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Devenir "Héros de l'histoire"

Qu'est-ce qu'un héros de la deuxième guerre mondiale  en France ? Quelle personne, militaire ou civile, peut être qualifiée  de héros ?  selon quels critères ? quand ce statut doit-il être officialisé ?
Aujourd'hui, en temps de paix,  qu'en est-il ?
Le comité du débarquement a décidé d'afficher  pour le 75° anniversaire, 1000  portraits de "héros" présentés dans 48 communes du Calvados et de la Manche  pour " organiser un Chemin de la mémoire et de la reconnaissance pour les célébrations du 75e anniversaire du D-Day".
Ce choix de portraits de héros résulte-t-il d'une réelle réflexion historique ou est-ce simplement  un coup de "com" du comité du débarquement ?  Que révèle la  sélection de 1000 héros ?  sont-ils des héros au sens classique du terme ?   y-a-t-il des bévues  avec apparition de héros douteux ?


1-Qu’est-ce qu’un héros  de l'histoire?  
  • Etymologie de "héros" 
Herôs en grec signifie "demi-dieu" donc un personnage fictif de la mythologie ou des arts,  mais Heros en latin signifie "homme ou femme de grande valeur",  sens actuel considéré  dans notre société ou dans nos fictions. 
Le héros, c'est un homme ou une femme, qui soudain, dans certaines situations, a fait preuve de courage et de valeur, ce qui force notre respect
Le sens a évolué quelque peu en glissant de l'idéal du guerrier qui défend son peuple  et sa partie en combattant l'ennemi (Jean Moulin) dans des circonstances extraordinaires, une guerre, au héros de la non-violence (Martin Luther King, Gandi). Il s'agit de figures historiques fascinantes et qui suscitent l'admiration, d'ailleurs  la société leur  rend hommage (pour quelle durée?).  Aujourd'hui, les héros sauvent des vies (colonel Arnaud Beltrame), défendent des valeurs honorables en s'engageant dans des causes sociales, écologiques.

  • Héros historiques
Il s'agit soit :
- de figures emblématiques dont la vie (et la mort), parfois énigmatique et mystérieuse, est fascinante par l'engagement au nom d'idées altruistes (Gandi, Che Guevara, Mandela...)
- de  grands personnages historiques  qui ont marqué la mémoire collective des Français par le courage de leurs actions, le plus  souvent en période de guerre.(Jean Moulin)

Il faut  se méfier des légendes, des anti-héros, des héros négatifs  souvent des dirigeants, des hommes politiques, en fait tous dictateurs,  qui utilisent tous les moyens de propagande, d'interdits  et répression pour justifier leurs actes qu'ils proclament justes et bienfaiteurs  pour leur pays. D'autres cas sont liés à une apparence trompeuse,  à la lâcheté, et a une mise en avant douteuse, cas de Pétain ( 1° GM) qui "avance moins grâce à ses succès […] que par les défaites des autres." (H Amouroux). 

Dans tous les cas, la perception de l'héroïsme  évolue selon ... les époques et générations, les groupes sociaux, les options politiques et les niveaux d'instruction.

Un héros historique est donc un personnage qui a marqué l'histoire en exerçant une influence sur notre présent, qui a laissé une  trace de son activité par  des actions héroïques liées à  des valeurs et qualités (abnégation, courage, honneur, bravoure, loyauté...) et/ ou par  sa pensée (idéologie) traduite par une volonté inébranlable  d'améliorer le sort des hommes. Le personnage fascine en suscitant toujours de l'intérêt, de l'admiration et du respect.

Actuellement, en  temps de paix, l'héroïsme est basé sur des valeurs humaines (courage, exemplarité), ainsi des hommes sans aucune notoriété sont parfois (et momentanément) considérés comme des héros, cas de sauveteurs, pompiers,  gendarmes, militaires... qui n'hésitent pas à risquer leur vie pour sauver celle des autres. Le héros d'aujourd'hui serait  donc condamné au sacrifice ?


  • Héros de la deuxième guerre mondiale en France et aujourd'hui
Les héros de la guerre, au sens traditionnel, sont connus et honorés depuis longtemps. Ainsi, Wikipédia liste des  personnalités françaises associées à la Seconde Guerre mondiale, et ajoute des catégories :  France libre, Compagnon de la Libération, Résistant français. Attention, ce sont uniquement des personnalités ou acteurs de la guerre, certains peuvent être qualifiés de "héros" car ils ont vraiment marqué l'histoire par leur comportement et actions (Brossolette, Clostermann, Colonel Fabien, Jean Moulin...) mais d'autres sont situés à l'opposé ! Ne pas mélanger personnalité/acteur et héros!
Ainsi à Omaha, certains Gi's sont devenus de réels héros par leurs actions:  Spalding, Dawson (Cie E), Général Cota,  Colonel Canham,  Colnel Taylor,  Général Wyman,  Lt J Monteih... et beaucoup d'autres moins connus ! 

Il semble qu'aujourd'hui, le simple fait d'être un vétéran suffise pour qu'un ancien combattant devienne un héros, ainsi, l'association "les héros de la seconde guerre mondiale" indique :  "L'association a pour but de rendre hommage et faire revivre ces hommes et ces femmes qui ont combattu pour la liberté." et affiche uniquement des vétérans sur son site, sans expliciter les raisons profondes de ce choix.
Dans l'ouvrage "Des héros ordinaires. Au cœur de la Seconde Guerre mondiale" éditions Perrin, de M Picard, il s'agit aussi de vétérans qui témoignent pour afficher leur "bravoure" ": "La parole des vétérans de la Seconde Guerre mondiale se fait rare et précieuse. Onze d'entre eux, anciens combattants américains, français, allemands et canadiens, ont accepté de conter les événements dramatiques où leur vie se joua parfois à un frôlement de balle, un obus défectueux ou un réflexe miraculeux."
Aujourd'hui, il faut donc être "vétéran" de la deuxième guerre mondiale pour avoir droit au titre de héros ; pourtant, tous le soldats ayant combattu  sont réellement des "braves" or, "leur bravoure", quelle qu'elle soit, sera toujours méconnue, éternellement  dans l'oubli.
Désormais,  la notion de l'héroïsme est bien relative, la preuve, un jeu qui  se nomme " Héros de la seconde guerre mondiale" propose au joueur  : "Plonge-toi directement dans les combats dans ce jeu de tir à la première personne. Débarque sur les plages de Normandie et bien plus encore alors que tu combats aux côtés ou contre des joueurs du monde entier." donc tirer suffit pour être un héros !

Faut-il aujourd'hui "sélectionner"  1000 personnes pour les honorer particulièrement en oubliant tous les autres ? Nous ne le pensons pas d'autant que rien n'explicite  le choix : il s'agit juste  d'un affichage sans aucune information, donc l'intérêt est nul puisque la pédagogie est totalement absente.
Nous préférons l'action d'une lycéenne américaine de 17 ans qui  a tenu à rendre hommage à ses compatriotes qui ont perdu la vie pendant la Bataille de Normandie, et qui n’ont jamais pu être identifiés. 307 soldats inconnus reposent au cimetière américain de Colleville-sur-Mer (Calvados) car ceux-ci, qui eux aussi ont sacrifié leur vie, sont rarement reconnus.




2-D-Day 2019 : Un hommage aux héros du Débarquement en 1 000 portraits

  • Organisation de l'opération
Le comité du débarquement a décidé de publier 1000 portraits qui seront affichés pendant près de six mois dans 48 communes du Calvados et de la Manche pour " organiser un Chemin de la mémoire et de la reconnaissance pour les célébrations du 75e anniversaire du D-Day". Sur ces portraits est indiqué le terme  "héros".

Extraits de Ouest France du 14/11/2018 :
-Pourquoi organiser ce Chemin de la mémoire et de la reconnaissance ?
Cet affichage est la plus importante opération du comité du Débarquement pour les célébrations du 75e anniversaire du D-Day. Il permettra d’honorer ces jeunes femmes et hommes qui ont combattu pour la libération de l’Europe occupée. « Ces panneaux représentent la moitié de notre budget prévisionnel » , affirme son président, Jean-Marc Lefranc. Installés au printemps, ils seront retirés fin septembre. Cette opération sera renouvelée les quatre années suivantes.


-Comment est né ce Chemin ?
Jean-Marc Lefranc a rapporté cette idée des États-Unis cet été. « A Willsboro (Etat de New-York) où j’étais, ils pavoisaient les rues avec ces panneaux appelés kakémonos. C’est une tradition dans ce pays d’honorer ainsi les soldats tombés au combat. Comme ce n’est pas dans la culture française, j’ai trouvé intéressant de proposer cela. »

-Combien de panneaux seront installés ?
Un millier de panneaux seront disposés dans 48 communes du Calvados et de la Manche qui ont adhéré au projet. «  Les cinq plages du Débarquement seront concernées. Le site s’étale sur près de 80 km de Merville-Franceville à Saint-Martin-de-Varreville. » Toutes se sont engagées à fournir au comité une liste de noms de soldats s’étant battu sur leur territoire. Elles devront aussi dresser les panneaux simultanément. Pour la bonne cohérence de cette exposition, les portraits installés sur les lampadaires « sont souvent en rapport avec des événements qui ont eu lieu sur place lieu ».

-Comment se présenteront ces affiches ?
La présentation sera uniforme. La photographie d’un soldat ornera la partie centrale des deux faces de chaque panneau. Son nom et celui de son unité seront mentionnés plus bas. Le drapeau de son pays et le slogan « Never forget/Ne jamais oublier WWII Heroes » seront imprimés en haut. Ces kakémonos seront installés en hauteur sur des poteaux.

-Quels seront les soldats représentés sur les kakémonos ?
Soldats américains ou du Commonwealth, Résistants normands… Toutes les nationalités seront représentées à l’exception des Allemands. « Le principal critère est d’avoir participé à cette bataille, indique Jean-Marc Lefranc.  Nous expertiserons l’authenticité de chaque nom et de chaque photographie. » L’Office national des anciens combattants et victimes de guerre se chargera de vérifier celle des Résistants. Le comité veillera aussi à éviter les doublons entre les communes.

  • Quelle réflexion?
    Il semble que la réflexion sur le concept de "héros" pour cette deuxième guerre mondiale n'existe pas : "avoir participé "  est le seul critère pour de venir un héros...
    Le kakemono (objet accroché) désigne, à l'origine,  au Japon une peinture ou une calligraphie accrochée au mur ou sur les mâts d'éclairage public. Aujourd'hui c'est  un panneau imprimé sur un support souple qui est  déroulé en vue d'affichage. Rien à voir  avec ce qu'indique JM Lefranc, si ce n'est que cette pratique d'afficher des héros est effectivement  très prisée dans certains pays à pensée unique  (Iran, Cuba, Chine...) pour afficher  les héros morts au combat au nom d'une certaine idéologie.

    Comment s'est réalisé ce choix de héros ? selon quels critères ? qui a choisi ?  avec quelles compétences ?  Il semble qu'on ait laissé les communes  faire leur propre  choix...   Il apparaît  que les vétérans qui sont  revenus en France (et accueillis par des familles) ont été privilégiés.  Rien de rationnel ... mais pourquoi pas !

    Que sait-on sur ces héros ? rien, un simple nom sous une photo. Vraiment dommage, la pédagogie est oubliée. Et le résultat est parfois  surprenant et choquant. Un exemple.

3- Le cas d'un  nouvel héros à Saint Laurent sur mer !


"Après la guerre, beaucoup de héros se présentent.” proverbe roumain
“Il y a des héros en mal comme en bien.” de La Rochefoucauld 
“Les vrais héros sont ceux qui meurent pour nous, sans que personne ne s'en rende compte.” de Michaël Veuillet

Il s'agit  de comprendre  pourquoi un personnage devient subitement un héros dans un village : le cas de  Charles Olard à Saint Laurent sur Mer qui a eu un "kakemono"  :

  • Historique
    Le réseau "Alliance" créé en 1940  s'étend à toute la France. La partie ouest du Calvados, dirigée par Robert Douin dit "Civette", était elle même divisée en 4 autres secteurs dont le "Bessin" créé par Jean Sainteny, qui réside parfois à Aignerville (près de Trévières). La zone "Bessin" est elle même divisée en 3 secteurs : Bayeux, Port en Besssin (Paul Bernier, avec des pêcheurs: Payen, les Cardron, et surtout G Thomine dit "Cachalot"...) et, enfin, Saint Laurent-Trévières qui est représenté par : Désiré Lemière dit "Chordeille" facteur à St Laurent; Albert Anne, forgeron-charron, d'Asnières ; Robert Boulard facteur à Trévières.  Charles Olard, le receveur du bureau de poste de St Laurent n'appartient pas à ce réseau.
    Le groupe Alliance dont l'activité locale est exclusivement le "renseignement" fonctionne par un système organisé de "boites aux lettres" dont celle de Bayeux qui est centrale ; de là, des contacts sont émis par un poste émetteur radio vers Londres.
  • Arrestations
    Le 5 mai 1944
    Sont arrêtés par la Gestapo, du moins par des  auxiliaires français du Sipo-SD de Caen.
    -Désiré Lemière qui habite le hameau de Fosses Taillis à Saint-Laurent-sur-Mer. Agriculteur sans terres, puisque les les Allemands les avaient en partie réquisitionnées, il est devenu facteur à St-Laurent. Depuis janvier 1943, il fait partie du "Groupe Alliance". Sa  fille Simone assiste à son arrestation.
    -Robert Boulard,  facteur à Trévières, habite Vierville, au hameau de Vacqueville. Il est agent de renseignement du "Groupe Alliance"
    -Albert Anne forgeron à Asnières, il est agent de renseignement du "Groupe Alliance", et a aussi été arrêté le 5 mai 1944 et fusillé le 6 juin 1944 à la Prison de Caen.
    et, un autre facteur et voisin des précédents,  Charles Olard, receveur des Postes à Saint-Laurent,  habitant  au hameau de Fosses-Taillis, 

    Tous seront fusillés le 6 juin 1944 à la Prison de Caen, sauf Charles Olard qui est libéré .

     Le réseau alliance est décapité, car d'autres arrestations se sont déroulées dans le Calvados. Sur les 21 arrestations, 16 seront fusillés, un sera envoyé en camp de travail et 4 seront libérés et remis en liberté le 12 mai 1944:
    • Charles Olard (38 ans en 1940, employé aux PTT - Organisation : Alliance - Domicile : Saint-Laurent-sur-Mer)
    • Marcel Chiron (45 ans en 1940, quincailler - Organisation : Hector , Alliance - Domicile : Villers-Bocage)
    • Julien Thorel (29 ans en 1940, négociant en grains) - Organisation : Alliance - Domicile : Villers-Bocage),
    • Marcelle Caby (née Marie, 26 ans en 1940, commerçante) épouse de Jean Caby dit "Émouchet" (29 ans en 1940, artisan radio) Organisation : Hector, Alliance, fusillé le 6 juin 1944
    •  André Rubin, est déporté à l'île d'Aurigny.

    Désormais, les archives allemandes prouvent  et attestent de cette libération :
Source : https://reseaualliancebessin.blogspot.com/


Note du 12 mai 1944 concernant les "personnes libérées" traduite en français
  •                                         Caen, le 12 mai 1944
     Note
     Des interrogatoires des principaux participants, plusieurs des personnes arrêtées ont dû être libérées, car il n'a pas été possible de prouver qu'elles avaient été actives au sein de l'organisation d'espionnage ou du groupe de résistance dirigé par Caby. Les personnes concernées sont les ressortissants français suivants :
     1. Loisel,Octave, né le 07/03/94 à Cahanges, domicilié à Cahagnes 
     2. Chiron, Marcel, né le 26/01/95 à La Bouesière, domicilié à Villers-Bocage
     3.Thorel, Julien, né le 16/11/11 à Landes-sur-Agen, domicilié à Villers-Bocage
     4. Olard, Charles, né le 02/09/O2 à Pleugueneue, domicilié à Saint-Laurent sur mer

     Le citoyen français Aubin, André, qui a également été arrêté, a été retiré de l'affaire parce qu'il appartenait depuis un certain temps à une organisation de résistance déjà connue ici, à savoir la "Résistance". Des agents spéciaux de liaison sont affectés à ces enquêtes; ils seront donc pris en charge dans le cadre d'un processus spécial. L'aubergiste Jonneau de Bayeux, mentionné dans l'interrogatoire de Douin, est également connu depuis quelque temps comme un membre de la "Résistance" et un pivot probable de ce mouvement de résistance à travers les rapports de l'agent de liaison. Il sera également traité dans le cadre d'un processus spécial.


    De son vivant  Charles Olard, décédé en 1990 n' a jamais parlé de la résistance, et encore moins évoqué  son arrestation et sa libération par les allemands, ce qui est regrettable et a encouragé la suspicion.
    En effet suite à la libération d'Olard, il est, à tort ou à raison, considéré par les anciens du village comme un "collabo", un "traître". Dans la commune ces "rumeurs" seront réelles mais toujours sans preuves, rien n' a jamais été prouvé, dans un sens ou dans un autre.

    Par ailleurs,  dans les les nouvelles archives allemandes qui présentent les  interrogatoires, les résistants arrêtés ne  le citent pas  comme résistant, d'ailleurs il a été relâché très rapidement. De plus, il n'apparait jamais dans les listes officielles de résistants,  il n' a jamais été distingué, ni honoré. S'il  a effectivement été arrêté, c'est par sa proximité avec de vrais résistants ( collègues de travail, voisin...).
    Si on ne sait rien de son éventuelle activité de résistant, la  raison  est simple : il n'était pas résistant!

 Dans la presse locale (La Renaissance du Bessin en 1944 / 1945 / 46) la résistance est évoquée, des  résistants locaux se regroupent,  racontent et sont mis "à l'honneur", y compris lors des commémorations :  le nom de Olard n'apparaît jamais, y compris dans les archives

Exemples (source)
Trévieres

Février 1946 - Des résistants à l’honneur. - Sur la proposition du réseau « Centurie », Mme Vauclin, de Caen, femme du sympathique président de la Chambre des Métiers du Calvados, vient de recevoir la Croix de Guerre avec étoile de bronze.
La même distinction a été décernée à Mmlles Jeanne Thomas, fille cadette de M. Thomas, ingénieur d’arrondissement des Ponts et Chaussées à Bayeux, et Madeleine Lefrançois, de Trevières, qui appartinrent au même réseau de renseignements et rendirent, comme Mme Vauclin, les plus signalés services à la résistance. (source B. L.)
-

Vierville- Juin 1946 - Des victimes du devoir à l’honneur. - La médaille d’or des P.T.T. a été conférée, a titre posthume, à M. François Alix, receveur des Postes à Vierville-sur-Mer, « Témoignage des services rendus à l’Administration et du dévouement qu’il a poussé jusqu’au sacrifice, lors des évènements de juin 1944 ».A la femme de ce vaillant postier qui fut grièvement blessée au cours des opérations du débarquement et qui s’est vue dans l’obligation de prendre sa retraite après 38 années passées dans l’Administration dont 19 à Vierville, le Directeur départemental des P.T.T. a adressé une lettre de remerciements pour le zèle, et le dévouement dont elle ne cessa de faire preuve. (Source B. L.)

Saint Laurent


Extraits :"La Renaissance du Bessin en 194/1945"
 


Dans les commémorations officielles, le nom d'Olard est complètement passé sous silence   (Site Alliance : discours de JM Oxeant  de  2010  et  discours  le 5 juin 2017 y compris dans le discours de R Kaufman, le président). Son nom n'apparaît dans aucune publication d'historiens chercheurs. Des recherches sur le simple nom  de" Charles Olard" dans diverse services officiels listant les résistants  n'amènent  à rien y compris  sur le site Alliance


Aucun  Olard en Normandie


mais Désiré Lemière est bien présent



Dossiers administratifs de résistants

  • Archives du Calvados


  • Mémoire des hommes (Ministère des armées)
    Recherche pour Titre, homologations et services  pour faits de résistance


  • La volonté de réhabiliter d'un neveu mais sans aucun élément nouveau,  sans  aucune source historique et avec des arguments  qui défient l'histoire et le simple le bon sens ( "c'est secret !")
Un "neveu" qui parle toujours au nom "d'une famille de résistants" tente avec une insistance particulière, une réhabilitation curieuse. Il indique un peu partout que l'oncle  "s'est évadé" après son arrestation à la prison de Caen : aucun document n'évoque une évasion de  qui que ce soit, par contre les historiens sont unanimes pour parler d'une libération par les allemands de 4 personnes le 12 mai 1944 dont  Charles Olard le . Les raisons sont inconnues.
Ce neveu indique qu'il est "le seul à connaître la vérité"... mais sans aucune source vérifiée,  document ou  preuve, qu'il "n'avait pas le droit de parler", que "tout est secret" et il prétend, en 2018, mais pas en 2015, que son oncle lui aurait  raconté  tout cela  lorsqu'il avait 15 ans en ajoutant: "tu devras attendre que je sois mort pour raconter cette vérité". Donc tout est invérifiable, ce qui est bien arrangeant !
Ses dernières déclarations affirment que cet oncle aurait participé à la pseudo "mission Ascain"  et qu'il  était  en liaison avec les services secrets américains,  et surtout qu'il a été débriefé à bord d'un navire ! "Le 6 juin au matin, Charles Olard devait retourner à la poste de Saint-Laurent pour servir de contact aux Américains. Il est ensuite "débriefé", selon le terme des services secrets, à bord d'un navire américain et le seul Français à pouvoir accéder à leur centre de transmissions."

Il faut aussi noter que ce neveu est un habitué de la mystification historique avec, entre autre, l'invention de la première maison libérée. Lire notre dossier

[Voir ci-dessous quelques documents complémentaires.]


Les sources 
Voir cet article de presse de  2017 publié  à la demande du "neveu" ; des extraits sont explicités:

1-" Le 14 mai, alors qu'il est transféré en camion, il réussit à s'évader. Charles Olard demeurera caché à la Poste jusqu'au Débarquement, sa présence étant obligatoire pour guider des hommes envoyés en mission."
Aucun élément (document écrit ,témoignage) ne prouve:
" il réussit à s'évader" une évasion mais au contraire, il est toujours indiqué qu'avec d'autres, il a été libéré par les allemands.
"Caché à la poste" un évadé caché, là il est censé travailler ? une très mauvaise idée....
"guider des hommes envoyés en mission" : une pure invention

2"-Dans la nuit du 5 au 6 juin, un groupe de douze sous-officiers français est intervenu à Saint-Laurent-sur-Mer" Aucune document n'existe pour affirmer cela. (voir notre dossier)

3-"Le 6 juin au matin, Charles Olard devait retourner à la poste de Saint-Laurent pour servir de contact aux Américains. Il est ensuite "débriefé", selon le terme des services secrets, à bord d'un navire américain et le seul Français à pouvoir accéder à leur centre de transmissions."
Le summum du ridicule  ! quel document américain  démontre cela ? Olard aurait été en relation avec les services secrets américains ! voilà le SCOOP.

4-"son oncle était "un bon patriote", lavé de tout soupçon par le comité cantonal de Libération de Trévières, le 31 juillet 45, ainsi que par des témoignages écrits d'habitants et d'un des employés de Sainteny confirmant son évasion."
Où sont les documents ?

D'autres écrits du neveu... sans commentaire.











CONCLUSION
  • Il faut noter l'absence totale de données fiables et reconnues sur l'activité de résistant, d'informations sur les évènements  et circonstances concernant la journée d'arrestation du 5 mai 1944. On sait, par les sources allemandes, qu'il a été libéré. Les déclarations  du neveu sont des plus fantaisistes sans jamais fournir le moindre document d'archives.
  • Dans tous les cas, aujourd'hui, si  rien ne justifie une suspicion concernant l'attitude de C Olard, rien non plus ne justifie qu'il puisse être considéré comme un héros !  Il n'a jamais eu de reconnaissance, ni d'honneur ;  il n'est ni listé, ni reconnu comme résistant, au contraire, il serait passé en 1945 devant le comité  cantonal de Libération de Trévières... ( aucune source)
  • Pourtant cet homme est  devenu en 2019 un HEROS de la résistance... avec son "kakémono" situé devant la maison du maire actuel de Saint Laurent, ce choix démontre donc une volonté bien spécifique... puisque la localisation est en rapport avec la personne....
    • Qui a décidé que cet homme devienne un héros?  ? Qui l'a désigné ? selon quels critères ? avec quelles arguments avérés ? Des explications sont nécessaires, de la part du maire Maire de Saint Laurent sur Mer  en 2019  afin qu'il explique comment il a établi ou fait établir (?)  "une liste de noms de soldats s’étant battu sur leur territoire", de la part de Monsieur Jean-Marc Lefranc, président du Comité du débarquement en 2019  qui doit fournir  "les éléments justificatifs" en liaison avec ses propos : Nous expertiserons l’authenticité de chaque nom et de chaque photographie.  L’Office national des anciens combattants et victimes de guerre se chargera de vérifier celle des Résistants."Il faudrait aussi  prendre en considération les avis des familles des trois résistants du réseau Alliance (D Lemière, R Boulard, A Anne) fusillés le 6 juin 1944 à la prison de Caen et connaître le point de vue  d'historiens reconnus, comme Jean Quellien
      • Aucun élément, rien  ne  plaide en faveur d'une attitude  ou acte relevant de l'héroïsme
      • Pourquoi s'acharner à vouloir, par tous les moyens,  héroïser son aïeul ?

      En complément, afin de lire toutes les archives existantes actuellement sur le Réseau Alliance, voir notre dernière publication web qui fait le point sur la résistance locale du Réseau Alliance, secteur Jardin :
      en particulier, lire:

      ------------------------------------------------------------------------------------------------------
      Sources:
      http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=72371
      http://les-sanglots-longs-des-violons.eklablog.com/la-resistance-a-vierville-sur-mer-a46693633

      La résistance face au débarquement : quel impact ?

      Avant, pendant et après le débarquement, le rôle de la résistance (y compris normande) est controversé. Jugé à l'époque de "non négligeable" par le chef des forces alliées en Europe, il est de nos jours relativisé par les historiens qui en limitent l'importance, surtout en ce qui concerne les actions de combat.

      La résistance a bien accompli les tâches qu'elles pouvaient faire
      Il faut rappeler que la résistance touche une minorité de français : 30.000 en 1942 ; avec l'arrivée du STO, cela augmente avec  100.000 avant le débarquement et 400.000 FFI durant l'été 1944, soit 1% de la population et 2% des adultes français (6% en Yougoslavie et 5% en Pologne). Toutefois elle n'aurait pu exister sans l'appui et le soutien de français anonymes solidaires.

      Son rôle avant le débarquement est de fournir des renseignements sur le mur de l'atlantique et les positions de défenses allemandes, éléments qui complètent  les trois millions de clichés aériens opérés par les alliés qui demeurent la source essentielle de renseignement.

      Pour le débarquement des "plans" d'action avaient été établis, fin 1943, à Alger :
      -Plan violet : neutraliser les communications téléphoniques
      -Plan vert : paralyser ou perturber  le réseau ferroviaire
      -Plan bleu : couper l'électricité
      -Plan bibemdum: détruire les nœuds routiers
      Sans que cela soit exprimé clairement, les alliés espéraient que les forces de la résistance  freinent  la marche des renforts allemands vers la Normandie,  empêchant ainsi leur concentration et réduisant fortement leurs capacités opérationnelles. De même étaient souhaitées, par Eisenhower, des actions de guérilla dans toute la France afin de perturber davantage les allemands.
      Le déclenchement des opérations a été annoncé sur la BBC par différents messages, tels que : "les carottes sont cuites", "le chat sort et chasse", ou encore la deuxième partie de la première strophe du poème de Verlaine : "Blessent mon cœur d’une langueur monotone". La première partie, "Les sanglots longs des violons", avait quant à elle été diffusée dés le 1er juin pour inviter les résistants à se tenir prêts.

      Donc, à la suite des messages de la BBC, la résistance entra en action, en on estime à plus de 2000 les actes de sabotage correspondant aux 4 plans, souvent avec succès comme pour les sabotages des voies ferrées qui sont paralysées autour de la Normandie en Juin (mais... surtout grâce aux bombardements aériens). Le télécommunications sont coupées : presque plus de lignes dans le triangle Amiens-Rouen, Caen, Le Mans. On estime que les actions de résistance ont  obtenu  un retard minimum  d'au moins 48H. Par contre,  le résultat des insurrections sont un échec, activées de manière trop optimiste cette  "guérilla" provoque partout de sanglantes représailles (Tulle, Vercors, Bretagne...).

      Par la suite, la résistance joua un rôle apprécié des alliés  pour les guider comme "éclaireurs"  dans leur avancée  en Normandie et en Bretagne et pour la prise de villes. Cette coopération établit un réel climat de confiance qui se concrétisa par des parachutages de plus en plus nombreux d'armes et de matériel, de la part des américains,  à un moment où  beaucoup de français se décidaient à la rallier... Ainsi elle dépassa son rôle de destruction de communications pour s'orienter de plus en plus  pour combattre (comme la résistance avait pu le faire en Afrique du Nord). Néanmoins les alliés gardaient la tête froide et et ne comptaient pas trop sur la résistance  pour le succès de leurs opérations,  qui ne représentait à leurs yeux, qu"un appoint".

      L'apport de la  résistance eut une conséquence non prévue... sur le plan politique, elle contribua  à installer les autorités gaullistes qui surent bien montrer par la suite aux français et au monde entier, que les français avait été actifs pour leur libération, en s'appuyant sur un conjonction réussie mais fragile de la résistance extérieure et de la résistance intérieure.
      Toutefois, il faut encore relativiser l'importance des Forces Française Libres, qui en 1940 n'étaient composées que de  70.000 hommes (alors que la Pologne en a 150.000) et dont les deux faits d'armes, Koufra (Février 1941) et Bir Hakeim (Juin 1942)  largement surestimés par De Gaulle servent avant tout  à entretenir le moral. Ensuite, l'armée de libération qui réunit FFL et FFI aligne en mai 1945 environ 1,3 M d'hommes soit 3% des forces alliées. Elle   a participé  aux combats en remportant quelques victoires (Tunisie, Cassino) mais son rôle demeure modeste pour la victoire finale, un simple frein.



      Des alliés reconnaissants... ou flatteurs ou diplomates  ?


      Pour le commandant des forces alliées en Europe, le général Dweight Eisenhower, dans ses mémoires  (1949) écrit "les FFI ont joué un rôle non négligeable dans la préparation du débarquement allié en Normandie et dans la libération de la France". A l'époque, il avait évalué l'aide apportée par les résistants normands à l'équivalent de quinze divisions régulières, ce qui est vraiment beaucoup, équivalent à "une armée classique". Mais en plus de la disponibilité de ces troupes, il soulignait la contribution des résistants au plan Vert, un ensemble d'actions de sabotage contre les transports de troupes et de munitions qui permit alors, en deux jours, de détruire 98 locomotives.
      A l'opposé, les autres grands acteurs militaires ne portent pas le même jugement : Bradley est relativement sévère, Montgomery règle ses comptes avec tout le monde (son comportement ayant été beaucoup  critiqué...) et les généraux allemands qui  publient leurs mémoires ignorent la résistance. L'historien britannique J Keegan estime le rôle des résistances européennes comme "très faible" et préfère attribuer une palme au décryptage  de  la machine "Enigma".

      Dans tous les cas,  la résistance n'aurait rien pu  faire sans l'existence du débarquement et la présence des alliés en France... et surtout pas libérer la France.
      Par contre, ce qui est indéniable c'est que l'action de la résistance  a permis d'accélérer la progression des alliés et donc d'accélérer la libération de la France.
      Selon le général américain William Donovan, chef de l'OSS, l'Office of Strategic Services qui se chargeait de l'aide aux mouvements de résistance, 80% des renseignements utiles lors de la libération de la France ont été fournis par les services secrets gaullistes.


      Les historiens: "avec ou sans la Résistance, la France aurait été libérée..."


      Même si les effectifs des FFI sont passés de 100 000 en janvier 1944 à 200 000 en juin puis à 400 000 en octobre de la même année, les historiens tempèrent le jugement porté sur le rôle de la résistance lors du débarquement.
      Les résistants ont certes fourni d'importants renseignements sur le dispositif allemand le long des côtes avant le 6 juin 1944, mais leur rôle au combat a en revanche été négligeable face à l'énorme machine de guerre ennemie. "Il y avait 500 à 600.000 Allemands engagés dans la bataille de Normandie. Que voulez-vous que fassent quelques types face à ça ?", demande Jean Quellien, professeur à l'Université de Caen. "L'honneur est sauf, ils ont fait ce qu'ils pouvaient... Mais ils ne pouvaient pas faire grand chose".

      Selon Olivier Wieviorka, professeur à Normale sup Cachan et auteur d'une "Histoire du Débarquement en Normandie", "avec ou sans la Résistance, la France aurait été libérée, mais pas de la même manière : la Libération aurait été plus difficile, plus sanglante, et moins rapide". Pour lui, les Anglo-Américains ne croient pas en la résistance, ils l’ont toujours considérée comme un « bonus », un terme d’ailleurs utilisé par le premier planificateur d’Overlord, le général Morgan. Tout ce qu’elle apporte est le bienvenu, mais nous ne sommes pas dans une logique de division des tâches, on ne compte pas sur elle pour suppléer aux carences de l’état-major.
      "Les Alliés n'ont jamais vraiment compté avant le Débarquement sur la Résistance qu'ils considéraient comme un bonus". "Mais "dans l'ensemble, elle a joué un rôle qui a plutôt agréablement surpris les Alliés", notamment après le passage de l'armée régulière lorsqu'il s'est agi d'utiliser les résistants comme éclaireurs près des lignes allemandes, de leur faire garder des infrastructures comme des ponts ou encore de garder des prisonniers" observe-t-il.

      En effet , "les alliés, qui pouvaient un peu douter de la discipline de la résistance et qui la considéraient jusque-là comme un plus, vont avoir beaucoup plus confiance en elle. Dès lors, la Résistance est considérablement armée, notamment en juillet-août, et beaucoup mieux intégrée dans la pensée stratégique alliée lors du débarquement en Provence, qui a lieu le 15 août 1944."
      De toute façon, "la Libération de la France aurait été réalisée sans la Résistance, mais elle ne l’aurait pas été de la même manière. Il y aurait eu beaucoup plus de vies humaines sacrifiées, beaucoup plus de heurts entre la population civile et les armées de la libération. Cette Résistance, en fonction des listes établies par les services gaullistes, va nommer des préfets, des maires, reconnus par la population. Par exemple, la réquisition d’une école pour loger des soldats américains sera beaucoup mieux acceptée si elle est décidée par le maire que par un capitaine américain. La Résistance a donc été plus facteur d’ordre que de désordre."
      ==> extraits de divers interview d'O Wiervorka, dont :  http://education.francetv.fr/videos/6-juin-1944-debarquement-et-resistance-v105141


      Auteur du livre "D-Day et la bataille de Normandie", l'historien britannique Antony Beevor, souligne que les "molles collines normandes ne se prêtent guère au combat de maquis comme les régions montagneuses. On ne pouvait de ce fait, s'attendre à ce que des résistants à Caen se comportent comme des résistants yougoslave, qui ont livré de véritables batailles rangées contre la Wehrmacht".
      A contrario, la Résistance a joué un rôle majeur en sabotant les voies ferrées et les lignes téléphoniques ennemies. "L'attaque des lignes de communication représente une contribution importante de la Résistance sur toute la Normandie car elle a retardé l'arrivée des renforts allemands", souligne M. Beevor.


      Pendant la Bataille de Normandie, la Résistance paie néanmoins un lourd tribut… Dès le 6 juin 1944, le chef de la police Harald Heynz fait tuer 75 à 80 prisonniers, la plupart résistants, dans la prison de Caen. Aujourd’hui encore, on ne sait pas où sont leurs corps.



      Le rôle de la résistance locale 
      • Son organisation
      Le réseau "Alliance" a été créé en 1940 par Georges Loustaunau Lacau dit "Navarre", arrêté en 1941, puis repris par Marie Madeleine Fourcade dit "Hérisson" et par Léon Faye. Ce réseau s'étend à toute la France, aussi est-il divisé en 1942 en zones : Sud Ouest, Sud Est, et, Ouest, commandé par Jean Roger Sainteny dit "Dragon". Ce secteur Ouest était lui même divisé, et, la Normandie était appelée "Ferme".
      La partie ouest du Calvados, dirigée par Robert Douin dit "Civette", était elle même divisée en 4 autres secteurs dont le "Bessin" créé par Jean Sainteny, qui réside parfois à Aignerville (près de Trévières). Sainteny fédère son équipe avec d'autres résistants locaux : Bernier de Port, et surtout avec l'instituteur de Formigny, M Couliboeuf dit "Bison noir" qui devint le chef et la boîte aux lettres du groupe "Bessin" aidé par Rodriguez dit "Pie", le radio.
      Cette zone "Bessin" est elle même divisée en 3 secteurs : Bayeux, Port en Besssin (Paul Bernier, avec des pêcheurs: Payen, les Cardron, et surtout G Thomine dit "Cachalot"...) et, enfin, Saint Laurent-Trévières qui est représenté par : Désiré Lemière dit "Chordeille" facteur à St Laurent; Albert Anne, forgeron-charron, d'Asnières ; Robert Boulard facteur à Trévières ; et probablement Charles Olard, le receveur du bureau de poste de St Laurent.


       Désiré Lemière              Albert Anne                Robert Boulard


      • Son rôle
      Ces équipes observent et transmettent des renseignements d'une grande précision, en effet quoi de plus naturel qu'un facteur en tournée qui n'hésite pas à discuter [se renseigner discrètement] avec les habitants ? De même qui se méfierait de ces braves pêcheurs qui jettent leurs filets face aux bunkers en construction? Enfin, qui se méfierait d'un aveugle qui se promène sur le littoral avec sa canne blanche ?
      Le groupe Alliance dont l'activité est le "renseignement" fonctionne par un système organisé de "boites aux lettres" dont celle de Bayeux est centrale ; de là, des contacts émis par un poste emetteur radio vers Londres. L'épicentre de ce réseau est donc la "maison des gouverneurs" à Bayeux, résidence de deux institutrices Julia Picot et Germaine Limeul, qui centralisent toutes les informations.

      A partir de l'été 1943 les alliés sollicitent davantage de renseignements : la décision de débarquer en Normandie a été prise... Robert Douin s'active et peaufine ses cartes qu'il agrandit au 1/10.000 puis les fait parvenir à Paris par l'intermédiaire d'un agent de liaison, Jean Truffaut, dit "Tadorne". En mars 1944,toutes ses cartes sont finies.
      • Les membres du groupe Saint Laurent-Trévières
        Ce tout petit groupe a fait, dans un secteur difficile, très surveillé et contrôlé, ce qu'il a a pu. Malheureusement, dans des conditions qui n'ont jamais été éclaircies, ils ont été dénoncés et arrêtés tous les quatre,  puis fusillés à la prison de Caen (voir document en bas de page) , sauf un membre qui aurait été libéré dans des conditions totalement inconnues.
      -Désiré Lemière  (1887-1944) habite le hameau de Fosses Taillis à Saint-Laurent-sur-Mer. Agriculteur sans terres, puisque les les Allemands les avaient en partie réquisitionnées, il est devenu facteur à St-Laurent. Depuis janvier 1943, il fait partie du "Groupe Alliance" et il a été arrêté le 5 mai 1944 par la Gestapo, puis fusillé le 6 juin 1944 à la Prison de Caen. Désormais une rue de St Laurent/Mer porte le nom du résistant mort pour notre liberté.

      -Robert Boulard est facteur à Trévières et habite Vierville, au hameau de Vacqueville. Il est agent de renseignement du "Groupe Alliance", et a aussi été arrêté le 5 mai 1944 et fusillé le 6 juin 1944 à la Prison de Caen.

      -Albert Anne est forgeron à Asnières, il est agent de renseignement du "Groupe Alliance", et a aussi été arrêté le 5 mai 1944 et fusillé le 6 juin 1944 à la Prison de Caen.

      -Charles Olard est receveur des Postes à Saint-Laurent et habite au hameau de Fosses-Taillis, comme Désiré Lemière. Il aurait été, comme les autres, arrêté le 5 mai 1944, mais aurait été libéré avant le 6 juin 44  dans des conditions très  mystérieuses, sans que jamais, durant sa vie,  il ne fournisse la moindre explication (aucune source historique).
       Aujourd'hui, on comprend qu'il n'y en aura jamais, en effet un membre de la famille Olard s'exprime aujourd'hui ainsi :
      "j ai promis à ces résistants de faire ce que je fais pour eux, pour leurs fréres de combats et pour transmettre ceci aux générations futur , je tiend cette promesse du mieux que je le peux à mon petit niveau , ce fût leurs volontés ... de cette maniére je reste auprés d' eux et je pense qu ' ils m' accompagne dans cette démarche de coeur ... sachez que mon grand pére lucien OLARD ( garagiste ) était résistant à VIERVILLE SUR MER ( inconnu resté dans l' ombre ce fût sa volonté ,sans gloriol ni remerciement ...) son fréres chrales OLARD résistant à la poste de SAINT LAURENT SUR MER ( chef receveur des postes ) reconnu résistant dans le groupe ALLIANCE sous réseau FREME .Et le beau frére de mon grand oncle charles OLARD du nom de jean Caby RESISTANT (reconnu ) fait parti des 87 fusillés RESISTANS de la prison de caen fusillés par les allemands au matin du 6 juin à l' annoce du débarquement.
      Sebastien olard, familles de résistants à OMAHA BEACH
      PRESIDENT DE L ' ASSOCIATION : LES FLEURS DE LA RESISTANCE"
      [orthographe d'origine de la source : https://www.lesherosdelasecondeguerremondiale.fr/omaha-beach/]

      Complément : Devenir un héros de l'histoire

      Conclusion
      Plus que le célèbre  discours  de De Gaulle à  Londres, c’est essentiellement  le patriotisme qui motive les résistants en Normandie. De rares  courageux ne supportent pas de voir leur pays occupé par une armée étrangère et s'engagent  à leur  manière dans la résistance qui demeure un phénomène très marginal. Toutefois, localement la résistance a montré son efficacité  dans la collecte de renseignements, seule activité possible. Localement, la résistance paie néanmoins un très  lourd tribut… puisque le réseau Alliance a été exécuté et que la quasi totalité de ses membres  ont été tués   le 6 juin 1944, dans la prison de Caen. Aujourd’hui encore, on ne sait toujours pas où sont leurs corps.

      rapport de la gendarmerie sur les exécutions à la prison de Caen le 6/6/1944