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Cacher les morts ?

Les pertes sont nombreuses, surtout à Omaha mais aussi ensuite lors de la bataille de Normandie. Les familles redoutent de recevoir ce télégramme : 

Comment les États Unis vont-ils prendre en charge les corps des soldats? Comment s'organisent les sépultures ? 


L'organisation américaine


Les sépultures militaires de soldats sont très récentes, autrefois elles étaient réservées aux chefs et héros. Les premières sépultures de simples soldats (souvent des ossuaires) ont débuté avec la Guerre du Mexique (1847/50) et la guerre de sécession (1861) aux USA. Pour la France avec la guerre de Crimée (1856) et avec la guerre de 1870, c'est ainsi que se généralise la tombe individuelle pour les soldats.
Divers organismes sont donccréés :
-pour gérer les cimetières :"Americain Battle Monuments Commission" ABMC (1923) qui entretient les 24 cimetières américains (dont 11 en France) soit 8 pour la première guerre mondiale et 14 pour la seconde guerre mondiale , s'ajoutent deux autres (Mexique Corozal)
-pour gérer l'enregistrement des morts au combat et leurs sépultures. En 1917 : création d'un 3Service d'enregistrement des sépultures" qui devient en 1943 l' AGRS "American Graves Registration Service" dont le rôle en temps de guerre est la collecte, l'identification, l'enterrement des soldats.


L'armée doit s'organiser en prévision des morts. En 1944, l'unité de base est la compagnie de 137 hommes avec 13 camions et 10 remorques, attachée aux divisions (1 compagnie par corps d'armée). Elle comprend 6 officiers et 12 médecins (identification et cause de la mort) et 119 hommes (structurés en peloton et section) avec des spécialités : messes, administratif, corps piégés... ll faudra aussi faire appel aux civils et prisonniers. En 1944, très vite, par insuffisance d'hommes, on passe à une compagnie de 160 hommes. En fin de guerre, l'effectif est de 22792 hommes dont 3189 militaires et 19603 civils avec 5895 véhicules.


Comment identifier les corps ?

Tous les individus morts (même allemands) sont pris en charge. Les unités de combats évacuent leurs morts vers un point de collecte en attente de la prise en charge par l' AGRS (du 6 au 9 juin). Ainsi à Omaha, le 18° Rgt de la 1° DI comprend 18 hommes chargés de collecter les morts (5 par bataillon de 700 à 800 hommes).
Ils se font vite aider par les prisonniers et les civils pour collecter les corps et effets personnels. Les effets personnels des allemands peuvent être donnés à des français, par contre tous les effets personnels des GI's morts sont envoyés dans des dépôts pour être nettoyés et désinfectés, d'abord une fromagerie à Isigny avec 350000 paquets... puis comme le bâtiment se révèle vite trop petit, on les envoie ensuite à Cherbourg puis enfin à Paris. Tous ces effets sont inventoriés, classés avec la possibilité d'une récupération par la famille.

L'identification des corps est facilitée grâce aux plaques de matricule nommées "DOG TAG" ( 2 portées en permanence) avec gravés : Nom, N° matricule, religion, groupe sanguin, (et après mars 44, nom d'un proche à prévenir ) si les deux dog tags sont récupérés l'un va avec les effets personnels, l'autre reste sur soldat.
En cas d'absence de Dog tag, on fait une recherche des objets personnels qui sont photographiés (en principe les soldats devaient y inscrire leur nom et matricule...) et dans le matériel proche du corps (char...) ensuite on recherche des témoignages...Les inconnus sont appelés UNKNOWN X-1 ... X-2
Un rapport d'enterrement est réalisé, parfois avec empreintes digitales et dentaires mis dans une capsule d'identification (bocal/tube verre de 2,5 cm de D et 20 cm de long) enterré avec corps à 30 cm du sol


L'urgence des cimetières provisoires


A l'origine l'Etat major avait prévu la construction de deux cimetières provisoires sur la tête de pont prévue, en limite de l'espace qui aurait du être libéré le soir du 6 juin,  à Sainte Honorine et Criqueville, donc des sites  à l'écart mais non disponibles après le débarquement, or les morts sont nombreux (2000 d'après les recherches de J Balkoski)

A partir du 7 juin les services spécialisés ("606° QM Graves Registration Unit") ont commencé à rassembler des centaines de corps. Les hommes des "Beach group" chargés de ramasser les cadavres se trouvent vite confrontés à plusieurs difficultés : l'abondance de corps sur la plage et sur la tête de pont ; la difficulté de travailler sous les tirs ennemis ; le manque d'hommes pour ce travail car les "engineers" sont très occupés à ouvrir les sorties de plage et à déminer le secteur.

Aussi le soir du 6 juin, en urgence, sur Easy Red (Ruquet), le génie (299° bataillon) reçoit l' ordre de nettoyer la plage des corps et creuse avec un bull une tranchée et y entasse les corps « comme du bois empilé » recouverts de sable. C'est une fosse commune temporaire créée par urgence ! |
[=> en fait, un seul témoin évoque cette fosse commune provisoire, donc absence de sources officielles pour cette version]

Le lendemain 7 juin, un premier cimetière provisoire fut créé, au pied de la falaise entre Vierville et St Laurent (Dog White), en principe ces cimetières provisoires situés dans une zone de combat doivent être discrets et établi selon un plan standard fourni (alignement, rangées, espaces...). On doit utiliser des couvertures pour les premiers enterrements, si on en manque, on utilise des parachutes. Avec l' arrivée de renforts, des sacs spéciaux sont utilisés, puis arrivent les cercueils : il a fallu déterrer les corps pour les mettre dans ces cercueils.

Le 3°peloton de la 6 compagnie de la 6° brigade du génie crée des tranchées pour ce cimetière provisoire qui représente 1° cimetière organisé par AGRS. Ensuite des prisonniers de guerre et des soldats noirs américains se mettent au travail pour créer des tombes, des cérémonies s'y déroulent. Aujourd'hui, une stèle indique la localisation de ce cimetière provisoire sur la route côtière entre Vierville et St Laurent.


Le 10 juin, on ferme ce cimetière nommé (à tort) "Cimetière américain  2 ou Saint Laurent 2" qui comprend 458 soldats américains et quelques allemands et anglais, le lendemain 
dimanche 11 juin une messe y est célébrée. 




Cette fermeture s'explique par les problèmes rencontrés (odeurs, présence de mouches) et aussi cette désastreuse vue sur un cimetière  pour les nouveaux soldats qui débarquent, aussi, est-il décidé de créer un nouveau site sur le plateau à l'est de E1 Ruquet (en fait, il jouxte à l 'Ouest le site actuel et  on y accède par le Ruquet).

La construction du cimetière (provisoire) N° 1 sur la falaise entre Le Ruquet et Colleville, se fait progressivement  en 3 mois. C'est un cimetière simple où les morts  sont enterrés en ligne ; une croix indique le nom du soldat et la date de sa mort. Progressivement il se remplit.
-Le  15 Juin : 775 corps alliés et  200 allemands
-Les 458 corps du cimetière de  Saint Laurent 2 sont transférés sur le nouveau cimetière (fin le 20 juin ou 12 juillet selon les sources). Le terrain retrouve  son aspect "normal" par la suite. 

-Le 26 juin : il comprend 2164 corps,  1510 américains, 48 alliés et 606 allemands y sont enterrés. Les travaux sont réalisés, en partie, par des prisonniers de guerre venant du camp établi au Ruquet.
-mi-juillet: 3797 soldats y sont enterrés.

Les enterrements sont ensuite clos. Plus tard un cimetière définitif sera créé.
(voir détails)

Les américains, pourtant bien organisés ont été débordés après le 6  juin pour enterrer leurs morts. Ils ne pouvaient décemment laisser un cimetière  à la vue des GI'S qui débarquent en flots continus sur Omaha. Ils ont rapidement réagi pour inhumer dignement leurs morts.
Il faut noter le grand respect des corps  lors de l'établissement du cimetière provisoire, chaque inhumation est précédée de rites classiques d'enterrement d'un militaire avec une cérémonie solennelle, ce qui sera répété  pour le cimetière définitif.
Aujourd'hui le cimetière américain de Colleville est devenu un des sites les plus visités de Normandie. Voir le dossier consacré aux "sites mythiques"

Sources
http://6juin.omaha.free.fr/10cim/111_histoire.php

Ouvrages de référence
C Lebastard "Le cimetière américain de Colleville" (Orep)

A Deshays "Combattre et mourir en Normandie" (Orep)

Pour les soldats noirs, un hommage tardif

Le musée Mémorial d'Omaha Beach crée par Monsieur Tréfeu a été le premier musée a exposé des mannequins de reconstitution ayant la peau noire, ce qui, régulièrement, questionne les visiteurs qui, souvent, ne comprennent pas cette présence !

Ce n'est pas une erreur mais bien le reflet d'une réalité méconnue :des Gi's noirs étaient présents le Jour J à Omaha Beach.
Avec la visite prévue le 6 juin de Barack Obama, à l'occasion du 65e anniversaire du Débarquement, les regards se sont tournés vers des acteurs jusque-là ignorés du jour J : les soldats noirs. Ils sont 146 à reposer au-dessus de la plage d'Omaha. 1700 libérateurs noirs étaient sur les plages de Normandie le 6 juin dont  500 à Omaha. Ils furent plusieurs dizaines de milliers les jours suivant à œuvrer dans les services d'intendance, et bientôt dans les unités combattantes, leur loyauté à l'Amérique ayant été vérifiée au feu.


Décembre 1944 : soldats noirs capturés par les allemands pendant la Bataille des Ardennes. (Archives fédérales allemandes)


L’armée américaine est  raciste et ségrégationniste.

Le ministère de la guerre américain perpétua la ségrégation raciale, bien après l'abolition de l'esclavage en 1865. Déjà dans le civil, les employeurs réservaient aux travailleurs noirs les tâches les plus pénibles et les moins rémunérées. Ce traitement se reporta dans les troupes militaires, ainsi, les noirs étaient séparés des blancs : régiments et mess étaient distincts, mêmes les poches de sang n'échappaient pas à la règle. Pourtant, le 3 septembre 1940, le Selective Service Act était censé mettre fin à cette politique dégradante, sans succès. Les soldats de couleur recevaient une piètre instruction et une nourriture moins bonne que leurs camarades à la peau plus claire. 

Commandés par des blancs,  les noirs ont  toujours une position inférieure. ils étaient cantonnés en majorité  dans des unités spécifiques affectés  à des tâches de soutien, en particulier à des fonctions logistiques (ravitaillement, manutention, cuisine ou transport). Néanmoins certains pouvaient tout de même servir dans des troupes de combats comme le génie, l'artillerie ou la DCA. S’ils représentent 8,7% des effectifs militaires, ils sont à peine 3% des troupes combattantes.


Dans le "centre d'interprétation" qui jouxte le cimetière militaire de Colleville leur présence est évoquée. Un panneau vante l'héroïsme du sergent Waverly Woodson, responsable de la pharmacie du 320e bataillon de barrage antiaérien, qui soigna durant cinq jours les blessés sur la plage d'Omaha, avec un éclat de mortier dans la jambe.


A Omaha,  un bataillon  entièrement constitué de soldats noirs


Environ 500 afro américains sont présents à Omaha le 6 juin (1200 à Utah) ils servent  dans le 320° bataillon de ballons antiaériens dont quatre sont inhumés au cimetière. S'ajouteront la 
3275° compagnie du service d'intendance,  la 385 ° compagnie de camions de l'intendance et le 490° bataillon portuaire. Dans les les semaines qui suivent, d’autres Noirs débarquent en Normandie : ils sont essentiellement chauffeurs de poids lourds, conducteurs d’engins amphibies ou dockers. Ils sont aussi  engagés comme steeward pour les gardes côtes, ou cuisiniers  pour la Marine. Leur activité est donc variée :  ils œuvrèrent sur les ports flottants d'Utah et d'Omaha Beach, ils  édifièrent des hôpitaux et des aérodromes. Les GI's les croisèrent sur le Red Ball Express, lorsqu'au volant de leurs camions ils constituaient le vital maillon du ravitaillement en carburant et en munitions vers les premières lignes. 
Aucune unité noire n’est alors engagée dans les combats. En effet la ségrégation existe dans l'armée et les noirs (considérés comme peu fiables pour le combat) occupent à 75% des emplois de service (cuisine, manutention, blanchisserie...). Toutefois,  le 761st Tank Battalion, les Black Panthers, qui débarqua sur Omaha le 10 octobre 1944,  ferrailla dans la 3rd Army du Général Patton.

Le 6 juin 1944, une seule unité noire participe au débarquement sur Omaha Beach: le 320 ème Barrage Balloon Battalion. Ce sont eux qui vont installer,  un barrage de ballons destiné à empêcher les attaques de l’aviation ennemie à basse altitude. 
 A gauche photo prise à Utah et, à droite, vue sur les ballons  à Omaha 


Ainsi à l’aube du 6 juin 1944, William Dabney se trouve dans une barge de débarquement, à 6h30 du matin, la plage d’Omaha  se dessine devant ses yeux. Ce jeune homme de 19 ans, originaire de Virginie, s’apprête à vivre le moment le plus intense de sa vie. Avec ses camarades, il saute de l'embarcation et foule le sol de France sous une pluie de balles et d’obus. "Les Marines étaient déjà passés. Le sable était couvert de cadavres", raconte à France 24 le vieil homme, depuis son domicile de Roanoke (Virginie), aux États-Unis. "Je faisais partie du 320e bataillon de ballons de barrage anti-aérien. J’avais un ballon attaché à moi lorsque je suis arrivé sur la plage, mais il a été détruit pendant les bombardements".

Dans l’enfer du "D-Day", le soldat américain arrive à survivre tant bien que mal. Il s’empare d’une pelle et creuse un trou dans lequel il reste terré pendant de très longues heures : "Je suis resté sur la plage pendant environ trois ou quatre jours, en attendant l’arrivée de nouveau matériel. Je ne faisais pas partie de l’infanterie ou des Marines, je n’étais pas en train de me battre. J’étais là pour protéger les troupes avec les ballons". William Dabney faisait partie d’une unité spéciale, équipée de ballons en caoutchouc gonflés à l’hydrogène et rattachés à un treuil par des câbles d’acier. Ce système permettait d’éloigner les avions ennemis, en cas de contact, un détonateur déclenchait une explosion.

Ce 320e bataillon de ballons de barrage anti-aérien avait également la particularité d’être entièrement constitué de soldats noirs. Alors qu’à l’époque, les militaires de couleur étaient relégués à des tâches subalternes et à l’écart des régiments de blancs, le 6 juin, seul ce bataillon afro-américain a débarqué à Omaha et Utah Beach. Mais pendant des décennies, leur participation héroïque est tombée dans l’oubli. Sur les plaques commémoratives, dans les livres d’histoire ou dans les films, il n'est fait aucune mention de leur présence lors de ce jour si crucial.

320E RÉGIMENT DE BALLONS DE BARRAGE ANTIAÉRIEN





Il faudra attendre 2009 pour que William Dabney et ses compagnons obtiennent enfin l'hommage mérité. Le vétéran de Virginie, l’un des derniers survivants de son bataillon, s'est vu décorer de la Légion d’honneur par le président Nicolas Sarkozy accompagné de son homologue américain Barack Obama. "J’étais vraiment reconnaissant que les Français apprécient le fait que je me sois battu pour eux. (…) Quand je suis venu en France pour recevoir ma médaille, ils ont joué des hymnes et j’ai dû rester immobile en faisant le salut. J’ai cru que mon bras allait tomber parce que j’avais plus de 80 ans et maintenant j’en ai 90 !", souligne William Dabney avec humour.

Cette manifestation tardive n’aurait jamais eu lieu sans la détermination d’Alice Mills, maître de conférences de l’Université de Caen. Spécialiste de la littérature afro-américaine, elle a été surprise de "l’invisibilité" des troupes noires américaines débarquées en Normandie. Seuls quelques ouvrages font allusion à ces soldats en les associant à des histoires de viols ou de pillages lors des jours troubles de la Libération de la France. "La thèse de nos historiens me paraissait en décalage avec les souvenirs de nombreux Normands avec lesquels je m’étais entretenue de façon informelle", explique-t-elle à France 24. "Ils affirmaient avoir cohabité plusieurs mois sans problème avec des soldats noirs, et les enfants de l’arrière-pays semblaient avoir régulièrement voyagé dans leurs Jeeps. La population était plus terrorisée par les Géorgiens de l’armée allemande, réputés pour leur cruauté. Alors que pour les soldats noirs, ils étaient contents qu’ils soient là".
Dans son livre rempli de témoignages "Soldats noirs américains, Normandie 1944", Alice Mills montre également que ces hommes ont joué un rôle très important dans l’opération Overlord. Dans le cadre de ses recherches effectuées pendant une année à l’Université d’Harvard, elle a ainsi retrouvé un message adressé le 26 juillet 1944 par le général Eisenhower au 320e bataillon de ballons de barrage anti-aérien : "Votre bataillon a débarqué en France le 6 juin sous le feu de l’artillerie, des canons et des fusils. Le bataillon, en dépit de ses pertes, a accompli sa mission avec courage et détermination, prouvant son importance dans l’équipe de défense aérienne".

Des noirs combattent !

Il faudra attendre que la situation se dégrade sérieusement, durant l’offensive allemande des Ardennes fin 1944, pour que des Noirs soient autorisés à s’illustrer au combat. Il s’agit en particulier de bataillons d’artillerie et de chasseurs de chars (Tank destroyers). Plus tard, lors de l’entrée des Américains en Autriche, c’est un bataillon de chars (761ème Tank Bataillon) qui est à l’avant-garde. Pour éviter qu’ils n’entrent en contact avec l’armée soviétique avant les Blancs, le commandement ordonne l’arrêt des livraisons de carburant. Las ! Les tankistes en dérobent et arrivent les premiers au contact de l’armée rouge... ce qui sera soigneusement passé sous silence. L’aviation américaine comptera également quelques unités noires, surnommées « Tuskegee Airman ». Le 332ème Fighter Group, là encore uniquement noir, sera engagé sur le théâtre méditerranéen, notamment en Italie, où il obtiendra des résultats impressionnants. 
A signaler également la 92°division d'infanterie qui combat en Italie et  la 93°division d'infanterie qui s'opposa aux japonais dans le Pacifique.
On peut estimer qu' à la fin de la guerre la population noire représente 1/8 des forces américaines, mais cela est toujours resté dans l'ombre.

Les noirs au cimetière de Colleville

2% de soldats tués pendant la 2°guerre mondiale étaient afro américains. Au cimetière de Colleville, 146 soldats noirs sont enterrés ou inscrits sur le mur des disparus dont 3 tués le jour J. Malgré la ségrégation de l'après guerre, il faut noter qu'ils sont enterrés parmi tous les soldats tués, le "hasard" étant la règle pour l'implantation des tombes

Trois  femmes auxiliaires noires du secteur postal (WAAC) sont enterrées : sergent D M Brow (F 13 tombe 19), PFC M J Barlow (A 19 tombe 30), et M H Bankston (D 20 tombe 46) tuées dans un accident de route le 8 juillet 1945 près de Saint Valéry en Caux. Elles triaient les lettres de plus de 7 millions de soldats américains. Ce bataillon était exclusivement composé de 885  femmes noires et dirigé par le lieutenant colonel Charity E Adams, la femme noire la plus gradée de toute la seconde guerre mondiale. 


Le colonel Charity E Adams et le capitaine Abbie N Campbell
 inspectent le contingent du 6888° bataillon postal en Angleterre


En 1997, B Clinton remit 7 médailles d'honneur  pour services rendus pendant la deuxième guerre mondiale, c'est la première fois que des noirs ont cette distinction.
La France a accordé la première légion d'honneur a W G Dabney qui débarqua à Omaha le 6 Juin avec 3 camarades du 320° Bataillon des ballons antiaériens


Une difficile reconversion

Malgré cet hommage du chef suprême des forces alliées en Europe, le retour à la vie active ne fut pas des plus faciles pour les soldats du bataillon noir. Dans une Amérique où la discrimination sévissait encore, leurs exploits n'eurent pas d'écho. William Dabney, enrôlé dès l’âge de 17 ans, n’a pas pu suivre la carrière souhaitée. Après avoir continué la guerre en Belgique puis aux Pays-Bas et enfin aux Philippines, il a entamé des études après sa démobilisation. "Il est allé au Saint Paul's College, un institut technique, et à Lawrenceville, en Virginie, où il a obtenu un diplôme universitaire d’ingénieur électrique. Mais à l'issue de ses études, il est victime de la ségrégation sur le marché du travail. Il n’y avait pas de poste d’ingénieur ouvert pour des candidats noirs. Il a été obligé de suivre une formation de carreleur", raconte son fils Vinnie Dabney.



William Dabney et son fils Vinny en 2009



L’ancien soldat ne préfère toutefois pas s’attarder sur ces questions. "Quand je suis revenu en France, des jeunes m’ont demandé ce que cela faisait de venir ici libérer l’Europe alors que nous n’étions pas libres nous-mêmes en tant que Noirs. J’ai dû leur expliquer que nous n’étions pas exactement dans la même position que les Français durant la guerre", estime William Dabney. "J’ai grandi dans une ferme en Virginie, bien sûr que nous étions des métayers, mais nous jouions aussi tous ensemble, Blancs et Noirs. Je ne pensais pas vraiment à la ségrégation à l’époque". À 90 ans, le vétéran du Débarquement se focalise sur le devoir de mémoire : "Je ne pense pas que je viendrai en France en juin, mais nous avons notre propre mémorial du 'D-Day' ici et je vais y aller avec quelques vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Et puis je n’aime pas trop voler !"


Durant la Seconde Guerre Mondiale, 909 000 soldats noirs ont combattu dans les rangs de l'armée américaine. Il faudra attendre 1948 pour que celle-ci mette fin à la ségrégation raciale dans ses rangs.


Sources :
-web : http://www.plagesdu6juin1944.com/blog/6/
-article de France24 du 05/06/2009 : La France rend honneur au rôle des Afro--Américains
-article France 24 du 04/06/2014 : "D-Day" : les soldats noirs tombés dans l'oubli
-article du Monde du 06/06/2009 : Les soldats noirs des Etats-Unis, héros oubliés du 6 juin 1944  et  en 44 l'armée était raciste
-Dictionnaire du Débarquement, sous la direction de Claude Quétel, éd. Ouest France

-Ouvrage "Soldats noirs américains, Normandie 1944", Alice Mills

Deux sites mythiques.

En automne  2018, les médias ont titré "La Normandie est dans le top 10 des régions du monde à découvrir en 2019" d'après le  site "Lonely Planet" qui  rappelle que la Normandie accueillera de nombreux événements en 2019, dont le 75e anniversaire du débarquement du 6 juin 1944 dans le Calvados. Trip advisor précise les lieux incontournables à visiter,  de nombreux organisateurs de voyage incluent une journée sur Omaha et bien sûr, arrivent en tête :





Ces deux sites mythiques, les plus visités, attirent les touristes pour plusieurs raisons :
-seuls sites d'Omaha: sur la plage, il n'y a rien à voir (sauf, désormais les statues monumentales "les Braves" et des plaques ou monuments souvenirs s)
-sites gratuits, donc avantageux pour les tours opérators
-sites grandioses et émouvants, parfaitement entretenus par les américains
-sites témoins de la violence du débarquement

POINTE DU HOC

Rénovée !
Pendant longtemps, laissée quasiment en l’état, la Pointe du Hoc, entourée de prairies, se découvrait brutalement aux promeneurs sur un site sauvage, empli de cratères aux formes adoucies, de vestiges en béton, d'amoncellement de ferrailles, recouverts de végétation, essentiellement des broussailles et ronces qui masquaient l'essentiel des marques de la bataille. Les visiteurs étaient déçus de ces ruines non entretenues qui ne comportaient aucune indication de visite.

Classée au titre des sites en 1955, la pointe du Hoc a fait l’objet d’un réaménagement conséquent en 2004 qui constitue la première réalisation de l’Opération Grand Site « Normandie 44 ». Le parking est déplacé, agrandi, structuré et placé derrière l’épaisse haie qui le dissimule depuis le site. Les accès sont confortés et la voirie refaite. Désormais, les 500 000 visiteurs qui fréquentent le site chaque année sont accueillis dans de meilleures conditions. A l’extrémité du parking, un bâtiment d’information assez vaste est à la disposition du public. Une large allée gravillonnée permet de se rendre sur le site qui se découvre d’un seul coup au détour d’une haie. Un cheminement accessible à tous permet de faire le tour des vestiges sans obstacle.

Propriété du Conservatoire du Littoral et gérée par l’American Battle Monument Commission, la Pointe du Hoc réunit toutes les conditions pour sa préservation. Toutefois ce le lieu est soumis à deux fortes menaces difficilement maîtrisables : la pression touristique et surtout l’érosion naturelle de la falaise qui met en péril le poste d’observation où s’élève le monument commémoratif.


L’American Battle Monument Commission a entrepris, en 2010 de gros travaux pour ralentir le recul de la falaise, sauver le blockhaus et le rouvrir à la visite en toute sécurité, en accord avec le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer. Totalement financés par le gouvernement américain, les travaux commencent en  février 2010, pour une durée de six mois.Une grue de 130 tonnes y est acheminée, vingt personnes sont présentes chaque jour pour effectuer les diverses tâches. Le montant du marché avoisine les 5 millions d’euros pour des travaux titanesques :
apport massif de béton pour combler des cavités creusées par la mer, un parement en calcaire pour masquer les injections, clouage des blocs, forage de 25 cm de diamètre et ancrages  profonds... Rien ne doit demeurer visible au visiteur, des apports végétaux masquent l’ensemble des interventions.
Mais quelle pérennité face à l'érosion à venir ? la mer finira par imposer sa loi d'ici 20 ou 30ans, de toute façon. Que deviendra le site ?
Le prix payé par les Etats-Unis pour que leurs vétérans et leurs familles puissent encore se recueillir sur ces lieux chers à leur histoire  et à celle des Normands est vraiment  lourd ! 
Mais désormais des milliers de visiteurs sont là... 

Dernière minute : encore des travaux de prévus ! 
A partir de 2019, 3 ans de nouveaux travaux sont planifiés , un lifting à 16 millions payé par  l’American battle monument commission (ABMC) pour une refonte complète du  parcours de visite. L'objectif : canaliser la circulation des touristes, améliorer leur accueil et proposer de la réalité augmentée. « Si rien n’est fait, à l’avenir, le site aura totalement disparu. Il est déjà différent. Le passage des touristes, l’érosion ont modifié les lieux » , indique Scott Desjadins, surintendant du cimetière américain d’Omaha Beach. En 2009, l’ABMC avait déjà investi 5 millions d’euros, pour consolider la falaise
Dans un premier temps, le site va être entièrement sondé. « Un système de scanner va permettre de visualiser le sous-sol et ce qui s’y trouve encore. » Des parties enterrées sous les bombardements sont certainement restées en l’état depuis près de soixante-quinze ans. Les Américains veulent aussi s’assurer qu’il ne reste pas de corps ensevelis. Cette opération sera conduite en 2020, avant le printemps.
Pour conserver le site en état, « la visite ne se fera plus sur la Pointe du Hoc mais au-dessus » . Actuellement, les milliers de visiteurs se promènent librement sur le site. L’aménagement vise à canaliser la circulation sur un cheminement placé au-dessus du sol. « Quand on sait qu’une dalle de béton de 60 tonnes repose sur quelques ferrailles rouillées, on peut s’interroger. »
La réalité augmentée sera également utilisée, « pour permettre aux visiteurs de découvrir à quoi ressemblaient ces bunkers en 1944 » . La visite prendra un tout autre sens grâce à l’utilisation du numérique, sur un téléphone ou une tablette, sur place mais aussi depuis n’importe quel point du globe. 
Egalement, le centre de visiteurs sera entièrement repensé.

De plus les américains demandent un changement de statut à leur profit : aujourd'hui la gestion est partagée entre eux, le conservatoire du littoral, le département et la commune de Cricqueville, demain ils souhaitent une gestion exclusivement américaine, comme au cimetière de Colleville. Il semblerait que les divers acteurs soient favorables à donner carte blanche aux américains...

Un assaut périlleux  ... probablement inutile mais maintenu

Jean Quellien  précise :« La grande question, c’est pourquoi les Américains ont donné l’assaut »Les Allemands avaient positionné 6 canons à la Pointe du Hoc, un éperon rocheux qui s’avance dans la mer, situé sur le territoire de Cricqueville-en-Bessin. L’un des canons a été détruit par l’aviation le 15 avril. Les cinq autres ont été reculés à l’intérieur des terres. « Ce déménagement nocturne ne passe pas inaperçu. La résistance locale est alertée par les habitants d’une ferme », indique Jean Quellien. L’information parvient à Guillaume Mercader, responsable du réseau de résistance Centurie pour le Bessin. Le futur directeur du journal La Renaissance (de 1968 à 1980) estime que l’information est capitale. Elle est transmise aux alliés. « Ils décident de maintenir l’opération qui doit être conduite par un major. Ce dernier sait qu’il va envoyer ses hommes à la mort  pour une mission suicide et aussi pour rien et - alcoolisé - il commence à l’ébruiter. Il est relevé par le lieutenant-colonel Rudder lui-même ». 200 rangers se lancent sous son commandement à l’assaut de la Pointe du Hoc. « L’opération n’a pas été inutile comme on l’a parfois dit puisque les canons avaient été remontés en position de tir ».

[lire notre dossier : La pointe du Hoc: un combat inutile ? Les américains savaient que les canons étaient déplacés, alors pourquoi risquer des vies inutilement?]




Un lieu spectaculaire 
L'assaut de la pointe du Hoc a été à la fois spectaculaire et meurtrier (sur les 225 rangers qui débarquèrent ce jour-là, 135, au 8 juin 1944 furent tués, blessés ou disparus.) Toutefois, il  faut préciser que l'assaut fut moins meurtrier que prévu, et que c'est la suite des opérations  dans les heures qui suivent qui seront les plus difficiles, les renforts n'étant pas parvenus.
Aujourd'hui il demeure l’un des rares sites offrant un témoignage direct de la violence du Débarquement en Normandie. En fait, ce que l'on voit, c'est un paysage profondément marqué par les  bombardements répétés. En effet  il y eut trois vagues de bombardements aériens 15 avril 1944 qui nécessitent de déplacer les pièces intactes à l'intérieur des terres ;  puis le 4 juin et le 5 juin   100 tonnes de  bombes déversées à chaque f
ois : au total  3800 tonnes de bombes déversées ; enfin,  le matin du  jour J ,à 5h50, s'effectuent de nouveaux bombardements (naval et aérien)  qui précédent  l'arrivée des rangers vers 7h10. 
Aussi, le site est très  impressionnant, il  laisse imaginer les conditions extrêmes dans lesquelles les Rangers ont gravi la falaise sous les tirs des soldats allemands embusqués au sommet. 


Un site mythique et symbolique  entretenu
par sa mise en valeur
Un site impressionnant qui ne peut laisser personne indifférent tant le paysage de chaos est un véritable choc pour les visiteurs.  Depuis sa remise en état, la visite  s'effectue au travers d'un chemin aménagé et sécurisé qui met en valeur un site lunaire, constellé de trous d’obus, de  bunkers détruits de ruines et ferrailles. De quoi réfléchir et méditer.

par les visiteurs
Ce site, désormais bien entretenu et mis en valeur, accessible gratuitement toute l'année, est devenu un incontournable, lieu de pèlerinage, symbole iconique de la réussite américaine. Les visiteurs sont nombreux, c'est probablement plus de 1.200.000 visiteurs qui parcourent la pointe du Hoc chaque année (dernière estimation de 2004).  Le "visitor center" qui enregistre officiellement plus de  300.000 visiteurs,  n'hésite pas à glorifier les GI'S : "compétence, courage, sacrifice"


On voit  même aujourd'hui des "reconstitueurs" s'emparer du site et  oser  se permettre de  dire :"Ce sont des sensations absolument uniques". Cette absence de respect est choquante.


par le cinéma
Le cinéma américain a été le premier  a exploité la pointe du Hoc et le mythifier, ainsi   "Le jour le plus long" qui a tourné sur place  les scènes du film :

par les commémorations
C'est à la pointe du Hoc que le président Reagan en 1984 a officialisé le retour des USA dans les commémorations en faisant un discours resté dans les mémoires. Désormais  les commémorations  sont systématiques. 


LE CIMETIERE DE COLLEVILLE

Un concept
Les architectes qui ont conçu dans les années 50  ce cimetière ont aménagé 70 ha avec une réelle mise en scène pour en faire  à la fois un haut lieu de mémoire et de recueillement mais aussi de tourisme.
Par sa forme ce cimetière est dans la continuité des cimetières américains existants : une double allée centrale coupée par une autre entre les carrés de tombes où les marqueurs en marbre blanc sont implantés avec un alignement parfait. Des bâtiments néo-classiques : chapelle circulaire multiconfessionnelle,  un mémorial semi circulaire avec une statue et des inscriptions dont les textes ont été savamment pensés pour qu'ils conviennent aussi bien aux familles qu'aux visiteurs, un bassin reflet de la mer, un belvédère qui permet d'appréhender  la plage mythique.
Mais si ce cimetière est magnifié  par des œuvres d'art (mosaïque de la chapelle, cartes géantes, statue de la jeunesse américaine) c'est son paysage qui interpelle : une nécropole verte qui transforme le cimetière en un jardin avec une mise en scène spécifique.

Une nécropole verte
Les plans des paysages sont à soumis à l AMBC qui souhaite une végétation qui clôture le site pour en faire un territoire à part. Le site fait 75 ha mais seulement 15 ha pour cimetière, le reste est un pelouse végétalisée d'un épaisse végétation d 'arbres, de buissons ; pas n'importe lesquels, des cyprès pour la solennité, des chênes pour l'immortalité, des oliviers pour la paix, des haies qui évoquent le bocage...
Le cimetière est un havre de paix, une nécropole verte, à la fois jardin, promenade et cimetière. En effet, la nature évoque l' éternel recommencement...  et le jardin évoque l’Éden, et le paradis
C'est donc un lieu qui accueille les morts et les vivants qui viennent se recueillir, il ne doit pas être repoussoir, mais accueillant sans être trop aseptisé....


Un lieu symbolique pour les  États-Unis

L
e lieu revêt une symbolique particulière  par son emplacement au dessus d' Omaha Beach où  beaucoup sont morts le jour J et  par le nombre de sépultures : 9387 corps. Ce site glorifie la nation américaine, c'est un lieu de gloire à la mémoire des héros tombés, c'est un lieu qui symbolise la victoire d'une nation et la puissance américaine qu'il faut célébrer. Aussi permet-il d'accueillir de grandes manifestations commémoratives présidées par le président des USA.
Tous les présidents américains en exercice depuis Jimmy Carter se sont rendus au cimetière de Colleville (sauf George H. W. Bush qui n'y a effectué qu'une visite privée en 1995) :
-Ronald Reagan en 1984 (pour le 40e anniversaire du débarquement) ;
-Bill Clinton en 1994 (pour le 50e anniversaire du débarquement) ;
-George W. Bush en 2002 (pour le « Memorial Day ») et en 2004 (pour le 60e anniversaire du débarquement) ;
-le dernier en date étant Barack Obama le 6 juin 2009 (pour le 65e anniversaire du débarquement) et le 6 juin 2014 (pour le 70e anniversaire du débarquement).
Les discours de ces visites ont souvent servi aux présidents américains à appuyer la politique étrangère du moment. (voir le dossier "Le tournant de 1984")

Un lieu mythique dans la culture populaire
Le cimetière apparaît dans le film Il faut sauver le soldat Ryan (1998) de Steven Spielberg, inspiré de l'histoire des frères Niland, dont deux sont enterrés à cet endroit. Il apparaît également dans La Malédiction (1976) de Richard Donner.
La Symphonic Prelude (The Cemetery at Colleville-sur-Mer) de Mark Camphouse est une référence au lieu.
La télévision dans tous les reportages évoquant le débarquement montre systématiquement le cimetière américain de Colleville (et pas ceux de Saint James ou d'Epinal)
Toutefois, c'est véritablement la sortie du film de Spielberg qui a redonné un regain d'intérêt au site ce que la presse a évoqué, 
Ouest-France titre : "La sortie du film de Ryan a dopé le rush des pèlerins pour le 55° anniversaire du D-Day"
ce sera le point de départ de ce que l'on appelle aujourd'hui le "tourisme de mémoire" et de l'engouement pour le cimetière, lieu déjà mythique, qui désormais symbolise  plus que jamais le débarquement.


Le tourisme
Dés le départ le cimetière est conçu pour accueillir des touristes, routes et parkings sont aménagés.
Le cimetière, premier site touristique de Normandie et  11° site le plus visité de Franc, accueille plus de 2  millions de visiteurs par an (en 2014)  dont 60% de français et  25 % d'américains. Il s'agit essentiellement de visites familiales (70%)  de visiteurs âgés de moins de  65 ans  (75%),  à noter que 82% des visiteurs ont vu le film "Il faut sauver le soldat Ryan" mais cela demeure la raison principale pour un quart de ceux qui l'ont visionné. Ceci explique la demande des visiteurs de se rendre sur la tombe du soldat  Ryan (qui n'est pas mort !), sans qu'ils connaissent  la véritable histoire des frères Niland.


Cet afflux de visiteurs s'explique  non seulement par  le spectacle émouvant qu'il offre, mais aussi par la gratuité d'un site ouvert toute l'année, par sa situation au cœur des plages de  débarquement et sa localisation au dessus de la plage d'Omaha Beach.

Un "visitor center" avec un réaménagement des parkings a du être réalisé en 2017 afin de mieux accueillir les visiteurs.

il faut noter la spécificité touristique  du cimetière :  une visite gratuite y compris pour le "visitor center", la possibilité de se promener librement et faire des photos sur un  site "sécurisé",  l'existence de visites guidées, l'absence heureuse d'une "boutique" ou de "buvette".


Un "visitor center"  pour réfléchir (et glorifier  les valeurs américaines)
Un tiers de la superficie est dédié un espace d'exposition. En utilisant des histoires personnelles des participants et un mélange de texte narratif, des photos, des films, des expositions interactives, des expositions dépeignent la compétence, le courage et le sacrifice des forces alliées. L'ensemble est présenté avec beaucoup de sobriété ce qui en accentue la portée.

"Le centre nous permet de mieux raconter l'histoire courageuse de ceux qui sont enterrés au cimetière américain de Normandie», a déclaré le général Frederick M. Franks, Jr., Etats-Unis (retraité), président ABMC. «Le centre offre une meilleure gamme de services aux visiteurs et met le jour J en perspective comme l'un des plus grands exploits militaires de l'histoire."

Le centre rend hommage aux valeurs et aux sacrifices de la génération des soldats de la Seconde Guerre mondiale. Après avoir connu le cimetière et le centre, les visiteurs doivent avoir "une meilleure appréciation de ceux qui participent à la libération de la Normandie, le rôle de l''Amérique et de ses alliés dans la conduite de la plus grande invasion amphibie de l'histoire et de l'importance d'honorer nos morts."

Le centre veut inspirer les générations futures à explorer, comprendre et reproduire les valeurs pour lesquelles ils se sont battus vaillamment. Il traduit aussi un sentiment de souvenir et offre aux visiteurs l'occasion de réfléchir à  la Seconde Guerre mondiale et de réaliser à quel point elle  a considérablement affecté le cours de l'histoire du monde.


De nouveaux investissements
En 2019, les américains ont décidé d'investir 4 M d'€ dans le cimetière (et aussi 16 M  à la pointe du Hoc). Avant le 75° anniversaire, le visitor center doit être entièrement repensé et rénové : toute l'exposition actuelle va être changée  pour, désormais "raconter de histoires personnelles du débarquement jusqu"à la libération de Paris". D'autres travaux annexes seront réalisés jusqu'en 2020 (parkings, signalétique, toilettes, drainage...)







Le cimetière de Colleville est plus qu'un mythe !  
C'est le symbole du débarquement qui demeure le site incontournable et reste à vie  dans la mémoire du visiteur. Il le mérite.