les anglais, la percée de Patton à Avranches, les "dégâts collatéraux" dans les villes normandes...et continuellement des allemands qui se battent et ne reculent que in extremis!

-Le D-Day est une très bonne histoire très morale avec les bons (alliés) et les méchants (nazis) "the good war" avec  un "happy end" alors que toutes les autres guerres menées sont plus ambiguës, avec une ligne floue entre le bien et le mal (Guerre du Viet Nam, du Golfe...). De plus, toutes les interventions militaires américaines, et elles sont très nombreuses, ont été contestables (Indonésie, Guatémala, Cuba, Liban, Chili, Nicaragua...). Il faut noter que le sentiment de mener une guerre juste a été renforcé et accru après l'impact de la Shoah sur les esprits.

-Une guerre avec beaucoup de pertes humaines : 215.000 soldats alliés tués ou blessés lors du débarquement et de la bataille de Normandie (beaucoup moins que du côté russe) mais avec de réelles tragédies : pertes de 60% dans les premières vagues à Omaha, Cie A du 116°Rgt (Bedford) avec 90% de pertes. E pourtant les pertes le soir du Jour J sont limitées à 3% des effectifs alors qu'était prévu 7% (sauf à Omaha) ... et donc aujourd'hui un émouvant cimetière mémorial à Colleville avec 9386 tombes.

-Une guerre qui libère un "grand pays ami" la France, que les américains admirent et respectent, pays des Lumières, de La Fayette, pays de la culture, pays de la gastronomie... Aucun autre pays libéré aurait connu le même impact sur le peuple américain

-Une guerre que la France n'oublie pas avec son tourisme de mémoire, mis en place très tôt (R Triboulet), qui attire beaucoup de familles américaines qui apprécient tous ces lieux de souvenirs, tous ces musées, cet accueil lors des commémorations. Une exploitation touristique digne du business américain !

-Une histoire dignement commémorée qui permet aux présidents américains de mettre en valeur la puissance militaire de leur pays, de rappeler l'héroïsme des soldats, présenter le président comme un chef de guerre avec une couverture médiatique remarquable, un atout à la veille d'élections que Reagan, en premier, a su exploiter. En effet, avant les commémorations étaient sobres, militaires et reflétaient avant l'état des relations internationales (Guerre froide, arrivée de De Gaulle...) d'ailleurs Eisenhower n'a jamais assisté à une commémoration, il faut dire qu'il n'en avait pas besoin pour redorer son image.

-Un D-Day immortalisé et glorifié au cinéma dans une des plus grandes superproductions d'Hollywood avec une pléthore de célébrités (John Wayne, Sean Connery...) et tous les mythes possibles désormais indéboulonnables : Clocher de Sainte Mère, Pégasus Bridge, Casino de Ouistreham malgré de trop nombreuses erreurs historiques, des oublis (Juno, Churchill, De Gaulle...), des surestimations (Luftwaffe), un manque d'authenticité et de réalisme de la plupart des scènes qui veulent démontrer avant l'héroïsme et le courage des GI's, et surtout : Qui est le vrai vainqueur !



  • Chacun y porte un intérêt personnalisé !
    • La France 

Ce débarquement grandit le rôle de la France, terre de liberté qui voit arriver ... les libérateurs. Même si De Gaulle a minimisé son impact, oublié les heures sombres au profit de la résistance, mis en avant les rares français ayant participé (Commando Kieffer, Jean Moulin...) pour effacer le pétainisme, la France a su exploiter ce moment historique grâce aux initiatives de  Raymond Triboulet. Désormais la France se met en avant et montre sa  capacité d'organiser d'immenses cérémonies internationales auxquelles participent tous les grands chefs d'Etat, y compris désormais la Russie et l'Allemagne. Elle récupère ainsi  un tourisme de mémoire particulièrement mis en valeur car il est rentable, la France étant championne du monde pour le tourisme.


    • Omaha & les communes
Le débarquement est une chance pour un région sinistrée au niveau de l'emploi, certes le tourisme a toujours existé, autrefois cette plage appelée "Les sables d'or" attirait déjà, il existait même une voie ferrée avec une gare à Saint Laurent. Le cadre est exceptionnel :  une belle plage de sable fin sur  6 km, encore un peu sauvage  avec peu d'habitat, une multitude de souvenirs (musées, plaques, statue...) et deux sites extraordinaires aux deux extrémités, la pointe du Hoc et le cimetière de Colleville. Un site idéal pour les visiteurs pour comprendre le drame du 6 juin. Les éléments sont bien présents pour une mythification relayée par un tourisme de mémoire qui  se développe d'ailleurs un peu trop vite. Les communes sont encombrés de visiteurs  et n'ont pas les espaces dédiés pour les accueillir. On ne sait plus comment garer les bus, les véhicules, les camping car qui posent beaucoup de problème d'accueil (sécurité, ordures...) sans rien apporter au budget des  communes qui voient leurs routes et parking dégradés. Bien souvent le touriste descend du bus,  fait quelques photos des Braves, ramasse un peu de sable et repart vers d'autres lieux...
    • Autres lieux 
La perception du débarquement est très variable selon les lieux. Déjà en France, pour certaines villes normandes,  le débarquement est synonyme de destructions et de morts, dans certaines familles touchées par ces tragédies le débarquement n'est pas un souvenir agréable même si aujourd'hui le temps a passé. 
Dans le sud de la France, on est loin des plages de débarquement:  sur la côte d'azur, on se souvient davantage du débarquement en Provence, dans les Alpes on n'oublie pas les maquis du Vercors, dans le Pyrénées Orientales on est davantage marqué par la  "retirada" et par l'arrivée des "pieds noirs"... Chacun son Histoire.

En Russie, dans la rue,  on ne connaît  même pas  l'existence d'un débarquement en France, quelques réponses : "Le débarquement en Normandie? Je n'ai jamais entendu parler de ça"..."C'est l'URSS qui seule a vaincu le fascisme" ..."Le D-Day, on n'a pas trop de souvenirs de ces événements. J'ai effectivement entendu dire que les Américains nous ont aidé durant cette guerre, mais ça n'a pas dû jouer un grand rôle, car au final c'est l'URSS qui a gagné".
"La rhétorique antiaméricaine continue à influencer notre vision de l'histoire, et nos représentations en restent à l'époque de Staline et Brejnev".
Difficile  pour nous d'évaluer justement le ressenti des russes.

Pour la moitié des anglais, c'est bien le Royaume Uni qui a permis la victoire,  inutile de demander aux américains, on connaît leur réponse !

Les anglais possèdent relativement peu de monuments

  • La population aime l'histoire, chacun à sa manière...
Depuis quelques années, il existe un  renouveau de l'intérêt du grand public pour l'histoire, ce que  présente A Beevor :
"Dans le passé, l'Histoire a toujours été écrite de manière collective : c'était celle d'un pays, d'une région, d'une population, d'une industrie, etc. Il a fallu attendre les années 1990 pour que s'opère un grand changement, avec la désintégration des loyautés collectives. De façon dramatique, l'attachement à une nation, à une idéologie, à un syndicat, à un régiment, tout cela a volé en éclats face à l'émergence de l'individu. Résultat, le public s'est subitement intéressé à une autre vision de l'Histoire, plus centrée sur le sort des hommes que sur les parties d'échecs des généraux. La Seconde Guerre mondiale, qui avait cessé d'intéresser le grand public, est ainsi revenue au goût du jour. Ajoutons à cela que, dans nos sociétés caractérisées par le bien-être et la sécurité, l'idée même d'une guerre est si loin des expériences vécues qu'elle en devient un sujet de questionnement personnel, surtout pour des générations complètement coupées de la chose militaire." 

Mais qu'attendent ces amateurs d 'histoire? Tout dépend de leur vécu, de leur culture, de là, des perceptions bien différentes. 


Pour quelques uns,  la volonté de revivre in situ les exploits du cinéma comme au musée de Sainte Mère, de participer à des festivités en allant au banquet, en écoutant de la musique, en dansant et en faisant une "course de la liberté"...en fait, l'histoire est prétexte  à la détente et aux loisirs.


D'autres viennent  avec de véritables convictions et beaucoup d'émotion :
-pour saluer le courage et le sacrifice des Gi's: "des hommes courageux et méritants et qui nous ont libérés d'un fléau." "Les soldats savaient ce qui les attendaient, et pourtant ils y sont allés"" Beaucoup ont fait le don de leur vie pour nous libérer d'un tyran" «sans eux, nous ne serions pas là». «C'est la preuve que la liberté n'a pas de patrie» "respect total pour tous ces soldats morts pour sauver un pays qui n'était pas le leur"

- pour faire un "devoir de mémoire" sans oublier personne : "Nous avons un devoir de mémoire, car tous ces sacrifices seraient vains s'ils ne servaient pas à construire l'avenir" "une pensée pour tous les civils français qui ont perdu la vie le 6 juin 1944" "ne pas oublier tous les résistants qui ont combattu dans l'ombre"

- pour rappeler la démocratie : "retrouver la liberté". "jour où l'on a posé la première pierre de la paix en Europe" "le jour J pour la future Europe" "Toute l'histoire de la communauté européenne a commencé ici"
(source de ces témoignages)


Enfin, certains écument les musées, associent visites culturelles et repos balnéaire (avec lectures), mais il  ne faut pas les décevoir, ni les tromper et revenir aux fondamentaux de l'Histoire, sans rien oublier.

Pertes américaines : un calcul longtemps impossible

Les chiffres publiés varient énormément, les chiffres des pertes  vont  de 2000 hommes  à 4700 hommes !  Comment expliquer de telles différences ? Sur  quels chiffres aujourd'hui peut-on se baser ?

A priori, il semble donc  très difficile de pouvoir affirmer avec certitude une donnée fiable de pertes. Souvent de mêmes chiffres se répètent d'un auteur  à l'autre (2500 et 3000) et jamais les sources précises  ne sont indiquées.  Dans le passé, aucune étude approfondie  n'avait été réalisée, la référence semble être les chiffres édités en 1945 par "le Service d'information et d'Histoire attaché  à la première armée, basé sur des rapports d'unités, des archives, des interviews et documents disponibles"  qui donne le chiffre  de  pertes de 3000 hommes, chiffre repris le plus souvent.
En 2004 lorsque  l'historien américain J Balkoski publie aux USA son ouvrage (en 2014 en France) il donne, pour la première fois depuis 1945,  des chiffres très précis issus de longs et minutieux travaux de recherche sur Omaha. Pour lui, tous les chiffres donnés jusqu'à présent sont très en dessous de la vérité ! Il estime les pertes de 4735 h sur 35000 personnes ayant débarqué soit 13 % (jusqu'à 40 % pour certaines compagnie ex Cie A/116th) dont 2000 morts ou disparus.
 Il semble qu'aujourd'hui ses recherches fassent référence mais ne sont pas encore généralisées.


  • Les difficultés
L'armée raisonne en notion de pertes qui globalisent blessés, disparus et morts. Pour Omaha, à priori, il ne semble pas  y avoir de difficultés : on connaît parfaitement la liste des participants et leur nombre exact,  l'espace concerné est parfaitement délimité,  le temps aussi:  une seule journée. Les pertes concernent  essentiellement des "militaires" de l'infanterie  et de la Navy. A priori, il n'existe donc pas de problèmes adjacents qui pourraient justifier  des imprécisions, comme cela arrive souvent dans les conflits.
Les  données initiales viennent des premiers rapports qui ont exagéré les pertes, tel  un rapport du 8 juin présenté au général Gerow qui indique  que le 116 Th infantery dela 29 DI avait perdu 49 officiers et 2733 hommes, soit 90% de l'effectif ! chiffres irréalistes. Le service historique des armées indique en novembre  1944 qu'il  est impossible de rendre un calcul car  les rapports des unités ont été fragmentaires,  incomplets et imprécis, en effet certains rapports sont  journaliers, d'autres hebdomadaires, d'autres mensuels, quelques uns absents. Ensuite les chiffres évoquent des "pertes" dans lesquelles les "disparus" sont nombreux ce qui s'explique par la dispersion des compagnies et bataillons à l'arrivée sur la plage d'Omaha en raison du désordre qui y régnait ; certaines compagnies ne sont reconstituées que plusieurs jours après le 6 juin. Parmi les "disparus" figurent aussi les morts dont on  a pas retrouvé le corps et, de plus, de nombreux corps n'ont pu être identifiés, ainsi le "Mur des disparus" du cimetière de Colleville  porte le nom de 1 557 soldats ( provenant de tous les combats)
Le bilan de la journée du 6 juin sur Omaha est donc particulièrement difficile à dresser. Les premiers chiffres des services historiques ont "réexaminé les rapports"  et donnent :
-pour le 116th (Colonel Canham, 15 juin 44) : sur 3100 h, évaluation des des pertes à  900 h minimum
-en sept 45, le  Lt Taylor du service historique des armées, évalue les pertes à 3000 h dont 1000h pour le 16th et 1000 h pour le  116th (chiffres de "Omaha Beached")
-en oct 1950, G Harrison, auteur historique officiel, fait une évaluation basse à 2000 h en estimant que c'est "imprécis" et que "il est peu probable qu'un bilan précis soit jamais publié"


  • Les chiffres des publications des historiens 
Le plus souvent les historiens ont repris tout simplement  les pertes évoquées après guerre, soit  2500 à 3000 hommes dont 1000 à 1200 tués. (15 fois plus qu' à Utah avec 200 h en perte ) soit 8 % alors que les prévisions sont à 12,5%, aussi trouve-t-on, d'un point de vue "militaire" ces pertes "raisonnables".
La lecture des ouvrages consacrés à Omaha ou au débarquement présente des chiffres très variables  de  2000 hommes à 3881, soit d' un ordre de grandeur soit d'un chiffre très   précis. Personne  ne donne de sources historiques pour son évaluation, y compris les historiens. Curieusement, cette imprécision ne gêne personne.

Qu'indiquent exactement les  ouvrages récents  d'historiens ? (hors J Balkoski)
-Infographie de la 2° GM (Perrin 2018)  : 3686 h  soit 10,76% (Sources imprécises d'ouvrages américains  de 2000 et 2001 ainsi qu'O Wiervorka)

-Beevor D Day et la bataille de Normandie : indique dans son texte des pertes de "plus de 2000 hommes...mais imprécis".  A noter que c'est le chiffre le plus faible énoncé. Dans une note, l'auteur cite  Harrison  qui indique 1465 morts  mais lorsqu'il détaille,  le total fait 1704 morts ( "1190 pour la 1°DI, 73 pour la 29°DI et 441 pour les hommes du corps"). Il  évoque le choc de la première vague en citant la Cie A du 11°RI "100 hommes sur 205 avaient été tués". Dans une autre note de fin de chapitre, il indique : "Le général Bradley donna le chiffre de  4649 pertes américaines  pour le débarquement (Utah et Omaha)"
Il semble  donc que le comptage, du moins une évaluation, ne soit  pas un point fort chez cet historien célèbre.

- Jean Quellien, universitaire  caennais;  a réalisé de nombreuses publications. Son premier ouvrage en 1992  indique "2500 h" mais ensuite il ré-évalue les chiffres, dans le  "Le jour J" en 2015,  un tableau indique "des pertes de 4100h" et précise que  le "National DDay foundation" évoque  2499 morts américains le 6 juin (Utah et Omaha).

-Olivier Wiervorka reprend le chiffre classique de "3000 hommes" soit 8,8% de pertes et indique une source précise "Libération du N-O de l'Europe 1944-1945" qui semblent être les chiffres du service d'information militaire de 1945. et évoque  pour Utah "un heureux contraste avec Bloody Omaha"


  • Omaha face aux autres plages du débarquement


Les 18 heures de bataille d'Omaha ont été les plus coûteuses pour l'armée américaine  toutefois  les pertes restent dans l'évaluation prévue. La comparaison avec les autres plages justifient le surnom d' Omaha la sanglante (Bloody Omaha)  qui viendrait plutôt des très lourdes pertes  pour les premières vagues et le génie.
On affirme également, mais sans sources précises, qu' ¼ des pertes  seraient consécutives  à une noyade et que le Génie aurait eu  40 % de pertes.



  • Dernières approches d'historiens

-L'approche quantitative et statistique d'Antonin Deshays (Combattre et mourir en Normandie. Ed Orep  2016)
Dans son ouvrage l'auteur fait une analyse globale des pertes américaines pendant la bataille de Normandie et s'interroge  : "Qui meurt ? Quand ? Comment?"
La mort ne différencie pas  les hommes, tous sont vulnérables, seule leur exposition au feu est déterminante, mais qu'en est-il selon le grade, ou la branche (terre, air, mer).
L'infanterie génère le plus de perte (de tout temps) ainsi au cimetière de Colleville elle représente 87% des morts (8% air, 5% marine)
Parmi les officiers, ce sont les "lieutenants" qui ont le plus de pertes, en effet, ils devaient  mener les hommes au combat et étaient très exposés. Certains moment étaient très mortifères, lors  des 3 premiers mois 6 juin au 21 août 1944), en moyenne 373 GI's sont tués chaque jour soit 15/heure ( en Sicile 58/jour). Le  6 juin est la pire journée  pour les soldats américains avec 4,7% de tués (2519), ensuite les chiffres oscillent de 58 à 668, avec des pertes  importantes  (plus de 400) du 7 au 19 juin,  du 11 au 16 juillet (Bocage) puis du 26 juillet au 2 Août  (Cobra) et enfin du 7 au 13 Août (Contrre attaque allemande Mortain). A noter que les "remplaçants" ceux qui viennent compenser les pertes subies sont très exposés car ce sont  des soldats inexpérimentés qui ont leur baptême du feu dans des conditions  difficiles.
Les causes des pertes sont mal connues, d'après les  équipes chirurgicales,  d'abord  l'artillerie blesse le plus avec  les éclats d'obus (55%) puis les blessures par balles (38%). Les canons allemands de 88mm et le fusil Mauser furent les principaux responsables ainsi  que les tireurs allemands isolés et embusqués.
Globalement, les premiers à tomber furent les jeunes recrues inexpérimentées de l'infanterie, ainsi que  les lieutenants.



-Les chiffres  de J Balkoski : enfin une étude fiable
La dernière étude sérieuse de l'historien américain J Balkoski publié en 2004 aux USA et en 2014 en France donne des chiffres très précis issus de longs et minutieux travaux de recherche sur Omaha :
Pour lui, les chiffres donnés jusqu'à présent sont très en dessous de la vérité ! Il estime les pertes de 4735 h sur 35000 personnes ayant débarqué soit 13 % (jusqu'à 40 % pour certaines compagnie ex Cie A/116th) dont une estimation de  2000 morts ou disparus.
Il estime qu'il faut multiplier par 3 ces chiffres pour les premières unités débarquées comme  la Cie A du 116th

Ce tableau de synthèse résume le travail de J Balkoski.





"Estimation" J Balkoski n' a pas obtenu le détail (morts/blessés/disparus) dans certains cas (compagnies ou régiments..., aussi, ici, un calcul relatif proportionnel a été réalisé afin d'estimer morts, blessés et disparus afin d'obtenir un total cohérent. Bien entendu, ce n'est qu'une estimation, mais le total en gras est un chiffre de l'auteur.