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Antonin Dehays

Antonin Dehays
Docteur en histoire contemporaine (Caen) il consacre ses recherches au débarquement. Il a soutenu sa thèse en 2015, cet ouvrage en est la synthèse

Il est chercheur indépendant aux USA




Combattre et mourir en Normandie 
Les GI's et l'expérience au feu 
De la mort à la mémoire  Normandie 1944
Orep. 500 pages 
 




Présentation éditeur

Qui n'a jamais tenté de se glisser dans la tête des GI's plongés dans l'enfer de la bataille de Normandie au cours de l'été 1944 ? Pour la première fois, un ouvrage  issu d'une thèse de doctorat  met enfin en lumière les attitudes au feu des combattants de l'armée américaine, sujet trop souvent délaissé par le passé au profit d'une histoire purement militaire. Sont traités dans ces pages le combat, celui vécu au ras du sol, ainsi que la violence de guerre dans toute son horreur et sa complexité. Avec un regard neuf et singulier, cet opus revient sur le sort des quelque 33 463 soldats, marins, garde-côtes et aviateurs américains qui ont péri sur les plages et dans les vergers normands. Il s'attarde notamment sur les mille et une façons de mourir sur le champ de bataille et sur la création des cimetières militaires provisoires qui ont laissé place ensuite à deux nécropoles nationales américaines implantées en Normandie.

Dans l'ère des commémorations, les victimes de l'armée américaine ont été  et demeurent  les sujets d'un culte et d'un hommage collectif inconditionnel à leur égard. Mais force est de constater que ces morts pas comme les autres ont fait l'objet d'une instrumentalisation dont les contours sont ici minutieusement analysés.


Compléments


https://actu.fr/normandie/lisieux_14366/combatt5re-et-mourir-en-normandie-le-vrai-devoir-de-memoire-dantonin-dehays_2139800.html

http://www.theses.fr/2015CAEN1015

Cacher les morts ?

Les pertes sont nombreuses, surtout à Omaha mais aussi ensuite lors de la bataille de Normandie. Les familles redoutent de recevoir ce télégramme : 

Comment les États Unis vont-ils prendre en charge les corps des soldats? Comment s'organisent les sépultures ? 


L'organisation américaine


Les sépultures militaires de soldats sont très récentes, autrefois elles étaient réservées aux chefs et héros. Les premières sépultures de simples soldats (souvent des ossuaires) ont débuté avec la Guerre du Mexique (1847/50) et la guerre de sécession (1861) aux USA. Pour la France avec la guerre de Crimée (1856) et avec la guerre de 1870, c'est ainsi que se généralise la tombe individuelle pour les soldats.
Divers organismes sont donccréés :
-pour gérer les cimetières :"Americain Battle Monuments Commission" ABMC (1923) qui entretient les 24 cimetières américains (dont 11 en France) soit 8 pour la première guerre mondiale et 14 pour la seconde guerre mondiale , s'ajoutent deux autres (Mexique Corozal)
-pour gérer l'enregistrement des morts au combat et leurs sépultures. En 1917 : création d'un 3Service d'enregistrement des sépultures" qui devient en 1943 l' AGRS "American Graves Registration Service" dont le rôle en temps de guerre est la collecte, l'identification, l'enterrement des soldats.


L'armée doit s'organiser en prévision des morts. En 1944, l'unité de base est la compagnie de 137 hommes avec 13 camions et 10 remorques, attachée aux divisions (1 compagnie par corps d'armée). Elle comprend 6 officiers et 12 médecins (identification et cause de la mort) et 119 hommes (structurés en peloton et section) avec des spécialités : messes, administratif, corps piégés... ll faudra aussi faire appel aux civils et prisonniers. En 1944, très vite, par insuffisance d'hommes, on passe à une compagnie de 160 hommes. En fin de guerre, l'effectif est de 22792 hommes dont 3189 militaires et 19603 civils avec 5895 véhicules.


Comment identifier les corps ?

Tous les individus morts (même allemands) sont pris en charge. Les unités de combats évacuent leurs morts vers un point de collecte en attente de la prise en charge par l' AGRS (du 6 au 9 juin). Ainsi à Omaha, le 18° Rgt de la 1° DI comprend 18 hommes chargés de collecter les morts (5 par bataillon de 700 à 800 hommes).
Ils se font vite aider par les prisonniers et les civils pour collecter les corps et effets personnels. Les effets personnels des allemands peuvent être donnés à des français, par contre tous les effets personnels des GI's morts sont envoyés dans des dépôts pour être nettoyés et désinfectés, d'abord une fromagerie à Isigny avec 350000 paquets... puis comme le bâtiment se révèle vite trop petit, on les envoie ensuite à Cherbourg puis enfin à Paris. Tous ces effets sont inventoriés, classés avec la possibilité d'une récupération par la famille.

L'identification des corps est facilitée grâce aux plaques de matricule nommées "DOG TAG" ( 2 portées en permanence) avec gravés : Nom, N° matricule, religion, groupe sanguin, (et après mars 44, nom d'un proche à prévenir ) si les deux dog tags sont récupérés l'un va avec les effets personnels, l'autre reste sur soldat.
En cas d'absence de Dog tag, on fait une recherche des objets personnels qui sont photographiés (en principe les soldats devaient y inscrire leur nom et matricule...) et dans le matériel proche du corps (char...) ensuite on recherche des témoignages...Les inconnus sont appelés UNKNOWN X-1 ... X-2
Un rapport d'enterrement est réalisé, parfois avec empreintes digitales et dentaires mis dans une capsule d'identification (bocal/tube verre de 2,5 cm de D et 20 cm de long) enterré avec corps à 30 cm du sol


L'urgence des cimetières provisoires


A l'origine l'Etat major avait prévu la construction de deux cimetières provisoires sur la tête de pont prévue, en limite de l'espace qui aurait du être libéré le soir du 6 juin,  à Sainte Honorine et Criqueville, donc des sites  à l'écart mais non disponibles après le débarquement, or les morts sont nombreux (2000 d'après les recherches de J Balkoski)

A partir du 7 juin les services spécialisés ("606° QM Graves Registration Unit") ont commencé à rassembler des centaines de corps. Les hommes des "Beach group" chargés de ramasser les cadavres se trouvent vite confrontés à plusieurs difficultés : l'abondance de corps sur la plage et sur la tête de pont ; la difficulté de travailler sous les tirs ennemis ; le manque d'hommes pour ce travail car les "engineers" sont très occupés à ouvrir les sorties de plage et à déminer le secteur.

Aussi le soir du 6 juin, en urgence, sur Easy Red (Ruquet), le génie (299° bataillon) reçoit l' ordre de nettoyer la plage des corps et creuse avec un bull une tranchée et y entasse les corps « comme du bois empilé » recouverts de sable. C'est une fosse commune temporaire créée par urgence ! |
[=> en fait, un seul témoin évoque cette fosse commune provisoire, donc absence de sources officielles pour cette version]

Le lendemain 7 juin, un premier cimetière provisoire fut créé, au pied de la falaise entre Vierville et St Laurent (Dog White), en principe ces cimetières provisoires situés dans une zone de combat doivent être discrets et établi selon un plan standard fourni (alignement, rangées, espaces...). On doit utiliser des couvertures pour les premiers enterrements, si on en manque, on utilise des parachutes. Avec l' arrivée de renforts, des sacs spéciaux sont utilisés, puis arrivent les cercueils : il a fallu déterrer les corps pour les mettre dans ces cercueils.

Le 3°peloton de la 6 compagnie de la 6° brigade du génie crée des tranchées pour ce cimetière provisoire qui représente 1° cimetière organisé par AGRS. Ensuite des prisonniers de guerre et des soldats noirs américains se mettent au travail pour créer des tombes, des cérémonies s'y déroulent. Aujourd'hui, une stèle indique la localisation de ce cimetière provisoire sur la route côtière entre Vierville et St Laurent.


Le 10 juin, on ferme ce cimetière nommé (à tort) "Cimetière américain  2 ou Saint Laurent 2" qui comprend 458 soldats américains et quelques allemands et anglais, le lendemain 
dimanche 11 juin une messe y est célébrée. 




Cette fermeture s'explique par les problèmes rencontrés (odeurs, présence de mouches) et aussi cette désastreuse vue sur un cimetière  pour les nouveaux soldats qui débarquent, aussi, est-il décidé de créer un nouveau site sur le plateau à l'est de E1 Ruquet (en fait, il jouxte à l 'Ouest le site actuel et  on y accède par le Ruquet).

La construction du cimetière (provisoire) N° 1 sur la falaise entre Le Ruquet et Colleville, se fait progressivement  en 3 mois. C'est un cimetière simple où les morts  sont enterrés en ligne ; une croix indique le nom du soldat et la date de sa mort. Progressivement il se remplit.
-Le  15 Juin : 775 corps alliés et  200 allemands
-Les 458 corps du cimetière de  Saint Laurent 2 sont transférés sur le nouveau cimetière (fin le 20 juin ou 12 juillet selon les sources). Le terrain retrouve  son aspect "normal" par la suite. 

-Le 26 juin : il comprend 2164 corps,  1510 américains, 48 alliés et 606 allemands y sont enterrés. Les travaux sont réalisés, en partie, par des prisonniers de guerre venant du camp établi au Ruquet.
-mi-juillet: 3797 soldats y sont enterrés.

Les enterrements sont ensuite clos. Plus tard un cimetière définitif sera créé.
(voir détails)

Les américains, pourtant bien organisés ont été débordés après le 6  juin pour enterrer leurs morts. Ils ne pouvaient décemment laisser un cimetière  à la vue des GI'S qui débarquent en flots continus sur Omaha. Ils ont rapidement réagi pour inhumer dignement leurs morts.
Il faut noter le grand respect des corps  lors de l'établissement du cimetière provisoire, chaque inhumation est précédée de rites classiques d'enterrement d'un militaire avec une cérémonie solennelle, ce qui sera répété  pour le cimetière définitif.
Aujourd'hui le cimetière américain de Colleville est devenu un des sites les plus visités de Normandie. Voir le dossier consacré aux "sites mythiques"

Sources
http://6juin.omaha.free.fr/10cim/111_histoire.php

Ouvrages de référence
C Lebastard "Le cimetière américain de Colleville" (Orep)

A Deshays "Combattre et mourir en Normandie" (Orep)

Pertes américaines : un calcul longtemps impossible

Les chiffres publiés varient énormément, les chiffres des pertes  vont  de 2000 hommes  à 4700 hommes !  Comment expliquer de telles différences ? Sur  quels chiffres aujourd'hui peut-on se baser ?

A priori, il semble donc  très difficile de pouvoir affirmer avec certitude une donnée fiable de pertes. Souvent de mêmes chiffres se répètent d'un auteur  à l'autre (2500 et 3000) et jamais les sources précises  ne sont indiquées.  Dans le passé, aucune étude approfondie  n'avait été réalisée, la référence semble être les chiffres édités en 1945 par "le Service d'information et d'Histoire attaché  à la première armée, basé sur des rapports d'unités, des archives, des interviews et documents disponibles"  qui donne le chiffre  de  pertes de 3000 hommes, chiffre repris le plus souvent.
En 2004 lorsque  l'historien américain J Balkoski publie aux USA son ouvrage (en 2014 en France) il donne, pour la première fois depuis 1945,  des chiffres très précis issus de longs et minutieux travaux de recherche sur Omaha. Pour lui, tous les chiffres donnés jusqu'à présent sont très en dessous de la vérité ! Il estime les pertes de 4735 h sur 35000 personnes ayant débarqué soit 13 % (jusqu'à 40 % pour certaines compagnie ex Cie A/116th) dont 2000 morts ou disparus.
 Il semble qu'aujourd'hui ses recherches fassent référence mais ne sont pas encore généralisées.


  • Les difficultés
L'armée raisonne en notion de pertes qui globalisent blessés, disparus et morts. Pour Omaha, à priori, il ne semble pas  y avoir de difficultés : on connaît parfaitement la liste des participants et leur nombre exact,  l'espace concerné est parfaitement délimité,  le temps aussi:  une seule journée. Les pertes concernent  essentiellement des "militaires" de l'infanterie  et de la Navy. A priori, il n'existe donc pas de problèmes adjacents qui pourraient justifier  des imprécisions, comme cela arrive souvent dans les conflits.
Les  données initiales viennent des premiers rapports qui ont exagéré les pertes, tel  un rapport du 8 juin présenté au général Gerow qui indique  que le 116 Th infantery dela 29 DI avait perdu 49 officiers et 2733 hommes, soit 90% de l'effectif ! chiffres irréalistes. Le service historique des armées indique en novembre  1944 qu'il  est impossible de rendre un calcul car  les rapports des unités ont été fragmentaires,  incomplets et imprécis, en effet certains rapports sont  journaliers, d'autres hebdomadaires, d'autres mensuels, quelques uns absents. Ensuite les chiffres évoquent des "pertes" dans lesquelles les "disparus" sont nombreux ce qui s'explique par la dispersion des compagnies et bataillons à l'arrivée sur la plage d'Omaha en raison du désordre qui y régnait ; certaines compagnies ne sont reconstituées que plusieurs jours après le 6 juin. Parmi les "disparus" figurent aussi les morts dont on  a pas retrouvé le corps et, de plus, de nombreux corps n'ont pu être identifiés, ainsi le "Mur des disparus" du cimetière de Colleville  porte le nom de 1 557 soldats ( provenant de tous les combats)
Le bilan de la journée du 6 juin sur Omaha est donc particulièrement difficile à dresser. Les premiers chiffres des services historiques ont "réexaminé les rapports"  et donnent :
-pour le 116th (Colonel Canham, 15 juin 44) : sur 3100 h, évaluation des des pertes à  900 h minimum
-en sept 45, le  Lt Taylor du service historique des armées, évalue les pertes à 3000 h dont 1000h pour le 16th et 1000 h pour le  116th (chiffres de "Omaha Beached")
-en oct 1950, G Harrison, auteur historique officiel, fait une évaluation basse à 2000 h en estimant que c'est "imprécis" et que "il est peu probable qu'un bilan précis soit jamais publié"


  • Les chiffres des publications des historiens 
Le plus souvent les historiens ont repris tout simplement  les pertes évoquées après guerre, soit  2500 à 3000 hommes dont 1000 à 1200 tués. (15 fois plus qu' à Utah avec 200 h en perte ) soit 8 % alors que les prévisions sont à 12,5%, aussi trouve-t-on, d'un point de vue "militaire" ces pertes "raisonnables".
La lecture des ouvrages consacrés à Omaha ou au débarquement présente des chiffres très variables  de  2000 hommes à 3881, soit d' un ordre de grandeur soit d'un chiffre très   précis. Personne  ne donne de sources historiques pour son évaluation, y compris les historiens. Curieusement, cette imprécision ne gêne personne.

Qu'indiquent exactement les  ouvrages récents  d'historiens ? (hors J Balkoski)
-Infographie de la 2° GM (Perrin 2018)  : 3686 h  soit 10,76% (Sources imprécises d'ouvrages américains  de 2000 et 2001 ainsi qu'O Wiervorka)

-Beevor D Day et la bataille de Normandie : indique dans son texte des pertes de "plus de 2000 hommes...mais imprécis".  A noter que c'est le chiffre le plus faible énoncé. Dans une note, l'auteur cite  Harrison  qui indique 1465 morts  mais lorsqu'il détaille,  le total fait 1704 morts ( "1190 pour la 1°DI, 73 pour la 29°DI et 441 pour les hommes du corps"). Il  évoque le choc de la première vague en citant la Cie A du 11°RI "100 hommes sur 205 avaient été tués". Dans une autre note de fin de chapitre, il indique : "Le général Bradley donna le chiffre de  4649 pertes américaines  pour le débarquement (Utah et Omaha)"
Il semble  donc que le comptage, du moins une évaluation, ne soit  pas un point fort chez cet historien célèbre.

- Jean Quellien, universitaire  caennais;  a réalisé de nombreuses publications. Son premier ouvrage en 1992  indique "2500 h" mais ensuite il ré-évalue les chiffres, dans le  "Le jour J" en 2015,  un tableau indique "des pertes de 4100h" et précise que  le "National DDay foundation" évoque  2499 morts américains le 6 juin (Utah et Omaha).

-Olivier Wiervorka reprend le chiffre classique de "3000 hommes" soit 8,8% de pertes et indique une source précise "Libération du N-O de l'Europe 1944-1945" qui semblent être les chiffres du service d'information militaire de 1945. et évoque  pour Utah "un heureux contraste avec Bloody Omaha"


  • Omaha face aux autres plages du débarquement


Les 18 heures de bataille d'Omaha ont été les plus coûteuses pour l'armée américaine  toutefois  les pertes restent dans l'évaluation prévue. La comparaison avec les autres plages justifient le surnom d' Omaha la sanglante (Bloody Omaha)  qui viendrait plutôt des très lourdes pertes  pour les premières vagues et le génie.
On affirme également, mais sans sources précises, qu' ¼ des pertes  seraient consécutives  à une noyade et que le Génie aurait eu  40 % de pertes.



  • Dernières approches d'historiens

-L'approche quantitative et statistique d'Antonin Deshays (Combattre et mourir en Normandie. Ed Orep  2016)
Dans son ouvrage l'auteur fait une analyse globale des pertes américaines pendant la bataille de Normandie et s'interroge  : "Qui meurt ? Quand ? Comment?"
La mort ne différencie pas  les hommes, tous sont vulnérables, seule leur exposition au feu est déterminante, mais qu'en est-il selon le grade, ou la branche (terre, air, mer).
L'infanterie génère le plus de perte (de tout temps) ainsi au cimetière de Colleville elle représente 87% des morts (8% air, 5% marine)
Parmi les officiers, ce sont les "lieutenants" qui ont le plus de pertes, en effet, ils devaient  mener les hommes au combat et étaient très exposés. Certains moment étaient très mortifères, lors  des 3 premiers mois 6 juin au 21 août 1944), en moyenne 373 GI's sont tués chaque jour soit 15/heure ( en Sicile 58/jour). Le  6 juin est la pire journée  pour les soldats américains avec 4,7% de tués (2519), ensuite les chiffres oscillent de 58 à 668, avec des pertes  importantes  (plus de 400) du 7 au 19 juin,  du 11 au 16 juillet (Bocage) puis du 26 juillet au 2 Août  (Cobra) et enfin du 7 au 13 Août (Contrre attaque allemande Mortain). A noter que les "remplaçants" ceux qui viennent compenser les pertes subies sont très exposés car ce sont  des soldats inexpérimentés qui ont leur baptême du feu dans des conditions  difficiles.
Les causes des pertes sont mal connues, d'après les  équipes chirurgicales,  d'abord  l'artillerie blesse le plus avec  les éclats d'obus (55%) puis les blessures par balles (38%). Les canons allemands de 88mm et le fusil Mauser furent les principaux responsables ainsi  que les tireurs allemands isolés et embusqués.
Globalement, les premiers à tomber furent les jeunes recrues inexpérimentées de l'infanterie, ainsi que  les lieutenants.



-Les chiffres  de J Balkoski : enfin une étude fiable
La dernière étude sérieuse de l'historien américain J Balkoski publié en 2004 aux USA et en 2014 en France donne des chiffres très précis issus de longs et minutieux travaux de recherche sur Omaha :
Pour lui, les chiffres donnés jusqu'à présent sont très en dessous de la vérité ! Il estime les pertes de 4735 h sur 35000 personnes ayant débarqué soit 13 % (jusqu'à 40 % pour certaines compagnie ex Cie A/116th) dont une estimation de  2000 morts ou disparus.
Il estime qu'il faut multiplier par 3 ces chiffres pour les premières unités débarquées comme  la Cie A du 116th

Ce tableau de synthèse résume le travail de J Balkoski.





"Estimation" J Balkoski n' a pas obtenu le détail (morts/blessés/disparus) dans certains cas (compagnies ou régiments..., aussi, ici, un calcul relatif proportionnel a été réalisé afin d'estimer morts, blessés et disparus afin d'obtenir un total cohérent. Bien entendu, ce n'est qu'une estimation, mais le total en gras est un chiffre de l'auteur.

Pertes civiles Omaha et communes voisines Eté 1944

Pertes civiles Omaha et communes voisines Eté 1944

NOM Prénom sexe date naissance Lieu de Naissance Résidence Profession Lieu décés Date décès Cause décès
LEROUX  Jacques Étienne M 30/08/43 Torigni-sur-Vire (50) Vierville-sur-Mer 14
Vierville-sur-Mer 06/06/44 tirs d'artillerie
BERNASCONI  Pauline Joséphine F 10/05/24 Torigni-sur-Vire (50)  Vierville-sur-Mer 14 employée de commerce Vierville-sur-Mer 06/06/44
BERNARD  Louis Marius M 10/12/08  Molay-Littry (Le)  Louvières 14
Louvières 14 06/06/44 bombardement aérien
OXEANT  Bernard Albert Just M 28/07/29  La Cambe (14)

Louvières 14 06/06/44 bombardement aérien
OXEANT Louise Mathilde F 11/09/05 Maisy (14) Asnières-en-Bessin 14
Louvières 14 06/06/44 bombardement aérien
GILLOT François Jean-Marie M 05/02/92  Roz-sur-Couesnon (35) Ste-Honorine-des-Pertes 14  retraité STCRP Ste-Honorine-des-Pertes 14 06/06/44 bombardement aérien
GUERIN René Camille Alexandre M 08/10/06 Le Breuil-en-Bessin (14) Ste-Honorine-des-Pertes 14 cultivateur Ste-Honorine-des-Pertes 14 06/06/44 bombardement aérien
NATIVELLE Léon Pierre M 28/10/71  Colleville-sur-Mer (14) Ste-Honorine-des-Pertes 14 propriétaire exploitant Ste-Honorine-des-Pertes 14 06/06/44 bombardement aérien
NATIVELLE   Jeanne Louise Marguerite F 25/02/22 Ste-Honorine-des-Pertes (14) Ste-Honorine-des-Pertes 14 cultivatrice Ste-Honorine-des-Pertes 14 06/06/44 bombardement aérien
LOUVET  Ismerie F 26/10/79 Bertry (59) St-Laurent-sur-Mer 14
St-Laurent-sur-Mer 07/06/44 tirs d'artillerie
COISNARD   Bernard Siméon Denis M 27/10/18 Vesly (50)  Englesqueville-la-Percée 14 agriculteur  Englesqueville-la-Percée 14 07/06/44 balle
RAULINE Louis René Ernest M 25/07/04  La Barre-de-Semilly (50) Ste-Marguerite-d'Elle 14 cultivateur  St-Laurent-sur-Mer 09/06/44 balle
ALIX François Dominique M 23/02/87 Grandcamp-les-Bains (14) Vierville-sur-Mer 14 sp St-Laurent-sur-Mer 09/06/44 tirs d'artillerie
GUELLE  Pierre Louis Joseph M 05/01/04  Cartigny-l'Epinay (50) Maisy 14  cantonnier St-Laurent-sur-Mer 09/06/44 tirs d'artillerie
HELIE Julien Ernest M 26/08/89 Asnières-en-Bessin (14) Vierville-sur-Mer 14 cultivateur Louvières 14 09/06/44 mitraillage
DURAND Nicolle F 17/12/34  Honfleur (14)  Honfleur (14)
St-Laurent-sur-Mer 12/06/44 bombardement
JORET Gustave Joseph M 09/05/93 Hébécrevon (50) Surrain 14 Journalier St-Laurent-sur-Mer 12/06/44 bombardement
BRUNE Désirée Louise F 25/03/79 Digosville (50) Grandcamp-les-Bains 14 sp St-Laurent-sur-Mer 12/06/44 tirs d'artillerie
LEGRAND  Joséphine F 24/12/86 Englesqueville-la-Percée (14) Saon 14 sp St-Laurent-sur-Mer 12/06/44 tirs d'artillerie
PICARD Clémence Louise Marie F 29/09/86 Rubercy (14) Rubercy (14)  couturière St-Laurent-sur-Mer 12/06/44 tirs d'artillerie
inconnu
M



St-Laurent-sur-Mer 12/06/44
inconnue
F



St-Laurent-sur-Mer 12/06/44
inconnue
F



St-Laurent-sur-Mer 12/06/44
ANQUETIL Jules Albert M 29/03/79  Formigny (14) Colleville-sur-Mer 14 ouvrier agricole  Colleville-sur-Mer 17/06/44 engin explosif
MARIE   Clément Julien M 16/08/81  Englesqueville-la-Percée (14) Louvières 14
Louvières 14 06/08/44 engin explosif
ROBILLARD  Julien Georges Raymond M 31/07/08 Louvières (14) Louvières (14)
Louvières 14 06/08/44 engin explosif
VIMARD   Jean-Louis Joseph M 08/07/85 Grandcamp-les-Bains (14) Port-en-Bessin 14 marin voilier Ste-Honorine-des-Pertes 14 17/09/44 mine
BERTRAM Pierre Eugène Émilien Adrien M 29/08/72 Buysscheure (59) Vierville-sur-Mer 14  jardinier Vierville-sur-Mer 04/10/44
CADARIO  Defendente M 23/02/03 Caravati (Italie)
maçon Vierville-sur-Mer 09/02/45 mine
LE ROY  Joseph Michel M 29/09/13 Rennes (35)  Vierville-sur-Mer 14 démineur Vierville-sur-Mer 20/11/45 déminage
LEMOIGNE   Eugénie Ernestine F 04/10/68  Littry (14 Blay 14 sp St-Laurent-sur-Mer /06/44 bombardement aérien






LIEUX
Saint Laurent sur Mer 14
Colleville 1
Vierville 5
Englesqueville 1
Louvieres 6
Ste Honorine 5
Formigny 0
Total 31


DATE



06/06/19 9 4 Ste Honorine des P bombardement aérien


3 Louvières bombardement aérien


2 Vierville artillerie
07/06/44 2

artillerie/balle
09/06/44 4

artillerie/balle
12/06/44 8

bombardement/artillerie
17/06/44 1

Engin explosif
06/08/44 2

Engin explosif
après 4

Engin explosif / mine
Date inconnu 1



31