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Les faux GI's américains

Les américains ont aussi de nombreux vétérans mythomanes



La fabrique des héros (les vrais, les faux) de la seconde guerre mondiale (vidéo Fr3)



  • Eugene Cook, le vétéran mythomane démasqué par un historien américain


Mort en 1994, le vétéran américain Gene Cook passa une bonne partie de sa vie à se faire passer pour un parachutiste de la 101e Airborne américaine ayant participé à la libération de la Normandie. Une histoire fausse selon l'historien américain Brian Siddall.

Il avait pris l’habitude de revenir en Normandie raconter son Débarquement héroïque en juin 1944. Sur Youtube, des vidéos témoignent de la ferveur avec laquelle il revivait cet épisode terrible de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant, l’histoire du vétéran américain Eugene A Cook Jr. n’était justement que cela. Une histoire inventée.


L’homonymie était presque parfaite

Selon l’historien américain Brian Siddall, qui a longuement enquêté sur le sujet, c’est à un presque homonyme, Eugene N Cook, qu’Eugene A Cook Jr. avait emprunté le récit de ses exploits. N Cook (le vrai donc) est bien le nom d’un parachutiste américain, appartenant à la 506e Division d’infanterie parachutiste de la 101e Airborne.

A Cook Jr. (l’imposteur) a semble-t-il rejoint les rangs de l’armée le 14 février 1944, dans l’Ohio, comme l’explique Brian Siddall sur son blog. Premier fait marquant pour l’historien, le nom de A Cook Jr. ne figure pas sur les registres d’enrôlement de cette unité au printemps 1944. Engagé tardivement dans l’armée américaine, A Cook Jr, n’aurait vraisemblablement pas pu mener à bien un entraînement de parachutiste, recevoir un ordre de mission pour rejoindre l’Europe et participer au Débarquement de Normandie en si peu de temps. Le vrai Cook avait lui rejoint les rangs des combattants près de trois ans et demi avant de débarquer en Normandie.


Il semblerait que A Cook Jr. ait bien rejoint l’Europe, mais en 1945, en Allemagne. Pendant plusieurs années, Eugene A Cook Jr. est venu raconter son histoire aux petits Normands, particulièrement dans la Manche, à Ravenoville, une petite localité proche d’Utah Beach. Le 28 février 2014, Eugene A Cook Jr. est décédé des suites d’un cancer. Il aura réussi à emporter son lourd secret dans sa tombe. Il ne s’attendait certainement pas à ce que celui-ci soit exhumé, trois ans après son décès.



  • Morley Piper : "J'ai fait une erreur et celle-ci est inexcusable." 
Morley Piper, figure des commémorations normandes sur Omaha Beach, a reconnu en 2018 avoir menti sur sa participation



Il disait avoir connu la boucherie d'Omaha Beach le 6 juin 1944. C'était faux. Il disait avoir reçu la Bronze Star pour ses faits d'armes. Encore faux. Acculé face à ses mensonges, Morley Piper, 93 ans, a dû avouer : non il ne faisait pas partie de la 29th US Infantry Division, et non, il n'a pas posé pied sur Omaha.

Mais comment en est-il arrivé là ? Retour en 1994 pour celui qui est alors une figure de la New England Newspaper & Press Association. Il y a travaillé pendant 47 ans, lui, le vrai vétéran du 459th Anti-Aircraft Artillery Battalion. Piper souhaite participer aux commémorations du 50ème anniversaire du D-Day et a besoin d'une accréditation. Afin de faciliter les démarches et augmenter ses chances d'obtenir le précieux sésame, il a alors l'idée de dire qu'il était parmi les braves qui avaient débarqué devant Vierville-sur-mer. L'administration ne vérifie pas ses états de service et l'autorise à commémorer en France son Jour J. Cependant, de retour aux Etats-Unis, l'homme continue de se draper dans la mythomanie, enchaînant les conférences et les réunions dans les écoles afin de raconter son débarquement. « J'aurais pu arrêter, mais je ne l'ai pas fait, a-t-il déclaré ces derniers jours, c'est quelque chose qui a échappé à tout contrôle. »

Les années passent et les honneurs continuent d'être rendus au héros Piper. En juin 2014, pour le 70ème anniversaire du Jour J, il prononce un émouvant discours avant de serrer la main du président américain Barack Obama. Arborant àSaint-Laurent-sur-mer le calot frappé de l'insigne Blue & Grey de la division, il lance au journaliste deOuest France : "Bien sûr, toutes ces maisons n'étaient pas là, mais croyez-moi, je reconnais très bien la plage et les collines." Lâchant même le cri de ralliement de la 29th : « Let's go ! »

Néanmoins la vérité rattrape le vétéran. Un informateur contacte son ancien employeur et dévoile la supercherie. Interrogé, Piper reconnaît ses torts et s'excuse le 25 avril 2018 : « Je ne voulais pas faire de mal. J'ai fait une erreur et celle-ci est inexcusable. ..
Je suis profondément désolé de devoir vous dire que je suis un de ces vieillards tristes avec des états de services modifiés. C'est une erreur terrible qui n'aurait jamais dû arriver. »
  • Les précédents  Manoian et Klein
En révélant au grand public l’affaire Eugene Cook, l’historien Brian Siddall n’en est pas à son coup d’essai. En 2009, il avait déjà fait éclater la vérité sur le cas de Howard Manoian, faux para de la 82nd US Airborne mais vrai combattant en Normandie. Ce vétéran américain affirmait lui aussi avoir sauté en parachute sur la Normandie au printemps 1944. Or si Howard Manoian a bel et bien combattu en Europe lors de la Seconde Guerre Mondiale, il n’a vraisemblablement jamais appartenu à l’Airborne. Comme Eugene A Cook Jr. il a pourtant témoigné en Normandie à de très nombreuses reprises et raconté une histoire qui n’était pas la sienne. 

Plus récemment, c'est George Klein, membre de la 5th US Infantry Division prétendant avoir participé au D-Day avec les Rangers à la pointe du Hoc, qui a tombé le masque. [voir ce dossier]. 
Cet autre mensonge a été mis au jour récemment  par Gary Sterne, Marty Morgan et l'Association D-Day Overlord. 

On peut effectivement se demander comment des vétérans peuvent pendant des années échafauder de faux faits d'armes, participer à des réunions officielles et recevoir des distinctions sans que leur dossier militaire ne soit vérifié au préalable. Sans néanmoins oublier qu'ils restent des soldats qui ont combattu et risqué leurs vies pour la libération de l'hexagone.

Le faux GI français

Les témoignages, il faut s'en méfier !
Une anecdote récente le montre: En 2012, Hervé Morin, candidat du Nouveau Centre à la présidentielle, assure avoir assisté au débarquement des Alliés en Normandie en 1944 alors qu’il est né en 1961, il fait une belle gaffe avec un lapsus (?) qui a fait beaucoup parlé les médias.
« Moi qui ai vu, en Normandie, le débarquement des Alliés, nous avons vécu des épreuves drôlement plus difficiles et terriblement plus difficiles que celles que nous avons à vivre aujourd’hui. »

Suite aux moqueries,il s'est exprimé sur son compte Twitter."Quand on est normand, les croix blanches font partie de son ADN", a-t-il écrit sur le réseau social. Et d'ajouter : "Bravo pour votre humour ! Quand je vous dis que les Français regorgent de créativité !"
Voir Le Figaro, Libération, le Point

Hervé Morin, président de la région Normandie  semble être  un nul en histoire... mais il y a pire...

En 2014, on entend beaucoup parler de Jacques Olivreau, âgé de 90 ans, qui doit recevoir la Légion d'honneur car il a combattu pour libérer la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais malgré ce que Jacques Olivreau raconte toujours, il n'était pas à Omaha Beach.
Il raconte...

« Le pied posé à terre, on ne pense plus à rien, on fonce sous le crépitement des mitrailleuses [...]. Il faut essayer de se protéger, alors qu'il n'y a rien pour cela sur cette plage », racontait-il récemment à la gazette de Lagny, évoquant aussi, dans des journaux locaux, « la houle, l'angoisse », les « corps qui flottaient » et les « blessés qui essayaient de monter dans les péniches remplies d'eau ». Dans « Paris Match », il faut « enjamber » les « cadavres », sur une « mer écarlate ».

Il y a cinq ans, l'homme a même été invité par le président américain Obama à une cérémonie, en Normandie. Ce jour-là, des survivants du D-Day s'interrogent... Ils n'ont jamais vu cet homme volubile qui relate avec force détails ce qu'eux ont vraiment vécu. Ils ont des doutes. Une enquête est menée par les Américains et les Français.


Récemment, les services de l'Etat ont interrompu le tournage d'un reportage, où il martelait, avec emphase, ses « souvenirs ». Sans compter qu'une rue de Colleville (Calvados), un des lieux du débarquement allié, aurait dû porter son nom... avant que les services municipaux ne « retirent l'idée », quand ils se sont « rendu compte que ses états de service, certes honorables, n'ont rien à voir avec Omaha Beach », indique-t-on en mairie. Car, en réalité, les registres compilant les noms des soldats ayant débarqué sur l'emblématique plage normande ne mentionnent pas Jacques. Les archives montrent qu'il combattait bien à l'époque avec les Alliés, mais bien loin de la Normandie.

A Lagny, des anciens combattants sont offusqués. « Le discours de cet homme est difficile à entendre, juge l'un d'eux. J'étais militaire en ex-Yougoslavie, début 1990, des camarades sont morts, sans avoir reçu aucune décoration. Mais il a 90 ans, ce n'est pas bien grave. »

Toutefois, cet imposteur, est  un ancien combattant. Pierre Naura, directeur départemental de l'Office national des anciens combattants, détaille : « C'est un authentique ancien combattant, qui a participé aux combats de Saverne et de Strasbourg, sous les couleurs de la 2e division blindée (DB), explique-t-il. A ce titre, il peut porter la Presidential Unit Citation et mérite la Légion d'honneur. »

De son côté, le nonagénaire « comprend » ce doute quant à sa présence lors du Débarquement, dont les cérémonies du 70e anniversaire ont été célébrées avec faste et émotion en juin dernier, mais ne compte pas édulcorer sa version. « Le seul document le prouvant, une lettre rédigée par un commandant, a été détruit dans l'inondation de ma maison », regrette-t-il.

Alexis Braitman, gérontopsychiatre à la clinique Rochebrune de Garches (Hauts-de-Seine), assure que « les mémoires traumatiques d'anciens combattants sont complexes ». Selon lui, « avec l'âge, il y a des remaniements de la mémoire épisodique, entre ce à quoi il a pu assister réellement et ce à quoi il a assisté par procuration ». Selon le praticien, ses récits traduisent aussi la volonté d'assouvir un « besoin de reconnaissance, assez légitime à cet âge-là ».
La presse s'en empare : (cliquer pour agrandir)



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=> Pour rappel, un seul et unique français, Bernard Dargols, a bel et bien débarqué à Omaha : nous lui avons consacré un dossier et un ouvrage raconte son parcours exceptionnel.