La pointe du Hoc se compose d'une falaise de 25 à 30 mètres de haut précédée d'une aiguille qui s'avance dans la mer. Située entre les plages d'Utah Beach et d' Omaha Beach, la pointe avait été fortifiée par les Allemands (WN 751) et, selon les reconnaissances aériennes alliées, était équipée de pièces d'artillerie lourde dont la portée menaçait les deux plages voisines. Il avait été jugé primordial, pour la réussite du débarquement, que les pièces d'artillerie soient mises hors service le plus rapidement possible. Cette mission fut confiée au 2e bataillon de Rangers américain
Jean Quellien interroge : « La grande question, c’est pourquoi les Américains ont donné l’assaut ».
Les Allemands avaient positionné 6 canons à la Pointe du Hoc, un éperon rocheux qui s’avance dans la mer, situé sur le territoire de Cricqueville-en-Bessin. Comme l'un des canons a été détruit par l’aviation le 15 avril, les cinq autres ont été reculés à l’intérieur des terres. « Ce déménagement nocturne ne passe pas inaperçu. La résistance locale est alertée par les habitants d’une ferme », indique Jean Quellien. L’information parvient à Guillaume Mercader, responsable du réseau de résistance Centurie pour le Bessin qui estime que l’information est capitale. Elle est transmise aux alliés dés le 26 avril 1944.
Toutefois, ils décident de maintenir l’opération qui doit être conduite par le major C.A Lytle. Celui-ci prend vite conscience du danger inutile que représente cet assaut. A bord du HMS Ben M My Chree, il boit un peu trop et déclare que la mission est "inutile et suicidaire". Emmené à l'infirmerie, il montre un croquis qui montre que les canons ont été déplacés à l'intérieur des terres. Informé de cet incident le colonel Rudder quitte l'USS Ancon pour se rendre à bord afin d'éviter que cette information ne s'ébruite. Une bagarre se serait déroulée entre Lytle, les officiers, le personnel médical ; le captain Block, médecin est mis par Ko par Lytle qui sera maîtrisé. Il sera démis de ses fonctions puisqu'incapable de diriger de manière convaincante une attaque en laquelle il ne croit pas, et fut transféré à la 90° DI où il reçut la "Distinguished Service Cross". Rudder décide de mener la mission malgré le general Huebner qui veut l'en dissuader.
L'attaque a été minutieusement préparée avec une unité de rangers qui va vivre son baptême du feu en Normandie. Le lieutenant George Kerchner raconte : « On nous disait que rien n’était impossible. Notre entraînement était d’une rare intensité. Mais au fond, on savait pourquoi on se préparait à cela.». Il s'agit d'exercices de reconnaissance, de manœuvres d’appontage aux grappins. Les hommes du colonel Rudder embarquent dans la nuit du 5 au 6 juin pour un débarquement militaire sans précédent.
Les combats
Il est 4h30 du matin lorsque les hommes de Rudder prennent place dans leurs 10 LCA. Ils doivent arriver sur place vers 6h30 pour lancer deux attaques simultanées sur les côtés de la Pointe du Hoc. Mais les barges dérivent et les rangers arrivent avec quarante minutes de retard sur le flanc Est. Ils tombent sous le feu nourri des mitrailleuses allemandes. James Eikner: « Quel cauchemar ! Je me rappelle très bien des impacts de balles contre notre chaland. On s’est dit : ”Bon sang les Allemands ne plaisantent pas”. Ils nous allumaient comme à la fête foraine. On écopait, on vomissait et on évitait les balles, tout ça en même temps. Un véritable carnage.».
Malgré la forte résistance allemande, les américains lancent leurs grappins mais sur les 20 grappins tirés, seuls huit s’accrochent au sommet ce qui permet de gravir la falaise. Les pertes sont lourdes : 80 en une heure mais les rangers progressent. Lorsque les bunkers tombent, les rangers constatent avec stupeur,vers 7H30, que les canons sont en réalité des madriers camouflés en batteries. «Les Allemands n’auraient pas passé autant de temps à dépenser de l’argent à construire des leurres s’ils n’avaient pas eu l’intention de se servir de leur artillerie lourde.»
Vers 9h00, la pointe du Hoc est sous contrôle américain. Comme aucune fusée éclairante n'ayant été tirée à 7 h, les renforts prévus furent déployés sur Omaha Beach !. Pendant deux jours, Rudder et ses hommes vont faire face aux premier et quatrième bataillons de la 352e division d’artillerie allemande, dans des combats d’une extrême violence.
La découverte !
Poursuivant leur mission à l’intérieur des terres, vers 9 H les rangers trouvent enfin les cinq canons allemands de 155mm, le long d'une haie, dans un verger isolé, situé sur la route de Grandcamp-Maisy qu'ils sabotent.
Canon caché dans une haie
Les Rangers rapidement encerclés par les allemands résistent du mieux possible. Affaiblies, à court de munitions et de vivres, subissant de lourdes pertes, les troupes du colonel Rudder réussissent à contacter l’USS Texas, qui dans l’après-midi du 7 juin envoie les renforts tant attendus depuis quarante-huit heures. Au matin du 8 juin, tout est neutralisé et la mission est remplie pour les rangers de Rudder qui réussissent leur jonction avec le troisième bataillon du 116e régiment d’infanterie de la 29ème division en provenance d’Omaha.
L'assaut de la pointe du Hoc par les rangers fut meurtrier, ce qui semble inévitable par la configuration du site à attaquer. Le 7 Juin, sur 225 rangers débarqués, les pertes sont de 135 hommes.
Conclusion: L''utilité de cette opération est donc bien remise en cause d'autant que
-les canons étaient déplacés ce qui est parfaitement connu des américains
-les bombardements aériens du 15 avril 1944, du 4 juin (100T de bombes) du 5 juin par 35 B-17 (100T de bombes) et du 6 juin (bombardement naval préliminaire à 5 h 50, tiré par les USS Texas, USS Satterlee et HMS Talybont, suivi par une vague de 19 B-26 Marauder de la 9e Air Force) avaient détruit l'essentiel du matériel et des défenses. Le paysage actuel du site
en témoigne ! Malheureusement,
aujourd'hui, on pratique le mensonge par omission en évitant de
parler de cet aspect peu glorieux de la fameuse "Pointe du Hoc" qui a eu comme conséquence, de
trop lourdes pertes, pour une action réellement "inutile et
suicidaire".
Si les bombardements se sont révélés être un échec dont les conséquences furent lourdes pour les GI's, ce ne fut pas la seule erreur stratégique américaine.
La pointe du Hoc : un assaut meurtrier inutile ?
La pointe du Hoc se compose d'une falaise de 25 à 30 mètres de haut précédée d'une aiguille qui s'avance dans la mer, située sur la commune de Cricqueville-en-Bessin. Située entre les plages d'Utah Beach et d' Omaha Beach, la pointe avait été fortifiée par les Allemands (WN 751) et, selon les reconnaissances aériennes alliées, était équipée de pièces d'artillerie lourde dont la portée menaçait les deux plages voisines. Il avait été jugé primordial, pour la réussite du débarquement, que les pièces d'artillerie soient mises hors service le plus rapidement possible. Cette mission fut confiée au 2e bataillon de Rangers américain
Jean Quellien interroge : « La grande question, c’est pourquoi les Américains ont donné l’assaut ». Les Allemands avaient bien positionné 6 canons sur le site de la pointe du Hoc. L’un des canons a été détruit par l’aviation le 15 avril. Les cinq autres ont été reculés à l’intérieur des terres. « Ce déménagement nocturne ne passe pas inaperçu. La résistance locale est alertée par les habitants d’une ferme », indique Jean Quellien. L’information parvient à Guillaume Mercader, responsable du réseau de résistance Centurie pour le Bessin qui estime que l’information est capitale. Elle est transmise aux alliés dés le 26 avril 1944. « Ils décident de maintenir l’opération qui doit être conduite par le major C.A Lytle". Celui-ci prend vite conscience du danger inutile que représente cet assaut. A bord du HMS Ben M My Chree, il boit un peu trop et déclare que la mission est "inutile et suicidaire". Emmené à l'infirmerie, il montre un croquis qui montre que les canons ont été déplacés à l'intérieur des terres. Informé de cet incident le colonel Ridder quitte l'USS Ancon pour se rendre à bord afin d'éviter que cette information ne s'ébruite. Une bagarre se serait déroulée entre Lytle, les officiers, le personnel médical ; le captain Block, médecin, est mis par K.O par Lytle qui sera maîtrisé. Il sera démis de ses fonctions puisqu'incapable de diriger de manière convaincante une attaque en laquelle il ne croit pas, et fut transféré à la 90° DI où il reçut la "Distinguished Service Cross". Rudder décide de mener la mission malgré le général Huebner qui veut l'en dissuader
L'assaut de la pointe du Hoc par les rangers fut meurtrier, ce qui semble inévitable par la configuration du site à attaquer. Le 7 Juin, sur 225 rangers débarqués, les pertes sont de 135 hommes.
Aujourd'hui, l''utilité de cette opération est donc remise en cause d'autant que les bombardements aériens du 15 avril 1944, du 4 juin (100T de bombes) du 5 juin par 35 B-17 (100T de bombes) et du 6 juin (bombardement naval préliminaire à 5 h 50, tiré par les USS Texas, USS Satterlee et HMS Talybont, suivi par une vague de 19 B-26 Marauder de la 9e Air Force) avaient détruit l'essentiel du matériel et des défenses.
Les chars duplex drive: un raté !
Le char, une nécessité pour toute opération militaire, est nécessaire pour le débarquement complexe à Omaha. Il était prévu, avant l'arrivée Gi's, à H-5 (6H25), que 112 chars shermans se positionnent tous les 50 m, pour tirer avec mitrailleuses et canons de 75 mm sur les WN afin de protéger l'arrivée des Gi's sur le sable.
Le char Sherman est-il fiable ? Le Sherman M4 est très performant en combat, avec une très bonne fiabilité mécanique. Doté d’un bon blindage et équipé d’un canon de 75 mm, il jouit d’excellentes capacités motrices. En revanche, il a aussi des défauts car en combat dès qu’il est touché, sa réserve de munition prend souvent feu, pour cette raison les équipages le surnommaient le « briquet Ronson ».
Pour faire parvenir, aussi tôt, ces chars sur la plage, on inventa le char "duplex drive" : ces Chars DD sont de classiques chars Sherman de 32 T mais avec une jupe de caoutchouc et de toile tendue pour la flottaison avec une transmission Duplex Drive par 2 hélices-gouvernail pour naviguer à 8km/h. Cette idée innovante, inventée par les anglais, était particulièrement ambitieuse. Mais ce équipement en toile est fragile et nécessite une mer de force 3 maximum avec un courant maximum 3 à 4 nœuds, en effet la toile déborde de seulement 30 cm au dessus du niveau de la mer : ces limites des chars étaient connues et craintes par les officiers. Or, le 6 juin, les vents étaient de 11 à 12 nœuds ce qui entraînait une mer de force 4 avec des creux de plus de un mètre, plus souvent 1,5 mètre.
Ainsi 16 LCT (T pour tank) doivent lancer 64 Shermans Duplex drive (DD) par navigation à 5 km de la côte pour atterrir à H-5 (6H25), dirigé par le 741st tank battalion avec 32 DD sur l'est de la plage (Colleville) et par le 743rd tank battalion avec 32 DD sur l' ouest de la plage (Vierville).
S'ajoutaient 16 LCTA (surblindés) qui déposeraient sur le sable 48 autres shermans à 6H20. Un LCT supportait 2 chars shermans classiques et 1 tankdozer avec lame bulldozer, tous étanchéifiés pour se mouvoir dans 2 m d'eau.
L'on connaissait les difficultés de cette réalisation, aussi les décisions de dernière minute devaient être prises par le capitaine le plus ancien en grade du bataillon, aves deux problématiques : quand lâcher en mer les chars, quand débarquer sur la plage.
Vers Collevile, le 741st tank battalion avec ses deux capitaines (cie B & Cie C), bien qu'ils n'aient jamais connu à l'entraînement une telle situation, jugent nécessaire de prendre le risque de mettre à l'eau les chars DD : les 3 premiers shermans (34T) coulent mais on continue ! Tous les chars de la compagnie C ont coulé provoquant déjà de lourdes pertes humaines et seuls, finalement, 2 chars de la Cie B parviendront sur le sable. Le LCT 600 parviendra a déposé 3 chars.
La perte est de 27 chars sur 32 et 33 hommes (beaucoup ont pu être repêchés).
Vers Vierville, les 2 Capitaines du 743rd tank battalion prennent une décision opposée en décidant d'apporter en LCT tous les 32 chars sur la plage qui arrivent vers 6H40. Un LCT saute sur une mine ce qui provoque une perte de 4 chars et de beaucoup de militaires.
Quant aux 16 LCTA, ils se retrouvent dispersés dans l'obscurité lors de la traversée (2 coulent et 4 arriveront avec retard) et seuls 10 livrent environ 20 chars à 6H30
Au final, environ 47 chars (sur 112) se retrouvent sur Omaha, ils ont du mal à se mouvoir au travers des obstacles, sur le sable et l'eau de mer de la marée montante noie beaucoup de moteurs. Treize sont détruits ou avariés par les canons antichars de 88, certains doivent reculer s'abriter dans la mer… et attendent l'infanterie !
Vers 7 h, il en resterait seulement 34 qui barbotaient dans le ressac, bien en vue des canons allemands.
Plus tard le général P Hobart, inventeur du char amphibie disait : "les américains s'en sont servis n'importe comment". Aujourd'hui encore, A Beevor continue à se demander si les chars DD étaient vraiment la solution indiquée pour soutenir l'infanterie, à Omaha.
Rien ne se passa donc comme prévu, comme pour les bombardements. Désormais tout repose sur les fantassins qui vont débarquer : ils vont payer très cher ces échecs à répétition.
Malchance et imprévus
Dérives
Le débarquement était planifié avec une rigueur et précision absolues. Chaque compagnie avait un objectif précis à réaliser, fallait-il encore débarquer au bon endroit !
Presque toutes les embarcations ne purent arriver à l'endroit prévu en raison, d'une part de l'absence d'amers (repères) pour les pilotes de barges en raison de la fumée des broussailles et poussière qui enveloppaientt le littoral, et, d'autre part, la présence d'un fort courant côtier qui faisait dériver les chalands vers l'est.
Ainsi, face à Vierville doivent débarquer les remières vagues du 116TH, les Cies F et G sur 12 LCP, en fait elles se retrouvent à l'est, au niverau de Saint Laurent, face aux Moulins et éparpillés. Le pire sera pour la Cie E dont des LCP se retrouvent à 1,5 km et 3 km vers l'est, pas loin de Port en Bessin.
Dérives vers l'Est des premières vagues
Ainsi les Gi's qui purent débarquer se retrouvaient dans des secteurs inconnus, certaines compagnies étant à plus d'un ou deux kilomètres de leur objectif. C'était donc la pagaïe tant les les hommes étaient éparpillés.Toutes les équipes formant théoriquement un élément combattant autonome avaient perdu leur cohésion péniblement acquise lors de l'instruction." Sur la plage bouleversée et encombrée les équipes se mélangèrent et graduellement se sont écartées" (St T Fettinger). Désormais les hommes survivants sont isolés, perdus, en retard, c'est la confusion totale.
Ces détournements involontaires vers l'Est évita aux compagnies d'attaquer de face l'entrée des valleuses, ce qui avait été planifié et qui était une erreur stratégique, ce fut donc une bonne chose. Ainsi, dans la matinée, quelques petits groupes d' hommes parvinrent à grimper sur le plateau entre les valleuses pour ensuite attaquer par revers les entrées des quatre vallées avec réussite. Sable
Sable et eau malmenèrent aussi les Gi's. Lorsque les Gi's sortent de leur chaland, ils se retrouvent avec beaucoup d'eau, souvent au niveau des épaules. La plage n'est pas lisse, elle présente de nombreux trous d'eau, et, surtout, des creux invisibles particulièrement dangereux. En effet les plages en Normandie ont une morphologie spécifique due à deux courants : les vagues arrivent et déferlent sur la plage induisant un transport d'un sable très fin vers la plage et d'autre part le ressac amène du sable qui va de la plage vers le large. La convergence de ces courants provoque une accumulation de sable qui forme une barre dont l' avant présente une zone plus profonde surcreusée par les vagues et les marées, cette dépression s'appelle en Normandie, une bâche et en arrière de cette bâche, la barre. Le phénomène de barre et de bâche a bien été étudiée principalement par les Américains dans l’optique du Débarquement. Cela a pourtant posé problème lors du D-Day. Les engins amphibies qui ont débarqué ont buté sur une première barre sableuse, puis les soldats en posant pied avaient plusieurs bâches à traverser avec de l’eau profonde.
Les conséquences sont multiples.
Eau
Les GI's étaient surchargés, en théorie, ils devaient avoir environ 20 kg d'équipement dans leur paquetage, en fait ils en portaient beaucoup plus, souvent plus de 30 kg, en effet les Etat Major avaient rajouté, au dernier moment, grenades, gilets de sauvetage, imperméables, munitions... L'un aurait porté 750 balles de mitrailleuses en plus de son équipement. Ainsi surchargés, mouillés, entraînés par ce poids, beaucoup coulèrent à pic en sautant des péniches. D'autres se sont noyés, incapables de se mouvoir dans la mer houleuse avec leur équipement mouillé qui pesait encore plus lourd et qui les empêchait de nager d'autant s'ils avaient été blessés en sortant des barges. Aucune statistique officielle ne l'indique, mais des estimations officieuses indiquent qu'un quart des pertes seraient consécutives à une noyade. L'historien A Beevor indique: "Beaucoup d'hommes estimèrent que les pertes auraient été divisées par deux si la première vague avait attaqué avec un paquetage moins lourd!"
Paquetages de GI (Musée de l'armée)
Par ailleurs ce séjour prolongé dans l'eau de mer, car il était difficile voire impossible de sortir immédiatement de l'eau pour s'abriter, a bloqué et enrayé les armes remplies d'eau et de sable. Il fallut par la suite les démonter et nettoyer, A Beevor estime à 80% les armes enrayées en raison, d'une part, que les Gi's durent rester longtemps dans la mer car la marée montait et que, d'autre part, pour se protéger et attaquer, ils enlevèrent la protection imperméable de leur fusil avant d'atteindre le rivage.
Difficultés et problèmes s'accumulent !
Démolition des obstacles par le Génie
Il s'avère donc nécessaire de faire disparaître tous les obstacles de la page pour débarquer en ininterrompu hommes et matériel par des sapeurs de l " Engineer Battalions"
Un plan de démolition est préparé. Après la première vague et l'arrivée des chars DD, à H+3 soit 6h33 plus de 1000 sapeurs doivent arriver :16 équipes de 42 hommes sur 24 LCM aidés de 16 Tank Dozers déchargés de LCTA débarqueront pour ouvrir 16 brèches géantes de 45 m de large à 180m d'intervalle dont le centre sera indiqué par des bouées avec un fanion vert. Le timing est court de 30 à 60 minutes car la marée va monter. A H+8 (6h38) 10 équipes d'appui doivent venir en soutien.
L'équipement a été particulièrement étudié. Chaque sapeur porte 20 kg de tnt ou C2 plastic, 1 fusil ou carabine ou porte des torpilles bangalore, des cordeaux détonants et des grenades fumigènes.
Seuls 22 LCM arrivent à l'heure mais avec les courants sont déportés à 1 km vers l'est, du coup les équipes sont concentrées et regroupées en 2 endroits : entre Saint Laurent et Vierville et entre le Ruquet et Colleville (voir carte). Ainsi l'équipe C devait se présenter devant Dog Red et se retrouve sur Fox red
Le débarquement s'effectue sous un feu intense avec obus, bombes, mitrailleuses : chalands et hommes sont touchés par les explosions. Les sapeurs font du mieux mais connaissent de très lourdes pertes (35 à 40 %) ainsi l'équipe N° 11 perd plus de la moitié de son effectif, les équipes 12 à 16 sont toutes gravement atteintes soit par le feu nourri des mitrailleuses, soit par des obus. Seuls 6 engins sur 16 (tank bulldozer) échappent à la destruction mais seront détruits plus tard. La team 2 de renfort arrive avec 1 heure de retard.
Sur les 16 brèches à réaliser, seules 6 brèches partielles sont effectuées : 4 sur Easy et 2 sur Dog entre Viervile et Saint Laurent, mais malheureusement une seule est bien signalée avec le fanion vert sur Dog. En fait, seul le côté Est d'Omaha a bénéficié du travail des sapeurs qui sera exploité qu'en fin de matinée lorsque la situation sera moins confuse.
Sapeur et brèches
Lors qu'arrive l' Engineer Combat Battalion (à H+60) soit 4 bataillons de génie prévus pour ouvrir rapidement les 4 valleuses en se débarrassant des fossés et murs antichar, mines et barbelés, il ne peut absolument pas faire son travail prévu beaucoup trop tôt ! de plus, comme les autres, ils débarquent aux mauvais endroit ! il leur faudra parfois plus de 3 heures avant d'y parvenir.
L'échec (partiel) du génie est dû à une série de problèmes qui se sont accumulés, consécutifs aux échecs précédents : erreurs de navigation, arrivée sur une plage encombrée sous le feu allemand continu, destruction de leur propre matériel, difficulté pour avancer pour des sapeurs épuisés et surchargés d'équipement qui sont cloués sur place, planning trop rigoureux qui apporte sans cesse des hommes sur la plage, incapables de faire leur mission. Dans la confusion, les sapeurs du génie se serviront plus des fusils que des pelles et détecteurs...et certains "formèrent des compagnies d'infanterie improvisées" Cap Howard
Sous évaluation des forces allemandes
Bien qu'impressionnés et abasourdis par les bombardements massifs qui passèrent au dessus de leurs têtes, les allemands se sont resaissis rapidement à la vue du débarquement et firent crépiter leurs mitrailleuses MG-42. Leur résistance et acharnement étonnèrent les GI's.
Les américains ont-il sous évalué leurs forces derrière Omaha ?
Le littoral d'Omaha Beach est occupé depuis 1942 par divers éléments de la 716° Infanterie Division qui se succèdent sur place ; cette 716° occupe également les secteurs voisins d'Isigny, Canisy, Bayeux, Molay littry, soit un effectif d'environ 7771 hommes étalés entre la Vire et l'Orne.. A noter que cette 716° DI est réputée pour sa faiblesse en raison de la présence de trois "ostbataillonen" formés d'anciens prisonniers de l'armée rouge peu motivés pour combattre, ce que savaient les américains.
La 352° DI (7500 hommes) est arrivée plus tardivement, au début d'année 1944, en provenance de la région de St Lô mais seuls trois bataillons étaient positionnés à proximité d'Omaha ( 2 bataillons d'infanterie et un bataillon d'artillerie légère). Le reste est dispersé dans l'arrière pays
Ce mouvement semble passer totalement inaperçu des Alliés. L'information avait pourtant circulé dans le Haut Commandement allié (SHAEF), notamment dans la synthèse hebdomadaire du 21e Groupe d'armées (21st Army group weekly Neptune Intelligence Review) daté du 3 mai 19444.
J Balkoski évoque la découverte de cette 352° division le 4 juin au soir, soit 30 heures avant le débarquement ! [lire notre dossier complet]
Les américains ont donc pu sous évaluer les forces allemandes dans le secteur, mais il semble difficile de l'évaluer avec précision. Ils pensaient que cette 352° DI était restée sur Vire à 60 km de la côte mais en fait seuls quelques bataillons étaient présents à proximité d'Omaha. Dans tous les cas, du fait de la présence de plusieurs débarquements, les allemands furent déconcertés, ainsi un groupe de réserve de la 352° DI, basé près de Bayeux, fut-il envoyé à 3h15 vers Carentan... Heureusement, cela a permis d'éviter un probable désastre mais n'a pas évité un affrontement redoutable et très meurtrier.
La capacité des Gi's à surmonter toutes ces difficultés est tout à fait exceptionnelle : obstacles non détruits par les bombardements, pluie de balles et d'obus allemands, horreur de voir ses camarades blessés ou morts, impuissance des sapeurs dans une confusion totale. Il leur a fallu beaucoup de courage et de témérité, personne ne peut le nier ; sortir vivant d'Omaha était un exploit, même s'il fallait aussi avoir de la chance.
C'est ce qui a forgé la légende d'Omaha, devenue une bataille exceptionnelle, mythifiée, dont l'analyse critique, aujourd'hui, est délicate à mener, même si elle concerne uniquement l'aspect stratégique avec des erreurs ou imprécisions de décisions prises en haut lieu qui ont eu des conséquences énormes sur les pertes humaines.
Le mythe prend ses racines dans de multiples considérations.
Les pertes énormes, en une journée, pour l'armée américaine, probablement le bilan le plus lourd depuis l'entrée en guerre des USA (1348 jours), demeurent le fondement du mythe : avoir surmonté dans la douleur et le sang.
Le déroulement de la journée est une épreuve à rebondissements qui est à l'image de la mentalité américaine ; un exemple, aujourd'hui, les entreprises sont renommées pour leur «Early Adopters» ceux qui osent et testent de nouvelles solutions sans se soucier du «legacy»… des vrais "disrupteurs" qui en fait existaient déjà en 1944 ! .
Ainsi ce 6 juin commence par un désastre qui voit des Gi's massacrés, aussi change-t-on les plans officiels qui ne fonctionnent pas (attaque de front face à l'entrée des valleuses) pour contourner ou infiltrer les lignes adverses toujours avec combativité et la volonté absolue de réussir malgré l'épuisement et les épreuves, et, obtenir au final, la victoire en outrepassant avec pugnacité des difficultés apparemment insurmontables.
En automne 2018, les médias ont titré "La Normandie est dans le top 10 des régions du monde à découvrir en 2019" d'après le site "Lonely Planet" qui rappelle que la Normandie accueillera de nombreux événements en 2019, dont le 75e anniversaire du débarquement du 6 juin 1944 dans le Calvados. Trip advisor précise les lieux incontournables à visiter, de nombreux organisateurs de voyage incluent une journée sur Omaha et bien sûr, arrivent en tête :
Ces deux sites mythiques, les plus visités, attirent les touristes pour plusieurs raisons : -seuls sites d'Omaha: sur la plage, il n'y a rien à voir (sauf, désormais les statues monumentales "les Braves" et des plaques ou monuments souvenirs s) -sites gratuits, donc avantageux pour les tours opérators -sites grandioses et émouvants, parfaitement entretenus par les américains
-sites témoins de la violence du débarquement
POINTE DU HOC Rénovée ! Pendant longtemps, laissée quasiment en l’état, la Pointe du Hoc, entourée de prairies, se découvrait brutalement aux promeneurs sur un site sauvage, empli de cratères aux formes adoucies, de vestiges en béton, d'amoncellement de ferrailles, recouverts de végétation, essentiellement des broussailles et ronces qui masquaient l'essentiel des marques de la bataille. Les visiteurs étaient déçus de ces ruines non entretenues qui ne comportaient aucune indication de visite.
Classée au titre des sites en 1955, la pointe du Hoc a fait l’objet d’un réaménagement conséquent en 2004 qui constitue la première réalisation de l’Opération Grand Site « Normandie 44 ». Le parking est déplacé, agrandi, structuré et placé derrière l’épaisse haie qui le dissimule depuis le site. Les accès sont confortés et la voirie refaite. Désormais, les 500 000 visiteurs qui fréquentent le site chaque année sont accueillis dans de meilleures conditions. A l’extrémité du parking, un bâtiment d’information assez vaste est à la disposition du public. Une large allée gravillonnée permet de se rendre sur le site qui se découvre d’un seul coup au détour d’une haie. Un cheminement accessible à tous permet de faire le tour des vestiges sans obstacle.
Propriété du Conservatoire du Littoral et gérée par l’American Battle Monument Commission, la Pointe du Hoc réunit toutes les conditions pour sa préservation. Toutefois ce le lieu est soumis à deux fortes menaces
difficilement maîtrisables : la pression touristique
et surtout l’érosion naturelle de la falaise
qui met en péril le poste d’observation où s’élève
le monument commémoratif.
L’American Battle
Monument Commission a entrepris, en 2010 de gros travaux pour ralentir le recul de la falaise, sauver le blockhaus et le rouvrir à la visite en toute sécurité, en accord avec le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer. Totalement financés par le gouvernement américain, les travaux commencent en février 2010, pour une durée de six mois.Une grue de 130 tonnes y est acheminée, vingt personnes sont présentes chaque jour pour effectuer les diverses tâches. Le montant du marché avoisine les 5 millions d’euros pour des travaux titanesques :
apport massif de béton pour combler des cavités creusées par la mer, un parement en calcaire pour masquer les injections, clouage des blocs, forage de 25 cm de diamètre et ancrages profonds... Rien ne doit demeurer visible au visiteur, des apports végétaux masquent l’ensemble des interventions.
Mais quelle pérennité face à l'érosion à venir ? la mer finira par imposer sa loi d'ici 20 ou 30ans, de toute façon. Que deviendra le site ?
Le prix payé par les Etats-Unis pour que leurs vétérans et leurs familles puissent encore se recueillir sur ces lieux chers à leur histoire et à celle des Normands est vraiment lourd !
Mais désormais des milliers de visiteurs sont là...
Dernière minute : encore des travaux de prévus ! A partir de 2019, 3 ans de nouveaux travaux sont planifiés , un lifting à 16 millions payé par l’American battle monument commission (ABMC) pour une refonte complète du parcours de visite. L'objectif : canaliser la circulation des touristes, améliorer leur accueil et proposer de la réalité augmentée. « Si rien n’est fait, à l’avenir, le site aura totalement disparu. Il est déjà différent. Le passage des touristes, l’érosion ont modifié les lieux » , indique Scott Desjadins, surintendant du cimetière américain d’Omaha Beach. En 2009, l’ABMC avait déjà investi 5 millions d’euros, pour consolider la falaise
Dans un premier temps, le site va être entièrement sondé. « Un système de scanner va permettre de visualiser le sous-sol et ce qui s’y trouve encore. » Des parties enterrées sous les bombardements sont certainement restées en l’état depuis près de soixante-quinze ans. Les Américains veulent aussi s’assurer qu’il ne reste pas de corps ensevelis. Cette opération sera conduite en 2020, avant le printemps. Pour conserver le site en état, « la visite ne se fera plus sur la Pointe du Hoc mais au-dessus » . Actuellement, les milliers de visiteurs se promènent librement sur le site. L’aménagement vise à canaliser la circulation sur un cheminement placé au-dessus du sol. « Quand on sait qu’une dalle de béton de 60 tonnes repose sur quelques ferrailles rouillées, on peut s’interroger. » La réalité augmentée sera également utilisée, « pour permettre aux visiteurs de découvrir à quoi ressemblaient ces bunkers en 1944 » . La visite prendra un tout autre sens grâce à l’utilisation du numérique, sur un téléphone ou une tablette, sur place mais aussi depuis n’importe quel point du globe. Egalement, le centre de visiteurs sera entièrement repensé.
De plus les américains demandent un changement de statut à leur profit : aujourd'hui la gestion est partagée entre eux, le conservatoire du littoral, le département et la commune de Cricqueville, demain ils souhaitent une gestion exclusivement américaine, comme au cimetière de Colleville. Il semblerait que les divers acteurs soient favorables à donner carte blanche aux américains...
Un assaut périlleux ... probablement inutile mais maintenu
Jean Quellien précise :« La grande question, c’est pourquoi les Américains ont donné l’assaut ». Les Allemands avaient positionné 6 canons à la Pointe du Hoc, un éperon rocheux qui s’avance dans la mer, situé sur le territoire de Cricqueville-en-Bessin. L’un des canons a été détruit par l’aviation le 15 avril. Les cinq autres ont été reculés à l’intérieur des terres. « Ce déménagement nocturne ne passe pas inaperçu. La résistance locale est alertée par les habitants d’une ferme », indique Jean Quellien. L’information parvient à Guillaume Mercader, responsable du réseau de résistance Centurie pour le Bessin. Le futur directeur du journal La Renaissance (de 1968 à 1980) estime que l’information est capitale. Elle est transmise aux alliés. « Ils décident de maintenir l’opération qui doit être conduite par un major. Ce dernier sait qu’il va envoyer ses hommes à la mort pour une mission suicide et aussi pour rien et - alcoolisé - il commence à l’ébruiter. Il est relevé par le lieutenant-colonel Rudder lui-même ». 200 rangers se lancent sous son commandement à l’assaut de la Pointe du Hoc. « L’opération n’a pas été inutile comme on l’a parfois dit puisque les canons avaient été remontés en position de tir ».
[lire notre dossier : La pointe du Hoc: un combat inutile ? Les américains savaient que les canons étaient déplacés, alors pourquoi risquer des vies inutilement?]
Un lieu spectaculaire
L'assaut de la pointe du Hoc a été à la fois spectaculaire et meurtrier (sur les 225 rangers qui débarquèrent ce jour-là, 135, au 8 juin 1944 furent tués, blessés ou disparus.) Toutefois, il faut préciser que l'assaut fut moins meurtrier que prévu, et que c'est la suite des opérations dans les heures qui suivent qui seront les plus difficiles, les renforts n'étant pas parvenus. Aujourd'hui il demeure l’un des rares sites offrant un témoignage direct de la violence du Débarquement en Normandie. En fait, ce que l'on voit, c'est un paysage profondément marqué par les bombardements répétés. En effet il y eut trois vagues de bombardements aériens 15 avril 1944 qui nécessitent de déplacer les pièces intactes à l'intérieur des terres ; puis le 4 juin et le 5 juin 100 tonnes de bombes déversées à chaque fois : au total 3800 tonnes de bombes déversées ; enfin, le matin du jour J ,à 5h50, s'effectuent de nouveaux bombardements (naval et aérien) qui précédent l'arrivée des rangers vers 7h10.
Aussi, le site est très impressionnant, il laisse imaginer les conditions extrêmes dans lesquelles les Rangers ont gravi la falaise sous les tirs des soldats allemands embusqués au sommet.
Un site mythique et symbolique entretenu
par sa mise en valeur
Un site impressionnant qui ne peut laisser personne indifférent tant le paysage de chaos est un véritable choc pour les visiteurs. Depuis sa remise en état, la visite s'effectue au travers d'un chemin aménagé et sécurisé qui met en valeur un site lunaire, constellé de trous d’obus, de bunkers détruits de ruines et ferrailles. De quoi réfléchir et méditer.
par les visiteurs
Ce site, désormais bien entretenu et mis en valeur, accessible gratuitement toute l'année, est devenu un incontournable, lieu de pèlerinage, symbole iconique de la réussite américaine. Les visiteurs sont nombreux, c'est probablement plus de 1.200.000 visiteurs qui parcourent la pointe du Hoc chaque année (dernière estimation de 2004). Le "visitor center" qui enregistre officiellement plus de 300.000 visiteurs, n'hésite pas à glorifier les GI'S : "compétence, courage, sacrifice"
On voit même aujourd'hui des "reconstitueurs" s'emparer du site et oser se permettre de dire :"Ce sont des sensations absolument uniques". Cette absence de respect est choquante.
par le cinéma Le cinéma américain a été le premier a exploité la pointe du Hoc et le mythifier, ainsi "Le jour le plus long" qui a tourné sur place les scènes du film :
par les commémorations
C'est à la pointe du Hoc que le président Reagan en 1984 a officialisé le retour des USA dans les commémorations en faisant un discours resté dans les mémoires. Désormais les commémorations sont systématiques.
LE CIMETIERE DE COLLEVILLE
Un concept
Les architectes qui ont conçu dans les années 50 ce cimetière ont aménagé 70 ha avec une réelle mise en scène pour en faire à la fois un haut lieu de mémoire et de recueillement mais aussi de tourisme.
Par sa forme ce cimetière est dans la continuité des cimetières américains existants : une double allée centrale coupée par une autre entre les carrés de tombes où les marqueurs en marbre blanc sont implantés avec un alignement parfait. Des bâtiments néo-classiques : chapelle circulaire multiconfessionnelle, un mémorial semi circulaire avec une statue et des inscriptions dont les textes ont été savamment pensés pour qu'ils conviennent aussi bien aux familles qu'aux visiteurs, un bassin reflet de la mer, un belvédère qui permet d'appréhender la plage mythique.
Mais si ce cimetière est magnifié par des œuvres d'art (mosaïque de la chapelle, cartes géantes, statue de la jeunesse américaine) c'est son paysage qui interpelle : une nécropole verte qui transforme le cimetière en un jardin avec une mise en scène spécifique.
Une nécropole verte
Les plans des paysages sont à soumis à l AMBC qui souhaite une végétation qui clôture le site pour en faire un territoire à part. Le site fait 75 ha mais seulement 15 ha pour cimetière, le reste est un pelouse végétalisée d'un épaisse végétation d 'arbres, de buissons ; pas n'importe lesquels, des cyprès pour la solennité, des chênes pour l'immortalité, des oliviers pour la paix, des haies qui évoquent le bocage... Le cimetière est un havre de paix, une nécropole verte, à la fois jardin, promenade et cimetière. En effet, la nature évoque l' éternel recommencement... et le jardin évoque l’Éden, et le paradis C'est donc un lieu qui accueille les morts et les vivants qui viennent se recueillir, il ne doit pas être repoussoir, mais accueillant sans être trop aseptisé....
Un lieu symbolique pour les États-Unis
Le lieu revêt une symbolique particulière par son emplacement au dessus d' Omaha Beach où beaucoup sont morts le jour J et par le nombre de sépultures : 9387 corps. Ce site glorifie la nation américaine, c'est un lieu de gloire à la mémoire des héros tombés, c'est un lieu qui symbolise la victoire d'une nation et la puissance américaine qu'il faut célébrer. Aussi permet-il d'accueillir de grandes manifestations commémoratives présidées par le président des USA.
Tous les présidents américains en exercice depuis Jimmy Carter se sont rendus au cimetière de Colleville (sauf George H. W. Bush qui n'y a effectué qu'une visite privée en 1995) : -Ronald Reagan en 1984 (pour le 40e anniversaire du débarquement) ; -Bill Clinton en 1994 (pour le 50e anniversaire du débarquement) ; -George W. Bush en 2002 (pour le « Memorial Day ») et en 2004 (pour le 60e anniversaire du débarquement) ; -le dernier en date étant Barack Obama le 6 juin 2009 (pour le 65e anniversaire du débarquement) et le 6 juin 2014 (pour le 70e anniversaire du débarquement). Les discours de ces visites ont souvent servi aux présidents américains à appuyer la politique étrangère du moment. (voir le dossier "Le tournant de 1984")
Un lieu mythique dans la culture populaire Le cimetière apparaît dans le film Il faut sauver le soldat Ryan (1998) de Steven Spielberg, inspiré de l'histoire des frères Niland, dont deux sont enterrés à cet endroit. Il apparaît également dans La Malédiction (1976) de Richard Donner. La Symphonic Prelude (The Cemetery at Colleville-sur-Mer) de Mark Camphouse est une référence au lieu.
La télévision dans tous les reportages évoquant le débarquement montre systématiquement le cimetière américain de Colleville (et pas ceux de Saint James ou d'Epinal) Toutefois, c'est véritablement la sortie du film de Spielberg qui a redonné un regain d'intérêt au site ce que la presse a évoqué, Ouest-France titre : "La sortie du film de Ryan a dopé le rush des pèlerins pour le 55° anniversaire du D-Day"
ce sera le point de départ de ce que l'on appelle aujourd'hui le "tourisme de mémoire" et de l'engouement pour le cimetière, lieu déjà mythique, qui désormais symbolise plus que jamais le débarquement.
Le tourisme
Dés le départ le cimetière est conçu pour accueillir des touristes, routes et parkings sont aménagés.
Le cimetière, premier site touristique de Normandie et 11° site le plus visité de Franc, accueille plus de 2 millions de visiteurs par an (en 2014) dont 60% de français et 25 % d'américains. Il s'agit essentiellement de visites familiales (70%) de visiteurs âgés de moins de 65 ans (75%), à noter que 82% des visiteurs ont vu le film "Il faut sauver le soldat Ryan" mais cela demeure la raison principale pour un quart de ceux qui l'ont visionné. Ceci explique la demande des visiteurs de se rendre sur la tombe du soldat Ryan (qui n'est pas mort !), sans qu'ils connaissent la véritable histoire des frères Niland.
Cet afflux de visiteurs s'explique non seulement par le spectacle émouvant qu'il offre, mais aussi par la gratuité d'un site ouvert toute l'année, par sa situation au cœur des plages de débarquement et sa localisation au dessus de la plage d'Omaha Beach.
Un "visitor center" avec un réaménagement des parkings a du être réalisé en 2017 afin de mieux accueillir les visiteurs.
il faut noter la spécificité touristique du cimetière : une visite gratuite y compris pour le "visitor center", la possibilité de se promener librement et faire des photos sur un site "sécurisé", l'existence de visites guidées, l'absence heureuse d'une "boutique" ou de "buvette".
Un "visitor center" pour réfléchir (et glorifier les valeurs américaines)
Un tiers de la superficie est dédié un espace d'exposition. En utilisant des histoires personnelles des participants et un mélange de texte narratif, des photos, des films, des expositions interactives, des expositions dépeignent la compétence, le courage et le sacrifice des forces alliées. L'ensemble est présenté avec beaucoup de sobriété ce qui en accentue la portée.
"Le centre nous permet de mieux raconter l'histoire courageuse de ceux qui sont enterrés au cimetière américain de Normandie», a déclaré le général Frederick M. Franks, Jr., Etats-Unis (retraité), président ABMC. «Le centre offre une meilleure gamme de services aux visiteurs et met le jour J en perspective comme l'un des plus grands exploits militaires de l'histoire."
Le centre rend hommage aux valeurs et aux sacrifices de la génération des soldats de la Seconde Guerre mondiale. Après avoir connu le cimetière et le centre, les visiteurs doivent avoir "une meilleure appréciation de ceux qui participent à la libération de la Normandie, le rôle de l''Amérique et de ses alliés dans la conduite de la plus grande invasion amphibie de l'histoire et de l'importance d'honorer nos morts."
Le centre veut inspirer les générations futures à explorer, comprendre et reproduire les valeurs pour lesquelles ils se sont battus vaillamment. Il traduit aussi un sentiment de souvenir et offre aux visiteurs l'occasion de réfléchir à la Seconde Guerre mondiale et de réaliser à quel point elle a considérablement affecté le cours de l'histoire du monde.
De nouveaux investissements En 2019, les américains ont décidé d'investir 4 M d'€ dans le cimetière (et aussi 16 M à la pointe du Hoc). Avant le 75° anniversaire, le visitor center doit être entièrement repensé et rénové : toute l'exposition actuelle va être changée pour, désormais "raconter de histoires personnelles du débarquement jusqu"à la libération de Paris". D'autres travaux annexes seront réalisés jusqu'en 2020 (parkings, signalétique, toilettes, drainage...)
Le cimetière de Colleville est plus qu'un mythe ! C'est le symbole du débarquement qui demeure le site incontournable et reste à vie dans la mémoire du visiteur. Il le mérite.
President Ronald Reagan (June 6, 1984 Normandy, France)
We're here to mark that day in history when the Allied armies joined in battle to reclaim this continent to liberty. For four long years, much of Europe had been under a terrible shadow. Free nations had fallen, Jews cried out in the camps, millions cried out for liberation. Europe was enslaved, and the world prayed for its rescue. Here, in Normandy, the rescue began. Here, the Allies stood and fought against tyranny, in a giant undertaking unparalleled in human history. We stand on a lonely, windswept point on the northern shore of France. The air is soft, but forty years ago at this moment, the air was dense with smoke and the cries of men, and the air was filled with the crack of rifle fire and the roar of cannon. At dawn, on the morning of the 6th of June, 1944, 225 Rangers jumped off the British landing craft and ran to the bottom of these cliffs. Their mission was one of the most difficult and daring of the invasion: to climb these sheer and desolate cliffs and take out the enemy guns. The Allies had been told that some of the mightiest of these guns were here, and they would be trained on the beaches to stop the Allied advance.
The Rangers looked up and saw the enemy soldiers at the edge of the cliffs, shooting down at them with machine guns and throwing grenades. And the American Rangers began to climb. They shot rope ladders over the face of these cliffs and began to pull themselves up. When one Ranger fell, another would take his place. When one rope was cut, a Ranger would grab another and begin his climb again. They climbed, shot back, and held their footing. Soon, one by one, the Rangers pulled themselves over the top, and in seizing the firm land at the top of these cliffs, they began to seize back the continent of Europe. Two hundred and twenty-five came here. After two days of fighting, only ninety could still bear arms. Behind me is a memorial that symbolizes the Ranger daggers that were thrust into the top of these cliffs. And before me are the men who put them here. These are the boys of Pointe du Hoc. These are the men who took the cliffs. These are the champions who helped free a continent. These are the heroes who helped end a war. Gentlemen, I look at you and I think of the words of Stephen Spender's poem. You are men who in your "lives fought for life and left the vivid air singed with your honor." I think I know what you may be thinking right now -- thinking "we were just part of a bigger effort; everyone was brave that day." Well, everyone was. You remember the story of Bill Millin of the 51st Highlanders? Forty years ago today, British troops were pinned down near a bridge, waiting desperately for help. Suddenly, they heard the sound of bagpipes, and some thought they were dreaming. Well, they weren't. They looked up and saw Bill Millin with his bagpipes, leading the reinforcements and ignoring the smack of bullets into the ground around him. Lord Lovat was with him -- Lord Lovat of Scotland, who calmly announced when he got to the bridge, "Sorry, I'm a few minutes late," as if he'd been delayed by a traffic jam, when in truth he'd just come form the bloody fighting on Sword Beach, which he and his men had just taken. There was the impossible valor of the Poles who threw themselves between the enemy and the rest of Europe as the invasion took hold, and the unsurpassed courage of the Canadians who had already seen the horrors of war on this coast. They knew what awaited them there, but they would not be deterred. And once they hit Juno Beach, they never looked back. All of these men were part of a roll call of honor with names that spoke of a pride as bright as the colors they bore; The Royal Winniped Rifles, Poland's 24th Lancers, the Royal Scots Fusiliers, the Screaming Eagles, the Yeomen of England's armored divisions, the forces of Free France, the Coast Guard's "Matchbox Fleet," and you, the American Rangers. Forty summers have passed since the battle that you fought here. You were young the day you took these cliffs; some of you were hardly more than boys, with the deepest joys of life before you. Yet, you risked everything here. Why? Why did you do it? What impelled you to put aside the instinct for self-preservation and risk your lives to take these cliffs? What inspired all the men of the armies that met here? We look at you, and somehow we know the answer. It was faith and belief. It was loyalty and love. The men of Normandy had faith that what they were doing was right, faith that they fought for all humanity, faith that a just God would grant them mercy on this beachhead, or on the next. It was the deep knowledge -- and pray God we have not lost it -- that there is a profound moral difference between the use of force for liberation and the use of force for conquest. You were here to liberate, not to conquer, and so you and those others did not doubt your cause. And you were right not to doubt. You all knew that some things are worth dying for. One's country is worth dying for, and democracy is worth dying for, because it's the most deeply honorable form of government ever devised by man. All of you loved liberty. All of you were willing to fight tyranny, and you knew the people of your countries were behind you. The Americans who fought here that morning knew word of the invasion was spreading through the darkness back home. They fought -- or felt in their hearts, though they couldn't know in fact, that in Georgia they were filling the churches at 4:00 am., in Kansas they were kneeling on their porches and praying, and in Philadelphia they were ringing the Liberty Bell. Something else helped the men of D-day; their rock-hard belief that Providence would have a great hand in the events that would unfold here; that God was an ally in this great cause. And so, the night before the invasion, when Colonel Wolverton asked his parachute troops to kneel with him in prayer, he told them: Do not bow your heads, but look up so you can see God and ask His blessing in what we're about to do. Also, that night, General Matthew Ridgway on his cot, listening in the darkness for the promise God made to Joshua: "I will not fail thee nor forsake thee." These are the things that impelled them; these are the things that shaped the unity of the Allies. When the war was over, there were lives to be rebuilt and governments to be returned to the people. There were nations to be reborn. Above all, there was a new peace to be assured. These were huge and daunting tasks. But the Allies summoned strength from the faith, belief, loyalty, and love of those who fell here. They rebuilt a new Europe together. There was first a great reconciliation among those who had been enemies, all of whom had suffered so greatly. The United States did its part, creating the Marshall Plan to help rebuild our allies and our former enemies. The Marshall Plan led to the Atlantic alliance -- a great alliance that serves to this day as our shield for freedom, for prosperity, and for peace. In spite of our great efforts and successes, not all that followed the end of the war was happy or planned. Some liberated countries were lost. The great sadness of this loss echoes down to our own time in the streets of Warsaw, Prague, and East Berlin. Soviet troops that came to the center of this continent did not leave when peace came. They're still there, uninvited, unwanted, unyielding, almost forty years after the war. Because of this, allied forces still stand on this continent. Today, as forty years ago, our armies are here for only one purpose: to protect and defend democracy. The only territories we hold are memorials like this one and graveyards where our heroes rest. We in America have learned bitter lessons from two world wars. It is better to be here ready to protect the peace, than to take blind shelter across the sea, rushing to respond only after freedom is lost. We've learned that isolationism never was and never will be an acceptable response to tyrannical governments with an expansionist intent. But we try always to be prepared for peace, prepared to deter aggression, prepared to negotiate the reduction of arms, and yes, prepared to reach out again in the spirit of reconciliation. In truth, there is no reconciliation we would welcome more than a reconciliation with the Soviet Union, so, together, we can lessen the risks of war, now and forever. It's fitting to remember here the great losses also suffered by the Russian people during World War II: 20 million perished, a terrible price that testifies to all the world the necessity of ending war. I tell you from my heart that we in the United States do not want war. We want to wipe from the face of the earth the terrible weapons that man now has in his hands. And I tell you, we are ready to seize that beachhead. We look for some sign from the Soviet Union that they are willing to move forward, that they share our desire and love for peace, and that they will give up the ways of conquest. There must be a changing there that will allow us to turn our hope into action. We will pray forever that someday that changing will come. But for now, particularly today, it is good and fitting to renew our commitment to each other, to our freedom, and to the alliance that protects it. We're bound today by what bound us 40 years ago, the same loyalties, traditions, and beliefs. We're bound by reality. The strength of America's allies is vital to the United States, and the American security guarantee is essential to the continued freedom of Europe's democracies. We were with you then; we are with you now. Your hopes are our hopes, and your destiny is our destiny. Here, in this place where the West held together, let us make a vow to our dead. Let us show them by our actions that we understand what they died for. Let our actions say to them the words for which Matthew Ridgway listened: "I will not fail thee nor forsake thee." Strengthened by their courage, heartened by their valor and borne by their memory, let us continue to stand for the ideals for which they lived and died. Thank you very much, and God bless you all. ---------------------------------------------------------------------------------------- Traduction en français (source) Nous sommes ici pour marquer ce jour dans l’histoire où les Alliés se sont joints aux peuples pour rendre ce continent à la liberté. Pendant quatre longues années, une grande partie de l’Europe a vécu sous une ombre terrible. Des nations libres étaient tombées, les Juifs élevaient une grande plainte dans les camps – des millions réclamaient la libération. L’Europe avait été réduite en esclavage, et le monde priait pour sa rescousse. Ici, en Normandie le sauvetage a commencé. Ici, les Alliés se sont levés et ont lutté contre la tyrannie dans une gigantesque entreprise sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Nous nous tenons ici sur un endroit à l’écart, balayé par le vent, sur la côte nord de la France. L’air est doux, mais il y a quarante ans à ce moment-là, l’air était dense avec la fumée et les cris des hommes, et l’air était rempli par le craquement des coups de feu des fusils et par le grondement du canon. À l’aube, le matin du 6 Juin 1944, 225 Rangers sautèrent des engins de débarquement britanniques et coururent au bas de ces falaises. Leur mission était une des plus difficiles et des plus audacieuses de l’invasion: grimper ces falaises désolées et abruptes et prendre les canons de l’ennemi. On avait informé les Alliés que certains des plus puissants de ces canons étaient ici, et qu’ils seraient pointés sur les plages pour stopper l’avance alliée. Les Rangers levèrent les yeux et virent les soldats ennemis – au bord des falaises tirant sur eux avec des mitrailleuses et lançant des grenades. Et les Rangers américains ont commencé à monter. Ils ont lancé des échelles de corde sur la paroi de ces falaises et ont commencé à se hisser. Quand un Ranger tombait, un autre prenait sa place. Quand une corde était coupée, un Ranger en agrippait une autre et reprenait son ascension. Ils ont gravi, répliqué par des tirs, maintenu leur progression. Bientôt, un par un, les Rangers se sont hissés au sommet, et en saisissant la terre ferme au sommet de ces falaises, ils ont commencé à reprendre possession du continent européen. Deux cent vingt-cinq vinrent ici. Après deux jours de combats, seuls 90 pouvaient encore porter les armes. Derrière moi un monument qui symbolise les poignards Ranger enfoncés au sommet de ces falaises. Et face à moi les hommes qui les y ont placés. Ce sont les garçons de la Pointe-du-Hoc. Ce sont les hommes qui ont pris les falaises. Ce sont les champions qui ont aidé à libérer un continent. Ce sont les héros qui ont contribué à mettre un terme à une guerre. Messieurs, je vous regarde et je pense aux mots du poème de Stephen Spender. » Vous êtes les hommes qui ont dans vos « vies combattu pour la vie … et laissé dans l’air vif la signature de votre honneur…. » Quarante étés se sont écoulés depuis la bataille que vous avez menée ici. Vous étiez jeune le jour où vous avez pris ces falaises, certains parmi vous étaient à peine plus que des garçons, avec les plus vive joies de la vie devant vous. Pourtant, vous avez tout risqué ici. Pourquoi? Pourquoi avez-vous fait cela? Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre de côté l’instinct d’auto-préservation et à risquer vos existences pour prendre ces falaises? Qu’est-ce qui a inspiré tous les hommes des armées qui se sont réunies ici? Nous vous regardons, et quelque part nous savons la réponse. C’était la foi et la conviction, c’était la fidélité et l’amour. Les hommes de Normandie avaient foi que ce qu’ils faisaient était droit, foi qu’ils combattaient pour l’humanité tout entière, foi qu’un Dieu juste leur accordait miséricorde sur cette tête de pont ou sur l’autre. C’était la connaissance intime – et prions Dieu que nous ne l’ayons pas perdu – qu’il existe une profonde différence morale entre l’utilisation de la force pour la libération et l’utilisation de la force pour la conquête. Vous étiez ici pour libérer, pas conquérir, et ainsi vous et tous les autres ne doutiez pas de votre cause. Et vous aviez raison de ne pas douter.
Vous saviez tous que certaines choses méritent qu’on meure pour elles. Cela vaut la peine de mourir pour son pays, et cela vaut la peine de mourir pour la démocratie, parce que c’est la forme de gouvernement la plus profondément honorable jamais conçue par l’homme. Tous vous aimiez la liberté. Chacun d’entre vous voulait lutter contre la tyrannie, et vous saviez que les gens de votre pays étaient derrière vous. Les Américains qui ont combattu ici ce matin-là savaient que la nouvelle de l'invasion se répandait dans l'obscurité du pays. Ils se sont battus - ou ont senti dans leur cœur, bien qu'ils ne pouvaient pas savoir en fait, qu'en Géorgie ils remplissaient les églises à 4 heures du matin, au Kansas ils étaient agenouillés sur leurs porches et priaient, et à Philadelphie ils faisaient sonner la Liberty Bell
Quelque chose d'autre a aidé les hommes du jour J; leur conviction inflexible que la Providence jouerait un rôle important dans les événements qui se dérouleraient ici; que Dieu était un allié dans cette grande cause. Et ainsi, la nuit précédant l'invasion, quand le colonel Wolverton a demandé à ses troupes de parachutistes de s'agenouiller avec lui dans la prière, il leur a dit: Ne baisse pas la tête, mais lève les yeux pour que tu puisses voir Dieu et lui demander sa bénédiction. De plus, cette nuit-là, le général Matthew Ridgway sur son lit, écoutant dans les ténèbres la promesse que Dieu avait faite à Josué: "Je ne te manquerai pas et ne t'abandonnerai pas." Ce sont les choses qui les ont poussés; ce sont les choses qui ont façonné l'unité des alliés. Quand la guerre était finie, il y avait des vies à reconstruire et des gouvernements à installer. Il y avait des nations à renaître. Avant tout, il y avait une nouvelle paix à assurer. C'étaient des tâches énormes et intimidantes. Mais les Alliés ont fait appel à la foi, aux convictions, à la loyauté et à l'amour de ceux qui sont tombés ici. Ils ont reconstruit ensemble une nouvelle Europe. Il y avait d'abord une grande réconciliation entre ceux qui avaient été ennemis et qui avaient tous tant souffert. Les États-Unis ont fait leur part en créant le plan Marshall pour aider à reconstruire nos alliés et nos anciens ennemis. Le plan Marshall a conduit à l’alliance atlantique, une grande alliance qui sert encore aujourd'hui de bouclier à la liberté, à la prospérité et à la paix. Malgré tous nos efforts et nos succès, tout ce qui a suivi la fin de la guerre n'a pas été heureux ni planifié. Certains pays libérés ont été perdus.La grande tristesse de cette perte se répercute aujourd'hui encore dans les rues de Varsovie, Prague et Berlin-Est. Les troupes soviétiques qui sont venues au centre de ce continent ne sont pas parties lorsque la paix est revenue. Ils sont toujours là, non invités, non désirés, inflexibles, presque quarante ans après la guerre. Pour cette raison, les forces alliées sont toujours présentes sur ce continent. Aujourd'hui, comme il y a quarante ans, nos armées ne sont ici que pour protéger et défendre la démocratie. Les seuls territoires que nous possédons sont des monuments comme celui-ci et des cimetières où reposent nos héros. En Amérique, nous avons tiré les leçons amères des deux guerres mondiales. Il vaut mieux être ici prêt à protéger la paix que de s'abriter aveuglément au-dessus de la mer, en se précipitant pour réagir uniquement après la perte de la liberté. Nous avons appris que l'isolationnisme n'a jamais été et ne sera jamais une réponse acceptable aux gouvernements tyranniques ayant une intention expansionniste. Mais nous essayons toujours d'être prêts pour la paix, prêts à dissuader l'agression, prêts à négocier la réduction des armes et, oui, prêts à tendre la main dans un esprit de réconciliation. En vérité, il n'y a pas de réconciliation que nous souhaiterions mieux qu'une réconciliation avec l'Union soviétique. Ensemble, nous pouvons donc réduire les risques de guerre, maintenant et à jamais. Il convient de rappeler ici les grandes pertes subies par le peuple russe au cours de la Seconde Guerre mondiale: 20 millions de personnes ont péri, un prix terrible qui témoigne de la nécessité de mettre fin à la guerre dans le monde entier. Je vous dis du fond du cœur qu'aux États-Unis, nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons effacer de la surface de la terre les terribles armes que l'homme a maintenant entre les mains. Et je vous le dis, nous sommes prêts à saisir cette tête de pont. Nous attendons un signe de l'Union soviétique indiquant qu'elle est disposée à aller de l'avant, qu'elle partage notre désir et notre amour de la paix et qu'elle renoncera aux moyens de conquérir. Il doit y avoir un changement là-bas qui nous permettra de traduire notre espoir en action. Nous prierons toujours pour qu'un jour ce changement se produise. Mais pour le moment, et particulièrement aujourd’hui, il est bon et approprié de renouveler notre engagement les uns envers les autres, envers notre liberté et avec l’alliance qui le protège. Nous sommes liés aujourd'hui par ce qui nous liait il y a 40 ans: les mêmes loyautés, traditions et croyances. Nous sommes liés par la réalité. La force des alliés des États-Unis est vitale pour les États-Unis et la garantie de sécurité américaine est essentielle au maintien de la liberté des démocraties européennes. Nous étions avec vous alors; nous sommes avec vous maintenant. Vos espoirs sont nos espoirs et votre destin est notre destin. Ici, dans ce lieu où l’Occident s’est uni, faisons un vœu à nos morts. Montrons-leur par nos actions que nous comprenons pourquoi ils sont morts. Que nos actions leur disent les mots que Matthew Ridgway a écoutés: "Je ne te ferai pas défaut et je ne t'abandonnerai pas." Forts de leur courage, réconfortés par leur valeur et portés par leur mémoire, continuons à défendre les idéaux pour lesquels ils ont vécu et sont morts.
Merci beaucoup et que Dieu vous bénisse tous. ----------------------------------------------------------------------------------------- Discours du Président Reagan, Omaha Beach, 6 juin 1984
Ronald Wilson Reagan
Speech at Omaha Beach, June 6, 1984
We stand today at a place of battle, one that 40 years ago saw and felt the worst of war. Men bled and died here for a few feet of - or inches of sand, as bullets and shellfire cut through their ranks. About them, General Omar Bradley later said, "Every man who set foot on Omaha Beach that day was a hero."
Some who survived the battle of June 6, 1944, are here today. Others who hoped to return never did. "Someday, Lis, I'll go back," said Private First Class Peter Robert Zannata, of the 37th Engineer Combat Battalion, and first assault wave to hit Omaha Beach. "I'll go back, and I'll see it all again. I'll see the beach, the barricades, and the graves." Those words of Private Zanatta come to us from his daughter, Lisa Zanatta Henn, in a heart-rending story about the event her father spoke of so often. "In his words, the Normandy invasion would change his life forever," she said. She tells some of his stories of World War II but says of her father, "the story to end all stories was D-Day." "He made me feel the fear of being on the boat waiting to land. I can smell the ocean and feel the sea sickness. I can see the looks on his fellow soldiers' faces-the fear, the anguish, the uncertainty of what lay ahead. And when they landed, I can feel the strength and courage of the men who took those first steps through the tide to what must have surely looked like instant death." Private Zannata's daughter wrote to me, "I don't know how or why I can feel this emptiness, this fear, or this determination, but I do. Maybe it's the bond I had with my father. All I know is that it brings tears to my eyes to think about my father as a 20-year old boy having to face that beach. The anniversary of D-Day was always special to her family. And like all the families of those who went to war, she describes how she came to realize her own father's survival was a miracle: "So many men died. I know that my father watched many of his friends be killed. I know that he must have died inside a little each time. But his explanation to me was, `You did what you had to do, and you kept on going." When men like Private Zannata and all our Allied forces stormed the beaches of Normandy 40 years ago they came not as conquerors, but as liberators. When these troops swept across the French countryside and into the forests of Belgium and Luxembourg they came not to take, but to return what had been wrongfully seized. When our forces marched into Germany they came not to prey on a brave and defeated people, but to nurture the seeds of democracy among those who yearned to bee free again. We salute them today. But, Mr. President [Francois Mitterand of France], we also salute those who, like yourself, were already engaging the enemy inside your beloved country-the French Resistance. Your valiant struggle for France did so much to cripple the enemy and spur the advance of the armies of liberation. The French Forces of the Interior will forever personify courage and national spirit. They will be a timeless inspiration to all who are free and to all who would be free. Today, in their memory, and for all who fought here, we celebrate the triumph of democracy. We reaffirm the unity of democratic people who fought a war and then joined with the vanquished in a firm resolve to keep the peace. From a terrible war we learned that unity made us invincible; now, in peace, that same unity makes us secure. We sought to bring all freedom-loving nations together in a community dedicated to the defense and preservation of our sacred values. Our alliance, forged in the crucible of war, tempered and shaped by the realities of the post-war world, has succeeded. In Europe, the threat has been contained, the peace has been kept.
Today, the living here assembled-officials, veterans, citizens-are a tribute to what was achieved here 40 years ago. This land is secure. We are free. These things are worth fighting and dying for. Lisa Zannata Henn began her story by quoting her father, who promised that he would return to Normandy. She ended with a promise to her father, who died 8 years ago of cancer: "I'm going there, Dad, and I'll see the beaches and the barricades and the monuments. I'll see the graves, and I'll put flowers there just like you wanted to do. I'll never forget what you went through, Dad, nor will I let any one else forget. And, Dad, I'll always be proud."
Through the words of his loving daughter, who is here with us today, a D-Day veteran has shown us the meaning of this day far better than any President can. It is enough to say about Private Zannata and all the men of honor and courage who fought beside him four decades ago: We will always remember. We will always be proud. We will always be prepared, so we may always be free.
Thank you.
Traduction en français
Nous nous tenons aujourd'hui à l'endroit même d'une bataille, qui il y a 40 ans a montré le pire visage de la guerre. Des hommes ont souffert et sont morts ici, à quelques mètres de nous, sur ce sable, décimés par la riposte ennemie. En parlant d'eux, le Général Omar Bradley a dit plus tard, "Chaque homme qui a posé le pied sur la plage d'Omaha le jour J était un héros." Certains qui ont survécu à cette bataille du 6 juin 1944, sont ici aujourd'hui. D'autres encore ont souhaité ne plus jamais y retourner. Peter Robert Zannata, du trente-septième bataillon du Génie et qui débarqua avec la première vague d'assaut à OMAHA a dit, un jour, a sa fille . "Un jour, Je retournerai là-bas, Lisa, et je verrai à nouveau tout cela. Je verrai la plage, les obstacles, et les tombes." Ces mots du soldat Zanatta nous ont été rapportés par sa fille, Lisa Zanatta Henn, nous relatant l'histoire déchirante de son père, qui se retrouva au coeur de cet événement. De son père, elle nous a dit " le débarquement de Normandie avait changé sa vie à jamais". Il lui a beaucoup parlé de la seconde guerre mondiale, mais "l'histoire qui clôturait toutes les histoires était toujours celle du D-Day." "A travers les mots de mon père, j'ai moi aussi éprouvé l'angoisse des soldats sur leur péniche, attendant l'assaut, j'ai senti l'iode de cet océan déchainé et ressenti leur mal de mer, j'ai pu croiser leurs regards, la crainte sur les visages de ses camarades, l'angoisse, l'incertitude de ce qui les attendait. Et quand ils ont débarqué, j'ai senti le courage et la force qui animait cette première vague, j'ai aussi ressenti ce que pouvait être la mort instantanée." La fille du private Zannata privé m'a écrit, "Je ne sais pas comment ou pourquoi je puis sentir tout cela, cette crainte, cette détermination, mais je les ai vraiment ressenties, ça je le sais .Peut-être grâce aux liens que j'ai eus avec mon père. Tout que je sais c'est que des larmes me montent aux yeux en pensant à mon père, ce jeune garçon d'une vingtaine d'années, jeté sur la plage d'OMAHA. L'anniversaire du D-Day était toujours particulier, dans notre famille". Et comme toutes les familles de ceux qui sont allés faire la guerre, elle m'a décrit comment elle en était venue à réaliser que la survie de son propre père était un miracle: "Tant d'hommes sont morts. Je sais que mon père a vu plusieurs de ses amis se faire tuer. Je sais qu'il a dû mourir à chaque fois qu'il a pensé à eux. Mais son explication à lui était : "Nous devions prendre cette plage et nous l'avons fait".... Quand ces hommes comme le private Zannata , ont débarqué sur les plages alliés il y a quarante ans, ils ne sont pas venus en conquérants, mais en libérateurs. Quand ces troupes ont pris pied sur le sol de France, mais aussi de Belgique ou du Luxembourg, elles ne sont pas venues pour prendre, mais au contraire, rendre ce qui avait été pris. Quand nos forces ont franchi l'Allemagne elle n'y sont pas venues pour écraser un peuple défait, mais pour semer les graines de la démocratie, pour tout ceux qui aspiraient à un monde libre. Nous les saluons aujourd'hui. Mais, M. le Président (Francois Mitterand, France ), nous saluons également ceux qui, comme vous-même, resistants, engageaient déjà l'ennemi à l'intérieur de votre pays.Votre lutte courageuse pour la France a fait tellement pour harceler l'ennemi et permettre l'avance des armées de la libération... Les forces françaises de l'intérieur personnifieront pour toujours le courage et l'esprit national. Elles seront une source d'inspiration pour tout ceux qui sont libres et pour tous ceux qui aspirent à la Liberté. Aujourd'hui, pour leur mémoire, pour tous ceux qui ont combattu ici, nous célébrons le triomphe de la démocratie. Nous réaffirmons les principes démocratiques avec tous ceux qui ont oeuvré dans cette guerre, unis et vainqueurs, résolus fermement à la préservation de la paix. D'une guerre terrible nous avons appris que cette solidarité qui nous rend invincibles ; maintenant, dans la paix, c'est cette même unité nous rassemble. Nous avons souhaité rassembler toutes les nations amoureuses de la paix et de la conservation de nos valeurs sacrées. Notre alliance, forgée dans la cruauté de la guerre, a pris forme. En Europe, la menace a été préservée, la paix est souveraine. Aujourd'hui, nous sommes tous rassemblés pour rendre hommage à tout ce que les vétérans ont réalisé ici, il y a 40 ans. Cette terre est paisible. Nous sommes libres. Ces choses valent la peine de combattre et mourir pour elles. Lisa Zannata Henn a commencé son histoire en citant son père, qui a promis qu'il reviendrait à la Normandie. Elle a fini avec la promesse faite à son père, qui est mort il y a 8 ans de cancer: "j'irai là-bas, papa, et je verrai pour toi les plages, les obstacles et les monuments. Je verrai les tombes, et je mettrai des fleurs là, juste à l'endroit où tu aurais voulu les mettre. Je n'oublierai jamais votre volonté à tous, je ferai en sorte que personne n'oublie. Et, papa, je serai toujours fière de toi." Par ces mots exprimés à sa fille, qui est ici avec nous aujourd'hui, un vétéran du D-Day nous a montré la signification de ce jour bien mieux que n'importe quel président ne le pourrait. Nous devons dire au private Zannata et à toux ceux qui ont eu l'honneur et le courage de combattre avec lui, il y a quarante ans : "Nous n'oublierons jamais. Nous serons toujours fiers de vous. Nous aurons aussi, toujours, cette volonté d'être prêts. Ainsi nous pourrons demeurer libres." Merci.